Le bilan de la période 1
Les premiers jours des vacances d'automne permettent certes, de souffler,
mais c'est aussi l'heure de faire le point avant de projeter la deuxième période.
La cohésion du groupe Des cas particuliers L'équipe des enseignants de la classe. Plan de classe. L'emploi du temps La programmation Les relations avec les parents
Comment s'est passée la cohésion du groupe classe ?
Comme nos élèves viennent de sept classes différentes, et que pour les CM1 certains ont pu avoir jusqu'à cinq enseignants successifs l'an dernier, il n'était pas simple de retrouver une bonne cohésion de ce groupe. Les garçons y sont numériquement plus nombreux, tous ne sont pas rentrés au jour "J" et ce sont les enfants souvent le plus en difficulté scolaire et sociale qui sont arrivés de façon "échelonnée" au long de la première et de la deuxième semaine. Un enfant, non francophone est même arrivé vers la fin de la troisième semaine.
La classe est aujourd'hui au travail. Les conflits qui peuvent encore exister lors des déplacements ou dans la cour, ont en général disparu de la classe. Les élèves restent cependant perméables aux influences extérieures. Toutefois, on observe un changement notable. Si la classe voisine se montrait bruyante en début d'année, les élèves tendaient à vouloir "sortir du bon chemin", alors qu'à présent, ils iront jusqu'à formuler des protestations et signifier "qu'eux travaillent".
Il faut noter toutefois un comportement variable du groupe selon que la classe est conduite par un professeur spécialisé ou l'enseignant effectuant le "tiers-temps" et le moment où la classe est tenue par le maître de la classe. C'est un problème qui montre encore le peu d'autonomie du groupe.
Le groupe classe est très preneur de "valorisation". Par exemple, la mise en place des P.P.A.P., la préparation des livrets, la délivrance du premier "diplôme d'élève-citoyen" ont été des temps forts. Les élèves qui n'ont pas réussi ce diplôme se montrent d'ailleurs demandeurs pour passer "l'épreuve de rattrapage". Peu à peu aussi, les élèves ont compris, que l'attention, la mise au travail, le respect des règles de conduite pouvaient constituer des enjeux collectifs. L'image "d'équipe"souvent donnée aux élèves (le maître étant considéré comme l'entraîneur) est porteuse d'une dynamique où chacun est responsabilisé. A ce titre, l'effet "Coupe du Monde" perdure...
Autre effet de cohésion notable, celui de l'effort dans le travail. Ce sont ces moments, de plus plus en plus fréquents où la classe se plonge dans un climat laborieux, concentré lors d'activités écrites individuelles.
Enfin, se forgent déjà les prémices d'une "culture de la classe", lorsque les élèves se montrent animés de l'appétit de savoir: ils sont particulièrement friands de savoirs culturels, historiques, de mots nouveaux, de techniques...
Ajoutons, la meilleure acceptation de l'autorité, des modes de communication maître/élèves par le geste, le regard où une plus grande économie du verbe conduit vers l'apaisement et même, récompense encore, plaisir de jouer la comédie, de rire ensemble, de dédramatiser des situations parfois douloureuses par un trait d'humour.
Le portrait ne serait pas complet, si l'on négligeait de noter les effets du 11 septembre qui ont été générateurs d'angoisse, parfois de paroles répétées par exemple contre telle ou telle communauté. Il a été nécessaire de rappeler les fondements de l'école laïque, de rappeler aussi que la liberté de conscience dans notre pays, devait permettre à chaque citoyen de choisir sa religion ou de n'en point avoir, que le fait d'avoir une nationalité ne déterminait pas forcément (en démocratie) le choix d'une religion. Le message est semble-t-il plutôt bien passé même si un enfant étonné a répété: "Alors c'est vrai que plus tard, quand je serai grand, je pourrai choisir une autre religion... ou de ne plus avoir de religion ?"
... quand la liberté commence à la prise de conscience.
Des cas particuliers
Bien entendu nous n'évoquerons pas ici les noms des élèves. Mais la première période a mis en évidence quelques cas spécifiques.
