éducation à l'environnement
un exemple au cycle 3 "le square Charles Péguy" à Paris .(XIIe)
le lieu choisi les instructions officielles démarche proposée mise en oeuvre possible
 

 Préambule :
L'IUFM de Paris propose à ses étudiants des ateliers de pratique professionnelle leur permettant de travailler sur le terrain (en général des classes d'application) afin de concevoir et de mettre en place puis d'évaluer, des séquences dans divers domaines disciplinaires. Ces ateliers permettent à la fois de conduire et d'observer la classe, d'analyser et de préparer les séances suivantes.
A l'occasion de l'un de ces ateliers de quatre demi - journées, nous avons pu réfléchir à une approche en éducation à l'environnement .
En relation avec cet atelier dont nous parlerons dans un deuxième temps, nous présentons ici, à travers l'illustration qu'offre la découverte d'un square parisien ce que peut être une approche environnementale, transposable d'ailleurs à d'autres lieux.

C'est "une manière de faire" et bien entendu, chacun adaptera les choses en fonction de ses orientations personnelles, du projet d'école, du niveau des élèves etc.

 Le lieu choisi :

C'est un square parisien, qui se situe dans le douzième arrondissement de Paris. Il occupe une surface de 13 000 m² ce qui est déjà significatif; dans le prolongement de la promenade plantée . Ouvert sur plusieurs rues, celle de Montempoivre, la rue Marie-Laurencin, la rue Rottembourg, le square est proche de la station de métro Michel-Bizot.
Il se trouve sur le lieu de l
'ancienne liaison entre la ligne de la Bastille désaffectée depuis la fin des années soixante et la petite ceinture.
C'est un lieu fréquenté à la fois par
des touristes ou des promeneurs de passage mais également des "habitués" qui vivent tout autour dans des résidences constituées en majorité d'immeubles datant de la fin des années soixante-dix et suivantes.Pour ce qui nous concerne, ce square a pour particularité de se situer dans le prolongement immédiat de l'école polyvalente de la rue Montempoivre.

Les élèves de l'école élémentaire voient le square chaque jour puisqu'il jouxte la cour de récréation.

Petits et grands fréquentent le square tout au long de leur scolarité et s'y retrouvent pour jouer ou goûter après l'école ou le mercredi...

C'est un lieu qui semble donc familier et connu des enfants sans pour autant qu'ils connaissent forcément ni son histoire, ni son organisation, ni les essences ou les plantes que l'on peut y observer...

Relativement récent, ce square date de 1989. Il est l'oeuvre des paysagistes Alain Gilot et Liliane Grunig-Tribel.


Son organisation est basée sur le contraste entre la partie minérale en forme d'amphithéâtre, le bassin en cascade et la zone végétale. Le square s'inscrit d'ailleurs dans un paysage "circulaire" avec aux abords des immeubles également en arc de cercle et par ailleurs l'école est-elle même au coeur de cet espace. D'architecture contemporaine, elle est de forme "arrondie"... On y évolue sur plusieurs niveaux bien éclairés tournant sur un jardin d'intérieur qui n'est pas accessible. Cette architecture favorise un climat familial et convivial. L'école rassemble à la fois des enfants de la maternelle et de l'élémentaire. Tout le monde s'y connaît, les équipes y sont plutôt stables et les enseignants réfléchissent d'ailleurs à l'intégration de l'école dans son environnement, y compris du point de vue du projet d'école.

L'école paraît cependant un peu écrasée par les hauts immeubles voisins. Beaucoup ont vue directe sur la cour.
Cet ensemble constitue dans le douzième arrondissement un espace très calme et indiscutablement privilègié en rupture avec d'autres espaces à la fois plus ouverts et plus rectilignes lorsque l'on se retrouve vers le boulevard Soult par exemple.
Pour employer une image certes un peu facile mais qui est appropriée, on pourrait dire que l'école est le coeur de ce quartier et que le square est son poumon, mais un poumon prolongé par la promenade plantée qui en est sa trachée... le reliant d'une part à la place de la Bastille et d'autre part au Bois de Vincennes. Le quartier est quelque peu en retrait des zones commerciales. Les ensembles architecturaux périphériques sont plus ou moins reliés entre eux au delà des rues par des passages, des passerelles... Il existe toutefois une relative unité dans cet ensemble encore qu'il faudrait l'évaluer plus avant, unité qui accentue la spécificité de ces lieux qui pourraient presque être vus comme une enclave...

Square relevant de la Ville de Paris qui en assure à la fois l'entretien et la surveillance, il s'inscrit dans l'approche contemporaine des jardins urbains. Il est toutefois déjà marqué par l'usure de certaines de ses structures (murets et bassins parfois abimés, bancs de bois parfois dégradés) et victime de "taggeurs" sur le principal monument artistique.
Il présence des terrasses avec des plantes diverses, des arbustes, des buissons dont certains sont taillés ce qui ne permet pas forcément de les reconnaître aisément. On trouvera parmi les plantes comme les genets ou certains pins des allusions à la méditerranée. Ce square est d'ailleurs très ouvert au soleil même s'il possède des espaces ombragés et à l'eau. Des bassins dont un escalier de bassins en cascade sont mis en eau quelques semaines après le début du printemps.

