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Prepaclasse
est souvent venu vous parler de différencier votre pratique.
Il ne s'agit pas d'une mode ou d'une esthétique pédagogique.
La différenciation revient dans tous les discours et apparaît
comme préoccupation première en particulier chez
les jeunes enseignants.
L'approche
individualisée qu'exige l'aide à apporter à
l'élève en difficulté est souvent vue d'abord
comme un problème d'organisation : comment vais-je faire pour m'occuper
de chaque élève ? Dans ma classe les niveaux sont
très hétérogènes, si je m'occupe
des uns je délaisse les autres
On évoque
moins la diversification des démarches, on semble croire
à la nécessité d'une présence rapprochée
de l'adulte pour expliciter une incompréhension, alors
qu'il existe d'autres stratégies fondées notamment
sur la valorisation des interactions entre élèves
qui commence par l'imitation ou la copie, continue par l'explicitation
des stratégies, le sens donné à l'activité
et l'élucidation du but final de celle-ci.
L'enfant qui a des difficultés n'est pas confronté
à des obstacles cognitifs lourds mais le plus souvent
à l'impossibilité pour lui de se représenter
ce que l'on attend de lui, quel sera le " produit "
final qu'il devra construire
un peu comme lorsqu'on nous
donne une recette de cuisine à exécuter sans que
nous sachions quelle allure devrait avoir le plat au final
Un
vrai faux consensus - l'affaire du socle - la transversalité
au service des apprentissages
Notre pratique est de
plus en plus perméable à la pression médiatique
et à la présence plus prégnante de certains
parents à laquelle nous n'avons pas été
préparés. L'échec scolaire, l'illettrisme
souffrent de définitions imprécises, difficiles
à objectiver.
L'antienne de la baisse du niveau était déjà
récurrente dans les discours au 19ième siècle.
La massification de l'enseignement a accru cet effet.
En France, la culture de l'évaluation procédant
d'une sélection par l'échec et l'ultra - spécialisation
entre des domaines ou voies dites d'excellence et d'autres a
conduit à négliger la valorisation des domaines
technologiques ou manuels.
On a procédé par une orientation trop précoce
des élèves -quand j'étais enfant, elle se
réalisait dès la sixième où seule
la filière " 1 " vous laissait espérer
avoir le bac, la " 2 " vous conduisait peut-être
au lycée professionnel et la " 3 " dirigeait
vers d'hypothétiques apprentissages et emplois sous qualifiés.
Plus tard, le collège unique institua des orientations
plus pernicieuses par les choix disciplinaires tout en oubliant
dans le grand groupe les enfants qui auraient pu encore être
aidés.
Sous prétexte de défendre le haut niveau des connaissances
disciplinaires à dispenser, nombre de professeurs se sont
refusés à condescendre aider l'élève
à reprendre une défaillance même majeure,
invoquant que ce n'était pas là leur rôle
et que l'école primaire n'avait pas assuré le sien.
On peut s'interroger en effet, ce n'est pas faire injure à
l'école primaire, de savoir si l'idée de ne considérer
que seul l'âge pour laisser accéder au collège
est pertinente.
Il fut un temps où le cours complémentaire permettait
aux instituteurs de préparer des élèves
d'âge " sixième " ou " cinquième
" au certificat d'études.
Oui, mais, on sait aussi que ce " certif " ne menait
pas loin et surtout était loin d'être obtenu par
tous
" Il n'a pas les bases " disent souvent les uns ou
les autres. On évoque alors l'idée du " socle
" avec une conception un peu étonnante de l'apprentissage
qui laisserait croire qu'on apprend comme on construit une maison
ou par empilement.
S'il en était ainsi, les enfants de milieux culturels
favorisés, devraient rencontrer autant de difficultés
que les autres. Mais nous voyons bien que ce que leur milieu
leur apporte avant tout, outre une meilleure aisance vis à
vis du langage, ce sont tout un ensemble de clés qui permettent
de donner du sens à l'activité scolaire.
