gérer et préparer
la classe primaire
élémentaire
&
maternelle
les cahiers de classe et supports de l'élève

problème posé: quels cahiers choisir pour les élèves de la classe selon le niveau concerné ?


Quelques principes initiaux : on choisit souvent une entrée "disciplinaire" pour déterminer quels seront les supports des élèves dans la classe tout en tentant de concilier celle-ci avec une entrée "pratique".
La conséquence en est alors surtout au cycle 3 la multiplication des supports et une véritable difficulté de leur gestion au quotidien.
Au delà, il nous semble pertinent de s'interroger : "quels cahiers ? pour quoi faire ? dans quelle démarche ? comment concilier ces choix avec les exigences des programmes ?

Nous proposons de réfléchir d'abord à quelques principes :

Valoriser la part de l'activité de l'élève
: les cahiers doivent permettre une véritable activité de l'élève
Un examen des cahiers de classe montre que ceux-ci ont souvent divers statuts.
Dans certains cas, le cahier est substitut de manuel, simple
recueil de documents photocopiés, reconstitution d'un fichier du commerce...
Il peut rassembler des résumés copiés ou non par l'élève mais dont l'élève ou la classe ne sont pas toujours les auteurs. Par ailleurs, les cahiers peuvent porter témoignage des recherches, d'observations, d'essais, de synthèses intermédiaires...

L'examen de certains supports montre qu'une réflexion doit être menée concernant les écrits dans la classe et principalement les référents (manuels, fichiers, dictionnaires...). L'exigence formelle est très inégale mais singulièrement un "beau cahier" peut être aussi un cahier très formel où la part de travail réel de l'élève n'est pas suffisante.

Les écrits des élèves doivent permettre de pouvoir comprendre les démarches mises en oeuvre. Le statut de l'erreur comme témoin d'un savoir en construction et non comme faute, doit être clairement défini pour le maître et les élèves... comme les parents qui verront les cahiers .

Enfin, il faut également que la part de l'écrit de l'élève ou de ses productions personnelles soit majoritaire dans le cahier.
Développer le « lire et écrire »
:les programmes nous demandent que chaque jour 2 h 30 en cycle 2 puis 2 h au cycle 3 soient consacrés de manière transversale aux activités de lecture et d'écriture
Cela doit se traduire  par une forte présence de l'écrit des élèves dans leurs cahiers.

Favoriser la continuité :
les cahiers de classe doivent contribuer à favoriser la continuité de l'élève dans le cycle. Ils sont le témoin du parcours de l'élève dans le cycle en relation avec la programmation et les évaluations (différencié, PPAP). Ils témoignent de la diversité des entrées proposées au service des différentes compétences à servir. Certains cahiers pourront donc non seulement être harmonisés sur le cycle mais passer d'une classe à l'autre.

Ne pas alourdir le cartable et veiller aux aspects pratiques : la santé de l'élève exige qu'on ne lui impose pas le transport d'un cartable trop lourd, les supports doivent être adaptés aux élèves (format) et facilement rangés dans la classe (placards, étagères, cases adaptées...).

Quel statut pour les écrits ?

 Chaque type d'écrit doit pouvoir être identifié et reconnu comme tel...