1 Un élève fera l'objet d'une équipe éducative: son parcours scolaire est paradoxalement en meilleure voie, il s'est mis au travail en classe, mais son comportement personnel en dehors de la classe pose des difficultés à la fois avec des camarades, des adultes, les parents des camarades qui se plaignent. L'équipe éducative, rassemblera les enseignants, la Directrice, la Psychologue scolaire (pour le réseau), l'assistante sociale, les parents dans un second temps. Certains jeunes enseignants éprouvent parfois des difficultés à accepter que l'école primaire ne puisse exclure. Il n'existe en effet pas de "Conseil de discipline". L'expérience nous a montré que des cas très difficiles pouvaient largement progresser. Mais, il ne faut pas minimiser non plus le regard des adultes et le poids de celui-ci. Si l'enfant perçoit qu'il fait peur, il en jouera. On le voit, rien n'est simple, d'autant, que le rôle des parents, leur engagement, est ambigu. Il importe que chacun reste dans son rôle. Scolairement cet enfant progresse, psychologiquement et socialement son insertion est lourde à porter dans un milieu fragile comme celui de notre école. En même temps, il faut toujours savoir se situer en termes de projet constructif et non dans le simple souci de se débarrasser du "gêneur".2 Un enfant est arrivé non francophone: déjà âgé de 11 ans, il ne saurait être maintenu l'an prochain en élémentaire. Non francophone, ses connaissances scolaires restent difficiles à évaluer même en mathématiques, il suit quelques heures par jour, une classe d'initiation (CLIN), mais il va falloir lui concevoir de façon plus appropriée un programme personnel de type FLE (Français Langue étrangère) et voir dans quelle mesure il sera possible de s'épauler sur d'autres classes du Cycle 3 comme le CE2. L'ennui étant que la maturité de l'enfant ne lui permettrait pas de se retrouver dans des centres d'intérêts d'enfants de huit ans.
3 et 4 Deux enfants en difficulté sociale lourde : ces difficultés sociales handicapent lourdement la réussite ou même les progrès de ces élèves. Un travail sera à mener en liaison avec l'Assistante Sociale du secteur.
5 et 6 Des passages anticipés : bonne intégration semble-t-il des deux élèves n'ayant pas fait de CM1.
7, 8, 9 Des prolongations dans le cycle : du point de vue des performances comme des projets personnels, ces redoublements semblent à la fois justifiés et constructifs. Les élèves peuvent s'appuyer sur des réussites et des habitudes de travail.
mais chaque élève de la classe serait "cas particulier"...et cela n'a rien de négatif !
Et la cohésion des enseignants de la classe ?
Une difficulté majeure à ne pas sous estimer est la multiplicité des intervenants sur la classe: trois professeurs de la Ville de Paris, un professeur d'arabe, un enseignant DMA, un formateur (et nous ne parlons ni des aides éducateurs qui peuvent intervenir, ni des stagiaires). Autrement dit, cette donnée est très importante surtout lorsqu'il s'agit de structurer un groupe.
Plusieurs difficultés sont à noter: modes divers de la gestion de l'autorité, choix pédagogiques, temps disponible pour la concertation. Il faut également noter quelques difficultés liées à des absences. Programmer une activité en demi-groupe par exemple, devoir y renoncer s'il manque un partenaire, peut avoir des répercussions sur la programmation de la classe pour deux semaines au moins...
Si l'on rêve de temps réels de coordination, il est clair que les disponibilités des collègues ne sont pas faciles à dégager (en particulier pour les collègues se partageant à la fois sur plusieurs classes et plusieurs écoles). On verra que cela a des répercussions à la fois sur la gestion du temps travaillé et du programme.
Soulignons au passage, que lorsqu'un professeur de la Ville enseigne sur notre horaire, il est pour nous fondamental d'être présent auprès des élèves (soit dans l'activité même, soit dans une activité de groupe). Si le temps manque aux uns et aux autres, le titulaire de la classe, fera l'effort de faire circuler l'information, en particulier en faisant connaître la programmation des activités de façon à rechercher plus de passerelles, d'ouvrir des projets qui peuvent être transdisciplinaires.Plan de classe et aménagements :
la classe est en U ce qui permet de voir chacun, de limiter les activité s"parasites" tout en amplifiant c'est vrai la communication. L'arrivée tardive de certains éléments a été un problème. Il faudra à l'avenir choisir pour ces absents de réserver des places mieux réparties de façon à éviter certains voisinages. Les examens médicaux ont révélé de plus que certains élèves ont une mauvaise vue, il faudra en tenir compte. Enfin, un élève a déplacé un temps sa table, perturbant de fait l'équilibre du plan de classe. Le prochain plan sera conçu à la fois en fonction des comportements mieux connus, de la mixité et des demandes formulées par écrit par certains élèves afin d'éviter des voisinages par trop conflictuels même si l'objectif est bien d'apprendre à chacun à bien travailler quelque soit son voisin.Et l'emploi du temps ?