Ces clés culturelles, lorsqu'elles ne sont pas apportées
par le milieu socioculturel de l'enfant doivent lui être
apportées par l'école.
D'aucuns préfèreraient parler de " culture
commune "
chacun va mettre sous les mots sa propre
interprétation.
On peut bien entendu s'accorder à dire qu'il faut que
tout enfant sorte de la scolarité obligatoire en sachant
lire, écrire, compter, vivre avec les autres, exercer
son jugement critique pour pouvoir vivre, travailler, participer
à la vie sociale (voter, se faire élire, agir
) et culturelle (accéder aux arts comme spectateur
mais aussi " amateur ")
Quand on a dit tout ça, on a à la fois tout dit
et rien dit.
Si un enfant n'a pas ce minimum, c'est que l'école et
la Société n'ont pas rempli leur contrat
mais ce minimum ne doit pas isoler des apprentissages dits "
fondamentaux " des autres connaissances
Si l'école primaire reste et doit rester polyvalente,
c'est que les disciplines vont par les entrées diverses
qu'elles proposent s'éclairer mutuellement, se faire écho,
permettre l'élaboration d'un patrimoine de référence
commun.
La loi d'orientation (à l'heure où ces notes sont
écrites elle sera bientôt proposée au parlement),
évoque l'idée de faire émerger les talents
chez les jeunes, de déceler leurs pôles d'excellence
Si chacun peut et doit trouver son domaine d'excellence, méfions
nous toutefois des étiquetages prématurés
: " il est littéraire, elle est matheuse
"
. On doit pouvoir être l'un et l'autre. Un citoyen éclairé,
même s'il aura ses domaines préférés
doit pouvoir s'intéresser à l'actualité
scientifique comme aux derniers romans. Un scientifique n'est
pas forcément moins rêveur qu'un littéraire
!
N'oublions pas non plus, qu'un travailleur manuel peut être
aussi un intellectuel épris de culture à la condition
que l'école ait accompli son rôle : aider chacun
à dépasser sa propre condition.
Une
obligation absolue
Etre présent
à tous, être présent auprès de celui
qui rencontre des difficultés. Voilà notre obligation
absolue. On ne peut abandonner un élève en le renvoyant
à sa propre personnalité, à sa condition
ou à l'incompétence des maîtres qu'il a eu
avant
L'urgence à aider celui qui patauge est bien notre mission
première et peut s'assurer au sein de la classe.
haut
de page
Des compétences
de base aux compétences nécessaires aux enfants
pour profiter pleinement des situations pédagogiques de
cycle 3 ou de la classe de sixième
Notre métier est
victime parfois de son jargon. Encore faut-il se dire que tout
métier a besoin de son langage professionnel non pas pour
exclure mais pour nommer les choses avec précision.
On aura noté avec intérêt en septembre 2004
qu'on ne dit plus dans les cahiers d'évaluation nationale
" compétences de base " mais " compétences
nécessaires aux enfants pour profiter pleinement des situations
pédagogiques du cycle 3
ou de la sixième
".
Cette évolution n'est pas simplement l'introduction d'un
jargon qui viserait à rendre les choses plus complexes,
mais traduit justement les interrogations qui existent vis à
vis de cette idée de " compétence de base
". On rappelle ici l'idée de continuité. Il
n'y a pas barrage mais urgence à aider. La scolarité
est vue sur la durée.
On peut s'interroger sur ce qu'on entend par " situations
pédagogiques ". Pourquoi ne dit-on pas " connaissances
" ? Peut-être vient-on ici souligner qu'il existe
au delà des connaissances des modes de présentation
et de représentation de celles-ci, des organisations qu'il
faut connaître
autrement dit, pour pouvoir apprendre,
je dois reconnaître dans le discours ou l'exercice proposé
ce qui va me permettre d'apprendre, je dois intégrer le
sens de l'exercice.