Policé et tranquille, il semble cependant que sa périphérie soit fréquentée par des marginaux ou personnes en difficultés qui peuvent laisser diverses traces de leur passage. La voie ferrée de la petite ceinture favorise cette circulation. On notera que les rats fréquentent aussi cet endroit d'où l'observation de "mort aux rats" disposée semble-t-il par des habitants du quartier au mépris des règles de sécurité.
Le square est fréquenté par les enfants de l'école, des lycéens ou étudiants d'établissements voisins. Il l'est également par les parents, des personnes âgées... Sans avoir pu mener d'étude sociologique approfondie, on nous a montré que les visiteurs se regroupaient volontiers selon leur appartenance (par exemple sur les gradins les parents d'élèves, sur tel banc le spersonnes venant de tel groupe d'immeubles...).
On y trouve aussi bien des espaces intimes (sous le pont) propices aux confidences adolescentes que des espaces plus "sociaux" comme ceux dévolus aux jeux ou l'espace en amphithéâtre qui favoriserait des "forums". Nous avons pu observer la présence de groupes de personnes pratiquant des exercices de gymnastique chinoise sur les terrasses supérieures tandis que plus bas des personnes seules lisent calmement.

On comprendra donc que c'est à la fois la proximité de ce lieu vis à vis de l'école, son intérêt historique, paysager, architectural comme ses richesses en essences et plantes assez diverses ou les problématiques qui se dégagent facilement relatives à l'aménagement de l'espace, la protection de l'environnement dans un espace urbain, l'usage "esthétique" de l'eau qui n'est pas seulement ici destinée à l'arrosage, la question de la gestion des déchets biologiques ou non qui ont motivé notre choix. Au delà, les questions d'éducation civique relatives à l'usage collectif d'un lieu nous semblent très intéressantes.

Nous reviendrons plus bas sur les thématiques et l'approche que l'on peut imaginer.

 

les instructions officielles :

Un petit tour par les instructions officielles aide toujours à faire le point. Nous n'allons pas tout développer ni reprendre, mais nous appuyer sur ce qui est dit concernant le cycle 3 à la page 247 des nouvelles I.O.


"l'éducation à l'environnement est transdiciplinaire. En liaison avec l'éducation civique, elle développe une prise de conscience de la complexité de l'environnement et de l'action exercée par les hommes. Elle s'appuie sur une compréhension scientifique pour des choix raisonnés:

-approche écologique à partir de l'environnement proche,

- rôle et place des êtres vivants, notions de chaînes et de réseaux alimentaires;

- adaptation des êtres vivants aux conditions du milieu

- trajet et formation de l'eau dans la nature

- la qualité de l'eau "


transdisciplinaire : qui traverse les disciplines. On dira volontiers que l'environnement concerne à la fois les sciences, l'histoire, la géographie et pourquoi pas ici les arts (architecture, éducation au regard...). dans notre approche nous n'oublierons pas non plus la transversalité avec en particulier le travail de la langue écrite et parlée.

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éducation civique : elle s'incarne aujourd'hui également dans le quotidien et de façon transversale avec en particulier la mise en place du débat réglé hebdomadaire.
L'éducation à l'environnement est l'occasion de se poser des problèmes nombreux: aspects éthiques, aspects citoyens... rôle et part de l'individu et de la collectivité...la question de la loi (règlement du parc) dans son aspect législatif (le règlement affiché) et exécutif (le gardien du parc) s'y pose également.
Ici on peut aussi réfléchir aux choix collectifs: pourquoi les déchets organiques ne sont-ils pas conservés ? comment est gérée l'eau dans le parc sachant que les bassins semblent être d'abord à vocation esthétique ? pourquoi la présence de nombreuses poubelles n'empêche pas la présence de déchets au sol? Quel est l'impact des choix collectifs sur l'évolution de l'environnement ? Peut-on agir soi-même ? Etre citoyen est-ce seulement déléguer ou parfois aussi proposer et prendre ses responsabilités ? Mais comment s'engager et agir sans se substituer ? Ces questions, souvent philosophiques ont été soulevées non seulement par les élèves-professeurs mais souvent par les élèves eux-mêmes avec leurs mots.

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prise de conscience: elle ne passe pas par la "moralisation" ou la culpabilisation mais par l'observation, la capacité parfois à changer son regard, analyser une situation pour comprendre les causes et les effets. Elle permet de voir à la fois l'impact positif d'une action comme l'impact négatif... "Si j'ai telle attitude... cela aura telle conséquence". La difficulté en matière d'environnement étant de mettre en relation des évènements. "Si je laisse un papier sur le sol, ce n'est pas très grave... mais il peut inciter d'autres à faire de même et l'accumulation aura des conséquences... Si mon papier est en aluminium il mettra de très longues années avant de se dégrader ou bien il faudra payer des personnes pour le ramasser si je ne le fais pas ce qui a également un coût économique..."
La prise de conscience est l'étape nécessaire mais insuffisante si elle n'engage pas de geste citoyen.
Voir à cet égard l'approche développée au sein de
l'UNESCO.