C'est un emploi du temps assez lourd qui pose différents problèmes. Nous proposerons pour l'an prochain une globalisation des heures d'enseignements artistique et sportif qui pourrait permettre par exemple d'imaginer par niveau de classe, la mise en place d'ateliers décloisonnés sur une demi journée avec tous les professeurs de la Ville, les enseignants des classes, les aides-éducateurs... Compte tenu de la mise en place de modules professionnels dans la classe, les heures de présence de l'enseignant DMA vont changer pendant six semaines. On profitera de l'occasion pour améliorer certains points: proposer après les cours des professeurs de la Ville des activités individuelles, écrites, calmes, autonomes sera plus profitable.
Il a été très pertinent de renoncer à se rendre en salle d'arts plastiques afin de mener l'activité en classe. On y a gagné calme et plus de vingt minutes (il fallait aller dans un autre bâtiment). Dans l'ensemble cependant, la vitesse de travail du groupe le rend déjà plutôt productif.
A noter également, la quasi disparition des samedis matins qui a réduit d'autant la part des activités (temps de concertation sur les IO, Conseils des maîtres et d'école...).Programmation.Comme il a été dit plus haut les samedis matins libérés ont posé quelques problèmes en termes de programmation (E.P.S., Orthographe, Mathématiques). La part plus large que prévu accordée à l'Éducation civique a réduit celle des Sciences et la sortie envisagée un temps a été reportée (C.F. les événements du 11 septembre). En termes de régulation, il faudra donc axer un peu plus le travail sur les sciences, mais aussi l'orthographe et la conjugaison. Notre collègue ayant dû s'absenter plusieurs fois, les domaines concernés devront probablement faire l'objet de rattrapage. On a pu toutefois bien assurer les enseignements dans les différentes disciplines.
Il sera opportun de mieux programmer les devoirs et les temps de correction ou mise en commun de ceux-ci. On sait que les devoirs à la maison sont facultatifs mais que la demande du Collège est forte (conflit permanent entre les faits et la réglementation). Ne pas négliger également la méthodologie, le travail sur la consigne. Pour l'ensemble des activités prévues, "la classe est à l'heure".Relations avec les parents
11 parents sur 25 élèves présentés à l'école sont venus à la réunion de classe qui s'est déroulée un soir de semaine, dans de bonnes conditions avec une intervention de la Directrice. Ce n'est pas un mauvais score pour l'école où les deux autres classes de CM2 se sont partagées sensiblement le même nombre...
Certaines familles d'enfants en difficulté comportementale ont été vues une, deux, voire quatre fois... quelques mères viennent très régulièrement prendre des nouvelles de leur enfant mais certaines familles sont restées invisibles. Les enfants ont observé que la rencontre avec la famille est notée dans le livret. Il faudra inciter les uns et les autres à se présenter d'ici la fin du trimestre.
Cette année j'use beaucoup plus du téléphone, mais cela demande du temps et de l'argent (attention à masquer son numéro si l'on ne veut pas être rappelé intempestivement à domicile). Quelques élèves tardent trop toutefois à faire signer le cahier de correspondance, fournir les éléments du dossier d'entrée en sixième etc.
A noter également; certaines familles "se racontent" à la sortie de l'école en l'absence de toute confidentialité. Nous les invitons à entrer, mais elles préfèrent souvent s'exprimer sur la place publique. Ce mode de dialogue, existe souvent chez les Africains (on peut les voir discuter énergiquement, en nombre, à la sortie de certains métros). Il faut toutefois éviter de notre côté de ne pas respecter la confidentialité (notre devoir de réserve).