Une autre idée
revient aussi : celle de se départir d'une conception
normative de l'évaluation. Il ne s'agit pas de sélectionner
mais de savoir repérer les réussites et les faiblesses.
Tous les enseignants
qui ont pris le temps d'analyser les cahiers d'évaluation
ont pu faire des observations particulièrement utiles.
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On a pu observer
:
- des erreurs
récurrentes qui peuvent être dues
" à une approche insuffisante de la notion (quantitativement
ou pédagogiquement
). Par exemple, dans certains
contextes on a vu que la géométrie était
trop délaissée, les performances s'en sont ressenties
" à une difficulté de comprendre une consigne
ou un document (manque de diversification des approches, l'élève
ne " reconnaît pas " le type d'exercice proposé
- des erreurs d'ordre cognitif : l'élève n'a pas
encore les outils intellectuels pour comprendre le problème
posé
- des erreurs d'ordre " langagier " : l'élève
n'a pas le lexique
- des erreurs de lecture
- des erreurs relatives au sens de l'exercice : l'élève
ne comprend pas ce qui est attendu ou interprète la consigne
en fonction de ce qu'il imagine être attendu par l'enseignant.
Exemple
cité par un collègue : dans un exercice où il fallait
compter des lignes surlignées
des élèves
ont répondu 27 (nombre total de lignes du texte) car la
bonne réponse " 3 ", leur semblait " trop
facile " pour des élèves de CE2. C'est d'ailleurs
une approche dans des tests professionnels (par exemple à
la SNCF) où l'on propose des exercices très simples
certains candidats ne " voient pas l'évidence "
et vont chercher des réponses très compliquées,
car ils pensent que pour un concours on ne pourrait pas leur
demander quelque chose de trop facile
- des erreurs dues à des habitudes scolaires : une consigne
habituelle de la classe s'oppose à celle du cahier ou
l'élève n'a pas l'habitude de travailler avec des
outils proposés comme le crayon à papier.
- Etc.. |
Le diagnostic ne doit
pas se limiter à la passation des épreuves et à
leur codage.
Il peut-être très intéressant, par petit
groupe d'échanger avec les élèves sur ce
qui leur a paru facile ou pas, de les interroger sur leur façon
de répondre : pourquoi
as-tu répondu 30 ? Pourquoi as-tu écrit 8 lignes
? Que penses-tu de cet exercice ? Que veut-on savoir en te faisant
faire cet exercice ? Que penses-tu de ce travail ? Qu'as-tu bien
réussi ?
Ces explicitations ne
doivent d'ailleurs pas être limitées à ce
temps d'évaluation mais peuvent accompagner la plupart
de nos activités.
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de page
La
réussite pour tous et pour chacun
Si le maître a
son rôle à jouer, s'il ne doit pas tout attendre
de la volonté enfantine à se mettre en uvre
pour apprendre, il doit aussi croire ferment que tous peuvent
apprendre et progresser. Il lui faut faire confiance à
l'intelligence des élèves. Son pari, c'est de comprendre
un peu comment chaque élève fonctionne. C'est de
l'inciter à essayer, c'est de l'accompagner. Si l'enfant
n'a pas les connaissances, il peut très tôt questionner,
comparer, trouver ce qui est pareil, reproduire
Mais avons nous toujours confiance en l'intelligence de nos élèves
?
Un bon maître, n'est-ce pas aussi celui qui sait écouter
et s'émerveiller des manifestations de l'intelligence
enfantine ?
L'élève n'est pas un adulte en miniature, les étapes
de son développement limitent ses aptitudes ou ses perceptions
mais l'enfant placé en situation de confiance, dans une
relation dynamique au savoir, c'est à dire une relation
désacralisée mais où chaque connaissance
est vue comme une clé qui ouvre une nouvelle porte, cet
enfant là, qui voit dans le savoir la possibilité
de s'émanciper, jubile, il ose apprendre et s'emparer
de la connaissance.