  • recherches de l'élève et essais
    trop souvent réservés à des supports provisoires ou peu valorisés comme le cahier de brouillon, ceux-ci méritent d'être identifiés, valorisés, conservés... Ils permettent de travailler en particulier à partir des erreurs observées.
  • entraînements / exercices dits d'application
    ils doivent permettre d'identifier la discipline, la notion ou la compétence en jeu, la consigne donnée. Leur présentation doit être très rationnelle et favoriser la correction et le relevé d'erreurs.
  • mémorisations / restitutions
    les éléments à mémoriser doivent être particulièrement lisibles et exempts d'erreur, les restitutions qui s'inscrivent dans le cadre d'une évaluation sont également "normées".
  • intégration de documents extérieurs (photocopies )
    les cahiers doivent permettre d'intégrer des documents externes (photocopies ou autres) en identifiant l'origine de ces documents, en permettant un retour effectif ou une activité sur ceux-ci (voir fiche consacrée au problème de la photocopie). La photocopie doit être lisible (non pliée) et collée selon des règles précises (alignement, usage de la colle)
  • lexique
    le lexique de la leçon ou de l'activité du jour doit pouvoir être mis en valeur, lisible, exempt d'erreur... il sera souvent utilement accompagné de définitions, d'illustrations de la main de l'élève...
  • dessins et schémas
    les cahiers doivent pouvoir être mis en valeur par des illustrations en rapport avec le contenu et les écrits doivent intégrer des dessins et schémas explicatifs construits selon des règles définies le plus souvent possible par les élèves eux-mêmes y compris en recourant à des procédés (calque, agrandissement, réduction de figure, cartes à main levée) . Ces tracés pourront se faire sur des supports type feuilles à dessin collées ensuite.
  • graphiques et tableaux
    comme les dessins et schémas, il est pertinent qu'ils soient le plus souvent de la main de l'élève (apprentissage méthodologique) et que le support soit adapté à leur construction.
  • cartes et documents légendés
    lisibilité et normes à respecter. Les cartes peuvent progressivement être construites à main levée par l'élève.
  • explicitations de démarches (individuelles, en groupe, collectives)
    une recherche en mathématique ou en sciences, un commentaire de document en histoire, des commentaires ou impressions en littérature de jeunesse doivent pouvoir prendre place dans le cahier.
  • corrections (souvent même rôle) ou bilans
    les corrections doivent pouvoir être valorisées et leur place dans le cahier anticipée. Il n'est pas forcément pertinent que la correction se fasse sur les mots ou dans les exercices mais souvent utile qu'elle se trouve dans un cadre réservé.
  • évaluations et grilles dévaluation et communication de résultats vers la famille le cahier régulièrement visé par la famille doit permettre de faire le point chaque semaine sur l'évolution du travail de l'élève. Les grilles d'évaluation, les espaces dévolus aux commentaires et signatures doivent être également prévus.
  • synthèses, écrits référents écrits à mémoriser
    ces écrits institutionnalisés doivent faire l'objet d'une vérification et d'une mise en valeur spécifiques.

On notera que ces différents écrits impliquent une mise en page que l'on peut concevoir sur la double page du cahier un peu à la manière d'une maquette de journal. Le choix d'une "maquette" de base transposable aux différents cahiers peut aider l'élève à se structrurer et construire ses méthodes.


des idées  :

  • ne pas multiplier les supports et alourdir case et cartable (aspect économique et santé).
    • le cartable : pas plus de 2 kg au cycle 2 et 4 au cycle 3 .
    •  On peut mener une activité de pesée et réfléchir avec les élèves à ce qu'il est essentiel d'emporter chaque soir. Il est possible de se doter d'une chemise pour transporter certains documents ou fiches... qui seront ensuite collés dans les cahiers.

    • la case et les rangements de la classe: travailler à réaliser un plan de rangement permettant une utilisation facile des cahiers. L'idéal est de ne conserver que le répertoire, l'ardoise et les cahiers de la demi-journée avec soi, les autres étant rangés dans des espaces dévolus et distribués le moment venu par des responsables. Le fait que les cahiers soient ramassés chaque jour permet au maître d'en effectuer une correction systématique et régulière par rotation.

  • lier le fond et la forme de manière dynamique et structurante en proposant une maquette « de base » : proposer une mise en page très construite et réfléchir aux formats (éviter les envers et trop gros supports, envisager des cahiers de cycle ou en tout cas des cahiers pouvant se relier les uns aux autres par de gros élastiques&)
    • une maquette de base peut permettre de travailler par exemple sur la double page :
      on pourra même encadrer de manière normée les espaces dévolus à chaque activité
      - titre en haut à gauche
      - recherche de l'élève ou questionnement (à gauche)
      - document de travail ou schéma ( à gauche)
      - ou exercices d'application ( à gauche) et correction et explicitation séparée (à droite)
      - à droite on trouvera tout ce qui est synthèses, mises au point, lexique, définitions, résumés, éléments à mémoriser ou pour l'expression écrite "copie au propre" de la production...
  • favoriser le retour sur les cahiers à la fois dans une perspective de : correction (auto - correction), aide à la mémorisation et création d'un référent, aide à la communication du travail vers les autres camarades, les parents& apprendre à se relire pour mesurer le parcours accompli, ce que l'on fait mieux ou ce qui reste à améliorer.