Le temps
du cycle :
La loi d'orientation
semble vouloir heureusement laisser perdurer les cycles. Le ministre
dit des bêtises à propos du redoublement. Elles
sont contredites par nombre d'études. Pardon d'être
ici irrévérencieux, mais le ministre est politique,
pas pédagogue et il a trouvé utile de jeter le
discrédit sur sa propre administration, de flatter certains
parents et certains professeurs en laissant croire que faire
redoubler ce serait être plus exigeant ou que " les
méthodes à l'ancienne " seraient plus efficaces.
Le temps du cycle, c'est l'idée que l'hétérogénéité
est une réalité. Ce n'est pas un handicap et une
classe homogène nous priverait des interactions. Il faut
se libérer de l'idée traditionnelle soit d'un enseignement
de luxe qui serait le préceptorat ou d'un enseignement
" de masse " forcément univoque, construit pour
un " élève type ".
La durée
est là pour dédramatiser.
Le cycle devrait
pouvoir nous libérer des étiquetages traditionnels
: qui aura le courage de nous faire abandonner les vieilles dénominations
CP, CE1, CE2, CM1, CM2 qui enferment souvent nos représentations
du parcours de l'élève ?
- la tentation
d'attendre
o pourquoi nier
le fait qu'elle existe ? La durée du cycle ne doit pas
légitimer l'absence d'intervention avant la fin du cycle
un peu comme si on ne devait agir qu'au dernier trimestre de
chaque cycle dans la perspective de " passer " dans
le cycle suivant.
o C'est tout au long du cycle qu'il faut agir et dans tous les
domaines : à la fois pour pallier les difficultés
mais aussi pour alimenter et nourrir tous les élèves.
- la vigilance de l'équipe
o le cycle c'est
l'obligation pour chaque maître de ne plus travailler seul,
de partager ses inquiétudes, de faire que ce soit l'équipe
du conseil de maîtres de cycle qui s'implique : évaluations,
aides en amont ou en aval ; travail en relation avec le réseau
d'aide
.
- la programmation de l'équipe
o plutôt
qu'un plan figé, la programmation c'est quoi ? C'est recenser
pour chaque cycle les compétences en jeu et les croiser
avec les activités proposées dans les différentes
disciplines. Régulièrement on doit pouvoir faire
le point d'une part pour le groupe d'élèves et
d'autre part pour chaque élève. Certains collègues
parlent alors de " programmation a posteriori ", autrement
dit, on pointe régulièrement ce qui a été
fait et par voie de conséquence ce qui reste à
faire. Cette programmation peut intégrer les projets de
classe, se relier au projet d'école et prendre en compte
les compétences particulières des maîtres
(par exemple ce maître là développe un projet
théâtre qui va permettre de servir tout un ensemble
de compétences alors que son collègue est intéressé
par un travail sur la Presse. Plutôt que de laisser le
hasard décider, on va se répartir les choses et
programmer
- parcours
de la classe et parcours de l'élève
o voir plus haut
on peut penser à l'orchestre où tous doivent jouer
ensemble mais où parfois on fera reprendre tel ou tel
musicien " à part " mais toujours dans le but
de rejoindre le groupe. J'ai mon rôle à jouer dans
l'orchestre et les autres m'aident aussi à me repérer.
Je ne pourrais pas jouer sans entendre les autres.
Quand
l'aide extrait l'élève de la classe ou l'enferme
dans son échec
Paul est sorti régulièrement
de la classe. Il a des difficultés alors il est aidé
par une autre maîtresse, quelquefois dans une petite salle
où il est confronté à d'autres enfants qui
pataugent autant que lui
Que se passe-t-il quand il n'est
pas dans la classe ? Comment sa maîtresse aura-t-elle connaissance
de ce qu'il fait " à part " et comment cela
sera-t-il intégré ?
Psychologiquement problématique, le groupe de besoin hors
de la classe n'est pas toujours efficace pédagogiquement
et surtout si les partenaires ne communiquent pas, si les objectifs
ne sont pas précisés, si l'activité n'est
pas limitée dans le temps, si du sens n'est pas mis sur
ce qui est fait y compris auprès de l'élève.
Il faut que tous les élèves soient informés
que l'idée d'un travail en atelier peut aider à
mieux maîtriser une compétence donnée et
que chacun pourra y avoir recours sans déshonneur
Un travail en ateliers peut s'envisager aussi dans la classe
avec un plan de travail personnalisé mis en uvre
pour tous
Tout dire
n'est pas aider
La peur de l'échec,
conduit nombre d'enseignants à multiplier les béquilles.
On explique et " surexplique " la consigne, on élucide
toutes les problématiques
l'élève
ne devient plus qu'un exécutant, son intelligence n'est
pas sollicitée. Il importe pourtant qu'il puisse percevoir
une résistance surmontable dans chaque travail proposé.
L'exercice paraissait difficile, mais nous avons trouvé
la solution. Il faut parfois rassurer les élèves
qui ont trop été aidés par le passé
: dans le travail proposé il y a toujours une solution.
La formulation des consignes par les élèves, l'explicitation
des stratégies, les bilans intermédiaires ou d'étapes,
le droit de copier ou corriger sont à développer.
La confrontation à
une situation que ce soit un problème, un document, un
parcours en EPS
doit pouvoir être élucidée
: Qu'est-ce que c'est ? D'où ça vient ? Qui
en est l'auteur ? Pourquoi nous propose-t-on ça ? Que
va-t-il falloir faire ?
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de page
Aider en
variant et diversifiant les démarches
Lucie n'a pas compris
la multiplication. Je peux lui faire refaire dix fois le même
travail, je risque de ne pas avancer. Peut-être sera-t-il
intéressant de changer d'approche : aller voir dans d'autres
manuels comment on s'y prend, utiliser les autres disciplines
pour aborder la notion par un autre biais
et faire parler
Lucie pour qu'elle explique ce qu'elle comprend, ce qu'elle fait
Valoriser au fur et à mesure sa parole et lui proposer
des clés à essayer. Lui donner des indices, l'autoriser
à recourir à certains outils
Favoriser le
dialogue pédagogique qui commence par l'écoute
attentive de l'élève.
Aider en
ouvrant à tous les domaines
Meziane n'aime pas lire.
Au CM2 on peut dire qu'il rame encore avec la lecture. Mais le
projet d'aller lire des albums aux CP lui plaît. Et le
voici qui investit très fort dans la préparation
de ce projet et sollicite des aides y compris pour résoudre
des problèmes de décodage, travaille le ton au
magnétophone, s'auto - évalue et lorsqu'il se sent
" prêt " ose enfin aller lire au petit . Il en
reviendra avec fierté
" Et je lui ai appris
à lire la première page ! je lui ai expliqué
les sons ".
Pierre n'aime pas l'école plus que ça, mais il
a une passion pour l'histoire. Enfant précoce, à
l'occasion d'une classe de découverte, il va épater
l'historien qui nous accompagne par ses analyses. Motivé
pour transmettre ses connaissances aux autres, il va se mettre
en uvre pour entrer dans l'écrit et accepter des
exigences comme la norme orthographique.
Kais n'est pas à
l'aise en français. Mais il a découvert que les
chiffres ne lui résistent pas. Par l'approche de problèmes
de plus en plus complexes, il va être conduit à
lire de nombreux énoncés et en écrire à
son tour. Kais est rentré dans le français grâce
aux maths.
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Aider en
travaillant à élucider les représentations
enfantines et en réfléchissant aux obstacles cognitifs
en jeu
En sciences par exemple,
on connaît l'intérêt de travailler les représentations
des enfants vis à vis de " ce qu'on ne voit pas ",
l'explicitation d'un phénomène
Comment voient-ils tel ou tel personnage du roman ?
En mathématique plutôt que de pointer l'erreur,
faire expliquer " pourquoi tu as mis 3 ? "
Voir à ce propos notre travail sur la
division.