TYPES DE CAHIERS ET SUPPORTS POSSIBLES

cycle 1 :

  • en maternelle, on distinguera des cahiers ou des supports:
    • pour communiquer
      • affiches à l'accueil
      • cahier de correspondance avec la famille avec des espaces pour le directeur et les parents
      • cahier "de vie" où les familles pourront coller des informations à destination de la classe. Dans certaines écoles les parents et l'enseignant enrichissent conjointement "un journal de vie" collectant les événements relatifs à la vie de l'enfant. Il faut prendre garde cependant à ce que cela ne vienne pas accroître les disparités sociales. Dans certains quartiers, le réseau associatif est impliqué et le cahier est enrichi des activités menées grâce à l'association...
    • pour mémoriser le patrimoine collectif de la classe
      • collecter les écrits "sociaux" de la classe, les invitations reçues, les affiches, les tickets de sortie, les dépliants... on peut dans un premier temps constituer de grands albums collectifs. On verra souvent aussi des fichiers collectifs, des répertoires mot/image...
      • rassembler les textes imaginés par la classe. On pourra ponctuellement produire de petits livres ou cahiers thématiques (nos recettes, l'album d'observation des élevages...)
      • cahier de chants et de poésies / comptines: il est utile que les familles puissent en disposer
    • pour collecter les productions et réalisations des élèves
      • on trouve en général un grand dossier et un grand cahier: il importe que les travaux puissent être identifiés et datés. La consigne ou la compétence travaillée doivent figurer sur le travail.
        Il est souvent très pertinent de coller des photographies ( l'appareil numérique permet aujourd'hui d'en faire facilement) lorsque l'enfant a produit une réalisation remarquable (un montage, un rythme avec des perles, une tour avec des cubes..) et que le caractère éphémère de cette réalisation risque d'en faire perdre le souvenir. Certains enseignants multiplient les supports: cahiers de graphisme et d'écriture, de découverte du Monde, de mathématiques ! Il me semble que cela devient vite complexe pour les jeunes élèves et que le classement chronologique est plus pertinent. Il faut aussi revenir régulièrement sur les productions...
    • pour transporter les ouvrages de la bibliothèque
      • une pochette individuelle plastifiée et une fiche de prêt

 

cycle 2 et 3

Une harmonisation au sein du conseil des maîtres de cycle serait souhaitable.

Soulignons au passage notre très grande réserve vis à vis des fichiers utilisés en mathématiques, sciences, histoire, géographie, découverte du Monde... qui ne sont pas forcément adaptés aux besoins des élèves et qui ne favorisent pas l'appropriation des démarches et des enjeux didactiques par les maîtres. Rappelons aussi que du point de vue économique et de la préservation de l'environnement, le choix d'un support imprimé périssable est souvent contestable. Ajoutons enfin, que des élèves qui du CP au Cm2 vont travailler avec la même collection de fichiers de mathématiques risquent de ne pas savoir s'adapter facilement à une nouvelle mise en forme ou présentation des consignes..
.




Quelques propositions

le bloc notes avec brouillon détachable et qui peut être collé dans le cahier si intéressant:
- en effet, le cahier de brouillon en tant que tel surtout lorsqu'il ne fait pas l'objet de correction devient une sorte d'objet "à part", souvent très peu soigné... Un bloc notes comportant des lignes peut devenir un outil souple.Il permet aussi d'échanger de l'écrit entre élèves, entre élèves et maître...

le "post-it" : outil de communication du maître vers l'élève lorsque celui-ci veut laisser un "coup de pouce" sur le coin du bureau, "pense-bête", "mémo" que l'élève se donne, repère dans un manuel ou un ouvrage, il peut aussi servir à l'élève pour y noter des questions à l'adresse de la classe ou du maître...

l'ardoise

le cahier de classe en maths et français: ce peut être le "cahier du jour" géré sur la double page.
En cycle 3 on peut envisager un cahier ou un classeur à l'italienne rassemblant les leçons à apprendre en ORLF.

le lexique et mots du jour: notés au tableau au fil de la journée les mots du lexique entrent d'une part dans la rubrique réservée à cet effet dans la page de la leçon du cahier, puis ils sont notés dans un répertoire pour y être appris ensuite. Au cycle 3 les définitions seront systématiquement recherchées. les mots seront mémorisés.
Le répertoire peut être conservé au long du cycle.

les cahiers de cycle : découverte du monde, histoire, géographie, sciences (avec en cycle 3 un carnet d'observations) , un répertoire lexique, un cahier de poésie, un cahier de littérature: ces cahiers peuvent être utilisés au long du cycle et transmis de classe en classe.

le carnet de correspondance avec espace pour l'élève, les parents, le directeur, le maître...

le cahier de textes en cycle 3: certains lui préfèrent l'agenda, pourtant il semble que le cahier de textes hebdomadaire avec pages en couleurs favorise en CM l'organisation prédictive du travail sur la semaine...

En Histoire une frise chronologique pourra être mise en place au cycle 3 sur le même modèle: une frise individuelle, une frise collective à compléter, la frise collective pouvant "monter" du Ce2 au Cm2.