Cette élucidation
doit appartenir aux stratégies quotidiennes de la classe.
Elle peut être
aussi l'occasion d'échanges avec les collègues
Il faut aussi oser faire soi même les exercices proposés
pour essayer de mesurer les problèmes qu'ils posent et
qui peuvent être de nature diverse.
Cette démarche est une attitude à développer
pour le maître puis pour les élèves.
Le maître peut d'ailleurs expliquer ce qu'il fait quand
il écrit un texte, il peut même expliquer ses propres
erreurs ou ce qu'il fait lorsqu'il écrit au tableau
Ppap programme
ou projet ?
Programme personnel d'aide et de progrès
liens à
voir
http://ienbonne.edres74.ac-grenoble.fr/groupres/gpe_eva/ce2_ppap/evace2_ppap.htm
http://www.ac-reunion.fr/pedagogie1/circons/stpierre1/ppap/ppap.htm
http://www.ac-reims.fr/ia08/charleville_nord/ppap.htm
http://www.ac-versailles.fr/ia95/Evabase.html
La vraie terminologie
est programme. Pourtant, peut-être sur Prepaclasse aussi,
on lit parfois " projet ". L'idée de programme
est de limiter le PPAP dans le temps.
Si le PPAP doit se limiter
aux élèves n'ayant pas obtenu 75 % des compétences
" de base " (nécessaires aux enfants pour profiter
pleinement des situations pédagogiques de cycle 3), on
peut très bien imaginer pour chaque élève
un projet
mais bien entendu l'urgence est d'aider d'abord
ceux qui rament.
Toutefois, le PPAP ne s'adresse pas à l'élève
en très grande difficulté, qui relève de
l'aide du RASED.
Une stratégie
possible :
-
en septembre : évaluation nationale ou en début
d'année évaluation intermédiaire pour la
classe
- mise en place d'un PPAP de six a 8 semaines
- évaluation intermédiaire portant sur les compétences
qui ont été travaillées
- le cas échéant appel au RASED ou poursuite d'un
PPAP proposant par exemple une approche nouvelle
haut
de page
CIRE l'avenir
? triste
cire ou vernis d'apparence la loi d'orientation parle de Contrat
individuel de réussite éducative.
Ce contrat est censé impliquer la famille, l'élève,
le maître...
Il faut se poser la question de savoir si l'enfant peut être
" responsabilisé " dans le contrat
Car
si l'une des parties ne respecte pas un contrat, en droit civil
l'autre peut être amenée à se plaindre et
obtenir réparation
Le rôle des éducateurs est d'engager, d'impliquer,
de créer une dynamique positive favorisant l'autonomie
mais dans ce contrat les trois parties sont elles à égalité
?
Il en va de même pour les parents qui sont loin d'être
égaux devant l'école.
Il faut donc ici pouvoir déterminer le rôle de chaque
partie et souligner que pour que le maître conserve sa
prégnance professionnelle, l'école doit apprendre
à gérer la difficulté en son sein. Le maître
ne doit pas se défausser sur la maison. Il ne s'agit pas
de donner du travail supplémentaire mais de donner mieux,
d'adapter les démarches aux besoins de l'élève.
Il ne s'agit pas de priver l'élève d'apprentissages
qui seraient optionnels en se focalisant sur les fondamentaux,
mais de penser à servir les fondamentaux au sein de chaque
activité.
L'intérêt d'un contrat comme du PPAP est qu'il doit
permettre de parler le plus professionnellement possible (mais
en termes simples) du travail de l'enfant à sa famille.
Cela impose aussi d'ouvrir les classes.
Par exemple : au moment
de la remise des livrets , on peut inviter les parents en classe
et les élèves feront d'une part le bilan global
des activités menées puis chaque enfant expliquera
" son livret " à ses parents, le maître
venant aussi écouter et donner son regard professionnel.
Aider en
urgence et faire confiance à tous
La classe a ses projets
qui sont fédérateurs, mais il n'est en rien infâmant
de se donner des priorités et de les orienter en direction
des élèves en difficulté.
La confiance n'est pas une attitude naïve, mais une vision
positive et sincère de la capacité de tous nos
élèves à apprendre, comprendre et progresser.
Pour une
pédagogie coopérative - le droit à l'expression
de tous nos élèves et des différents adultes
Une pédagogie
de la réussite s'inscrit aussi dans une pratique qui refuse
la compétition mais préfère la coopération.
Nos élèves respecteront l'école et les maîtres
d'autant plus qu'ils mettront du sens dans l'activité
et trouveront dans le savoir dispensé de quoi s'émanciper
et grandir. Autrement dit le savoir donne un peu plus de pouvoir.
Mais il faut aussi que l'enfant puisse trouver à l'école
un lieu d'écoute et d'expression. Ce droit dépasse
d'ailleurs l'école.
http://www.momes.net/convention/
http://www.prepaclasse.net/fichiers/droits.html
Il nous semble plus que
jamais, sans s'enfermer dans une idéologie, qu'une approche
coopérative favorisant l'expression, la communication,
les approches transversales, les interactions peut aider chacun
des élèves à progresser.
Divers modes
d'intervention et d'organisation
Les approches trop systématiquement
magistrales n'aident pas à prendre en compte les représentations
des élèves. Mais il nous semble utile de dire qu'il
faut pratiquer et apprendre ne serait-ce que d'un point de vue
méthodologique, à travailler selon différentes
modalités qui peuvent très bien s'utiliser de façon
complémentaire.
- l'exposé
magistral : de manière ponctuelle pour apprendre à
écouter et comprendre seul
- le travail en binôme (équilibré ou hétérogène
selon l'objectif) mais qui profite alors de la relation duelle
entre élèves
- le travail en groupes (3/4 élèves) autour de
tâches précises avec des temps de synthèse
et de communication dans la classe
- le travail individualisé autonome avec par exemple un
plan de travail individualisé où l'élève
choisit l'ordre des exercices (intéressant pour la lecture
silencieuse, les entraînements)
- le travail en ateliers avec un atelier dirigé par l'enseignant
qui veut suivre de plus près un groupe et d'autres ateliers
" satellites "
- le travail accompagné en amont où le maître
donne des clés et des indices à un groupe tandis
que l'autre groupe fait seul le même travail
- le travail décloisonné impliquant plusieurs intervenants
- les ateliers d'aide dans la classe dirigés par le maître
tandis que le deuxième enseignant ou l'assistant d'éducation
supervise un travail donné aux autres élèves
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L''emploi
du temps de la classe peut tout en respectant les horaires des
différents domaines permettre cette souplesse
L'élève
en difficulté doit faire l'objet de notre préoccupation
quotidienne. Les stratégies d'aides ne doivent pas être
isolées de l'ensemble de nos pratiques ou de nos démarches.
L'aide peut être anticipée et ne doit pas être
dissociée.
La préparation de la classe peut envisager d'aider l'élève
ou les élèves en difficulté en proposant
des aides, des stratégies, des activités qui leur
sont plus précisément destinées. Les temps
d'explicitation communs à toute la classe en sont des
moments forts tout comme l'élaboration collective d'outils
de référents.
Des liens sur Prepaclasse
sur le thème du différencié:
http://www.prepaclasse.net/fichiers/differencier.html
http://www.prepaclasse.net/courrier/plusniv.html
http://www.prepaclasse.net/fichiers/essai.html
http://www.prepaclasse.net/fichiers/correction.html
http://www.prepaclasse.net/fichiers/remediation.html
http://www.prepaclasse.net/fichiers/competences.html
http://www.prepaclasse.net/fichiers/preparation.html
http://www.prepaclasse.net/temps/temps5.html
http://www.prepaclasse.net/fichiers/dict%E9e.html
à suivre
et
vous ?
dites-nous comment développez-vous les pratiques différenciées
?
vos réactions et contributions
prepaclasse@aol.com |