TOUS CES SUPPORTS POURRAIENT NORMALEMENT ETRE FOURNIS PAR L'ECOLE PUBLIQUE

Le lien http://eduscol.education.fr/D0028/03_gratuite.htm rappelle le cadre de la gratuité de l'école.

A titre personnel, je me souviens que ma petite école primaire assurait toutes les fournitures. Pour avoir un nouveau stylo, il nous fallait montrer l'ancien usé au maître !
Si l'école peut demander des fournitures, il semble que ces temps derniers ont vu trop d'excès et il n'est pas normal que les familles dépensent tant d'argent pour des fournitures.
C'est aussi une bonne façon de maintenir un peu d'égalité républicaine et de veiller à une harmonisation des cahiers qui pourront ainsi être identiques.

 

Pour la classe 
un cahier de roulement
: des élèves responsables ou parfois le maître peuvent tenir un cahier de roulement particulièrement soigné qui servira de référent pour la classe et d'outil pour les absents. L'élève qui est responsable du cahier de roulement photocopie les pages pour son propre cahier et est évalué à ce moment là (soin , qualité de la copie...)
des "affiches mémoire" liées aux synthèses écrites en français et maths ou dans les autres domaines (les affichages didactiques sont ensuite mis à disposition sur des cintres sur une tringle avec classement, des fichiers mémoire avec des phrases analogiques&)

L'appareil photo numérique pour tirer limage dune expérience en science, d'un montage, dune réalisation

Ponctuellement des exposés produits par les élèves au format html, ou des albums édités par la classe et tirés pour chaque élève


 

Divers
aspects
à prendre en compte


La question des formats : les petits cahiers d'écolier sont délaissés souvent au profit des grands cahiers . Ce n'est pas forcément toujours justifié. Il faut que les élèves apprennent alors à bien gérer l'espace de la page et à remonter le cahier sur la table. Certains formats intermédiaires sont aujourd'hui très appréciés.


Cahiers ou classeurs ? Le classeur est intéressant parce qu'il permet d'emporter une fiche dans une chemise pour apprendre une leçon à la maison, mais il est souvent difficile à gérer et ne favorise pas la continuité. S'il est utilisé, le recours aux fiches de couleur est souvent une solution satisfaisante. Le petit classeur à l'italienne avec des fiches bristol est assez simple à utiliser (leçons). Le cahier permet toutefois une meilleure protection et valorisation des travaux.

Couvrir  par des couleurs normalisées favorise le repérage de la fonction des différents cahiers.

La page de garde normalisée, doit faire l'objet d'un travail spécifique.

Les scripteurs: Les dessins et schémas, croquis et cartes doivent être tracés au crayon à papier. Le feutre bille fin est souvent un bon compromis pour écrire. Les stylos à plume sont rarement adaptés à la force des enfants. L'utilisation classique du "vert" pour la correction de l'élève ne semble pas pertinente (souvent peu visible surtout au stylo bille). Le rouge serait peut-être plus judicieux. Il serait temps que les maîtres abandonnent l'usage de cette couleur (le noir peut être très bien) histoire de dédramatiser la correction.

Les indications formelles: tout travail ou document doit être identifié (date, auteur..), le domaine d'activité, les consignes ou la compétence visée sont notés...

Le collage des documents: les élèves doivent apprendre à coller leurs photocopies ou autres documents en limitant les pliages et en s'appuyant sur la ligne.


D'une manière générale, la mise en page des cahiers doit être très calibrée et anticipée par le maître. Les débutants peuvent très bien tenir un cahier personnel dans chaque matière afin d'évaluer les difficultés posées par le tracé d'un tableau, la copie des phrases d'un exercice, la mise en page de la solution d'un problème, la place prise par un document sur la page... On ne peut que conseiller en début de carrière surtout de faire soi même à l'avance les différents exercices demandés aux élèves que ce soit en calcul ou en expression écrite... C'est aussi une façon d'éliminer une erreur du manuel ou de mieux appréhender les enjeux didactiques!

Enfin même si c'est long en début d'année, n'ayez pas de crainte à faire écrire et copier les élèves ! Oui, ils doivent copier les consignes, oui ils doivent copier les phrases "en entier", oui ils doivent corriger un mot en le copiant correctement et complètement avec son déterminant...



et vous ?
dites-nous comment avez-vous choisi les cahiers de vos élèves ? Quels problèmes rencontrez-vous ?

vos réactions et contributions prepaclasse@aol.com 

droits réservés vincent breton paris pour prepaclasse.net août 2004