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la complexité de l'environnement : l'environnement est fait d'un ensemble d'éléments qui forment ensemble un système. La modification de l'un de ces éléments peut avoir un impact sur l'ensemble du système.
- qu'est-ce que l'environnement ?
[définitions données sur un site] [autres définitions]
- [la complexité de l'environnement]
Voir l'ensemble de ce site[ http://www.chez.com/defenviro/]

voir aussi la réflexion menée sur [la charte de l'environnement]
Eduquer à l'environnement ?La réponse de l'histoire géographie et des SVT

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écologique: qui respecte la nature, l'environnement...voir à ce propos la définition d'écologie.

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l'environnement proche: le quartier, la rue, ou dans certains cas l'école elle même sont des lieux souvent beaucoup plus riches qu'on ne l'imagine. Ce que l'on fréquente au quotidien ne fait pas forcément l'objet d'une bonne connaissance de notre part. Nous ne voyons plus forcément des aspects pourtant intéressants à la fois par la force de l'habitude et parce que souvent dans notre société on va chercher le sensationnel "au loin". Une classe de découverte c'est très bien, mais cette classe peut avoir lieu avec autant d'intérêt "chez nous"...Il nous faut travailler à l'éducation du regard, développer une observation nouvelle. Mais pour pouvoir observer, il faut savoir déjà quoi observer, savoir se poser des questions... C'est pourquoi il nous semble indispensable que le maître sache faire un travail préalable où il va se placer en position d'explorateur, de découvreur, la maître va se poser des questions orienté il est vrai par ses connaissances personnelles. Selon sa formation l'enseignant développera tel ou tel aspect, mais ce qui compte c'est la démarche qu'il entreprendra afin d'observer quels liens existent entre les éléments. pourquoi y-at-il de l'herbe entre ces éléments de ciment ? quel est le but de la signalisation du square ? pourquoi tel élément est-il dégradé ? comment identifier les arbres ? La découverte de l'environnement proche permettra dans un second temps par la comparaison avec des éléments plus éloignés de construire un point de vue plus affiné ou de dégager des premières constantes...

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l'eau peut être vue comme la question majeure des périodes à venir. Dans le square, sa présence et son utilisation pose de nombreuses questions qui pourront être développées. (Préservation de l'eau, circuit de l'eau, vie dans l'eau, hygiène...)

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  démarche proposée
Cette démarche peut reprendre certains aspects proposés par les élèves-professeurs mais elle ne reprend pas ici leur préparation.

Nous nous situons dans l'idée d'un projet transversal. Ce projet s'inscrit dans la durée et s'il est initié par un travail collectif de plusieurs séances, il peut se prolonger sous diverses formes (exposés, ateliers, recherches...).

Il s'agit ici d'une classe de troisième année de cycle 3.

Quels aspects peut-on ici faire découvrir à nos élèves ?

- un espace habituel n'est pas forcément connu, en l'observant, on peut changer son regard, se poser des questions, mettre en relation des éléments.
Pour ces élèves de CM2 le square est au départ tellement connu qu'ils ne voient pas bien ce qu'ils pourraient apprendre à son contact.

Ce que nous proposons c'est une observation réfléchie du square, comme on ferait une lecture analytique d'un texte de littérature de jeunesse. Cette observation implique les sens et spécialement "voir", "toucher", "sentir", "entendre".

savoir voir : le square sous différents angles, de loin, de près et découvrir comment les éléments y sont organisés. Percevoir quels axes traversent le square (relation entre "l'oeil" du monument et une pyramide à l'extérieur), liens entre les formes choisies dans le parc, la géométrie de l'école et des bâtiments avoisinants... La relation entre cette géométrie et la géométrie du square. Que se passerait-il si la forme du square était "carrée" ?
Les gradins en amphitéâtre, les bancs sur des lignes successives, les poubelles à distance calculée mais épousant par exemple le cercle d'un espace de détente...

Voir l'opposition entre des espaces géométriques sur le plan horizontal, les escaliers, les terrasses avec des plantes qui pourraient sembler être plantées au hasard, mais découvrir... que certaines plantes sont là pour bloquer le passage et protéger les plates-bandes, que d'autres sont taillées et forment à leur tour des lignes géométriques... comprendre par l'observation que l'architecte paysager a mis une intention dans la disposition des espaces, des plantes, du choix des essences et qu'il ne s'agit pas simplement de hasards ou d'improvisations...
Il sera tout à fait possible de donner aux élèves accès aux éléments culturels. L'amphithéâtre romain, les terrasses méditerranéennes, la sculpture contemporaine.
Dans un deuxième temps, il sera pertinent de montrer que le square est une oeuvre récente d'architectes paysagistes. Le recours à la carte montrera le lien entre le square et la coulée verte. Il s'agit ici d'une forme intéressante de réappropriation d'un espace industriel en vue d'en faire un lieu à la fois de loisir, de détente mais aussi à vocation écologique, apportant une "plus value" .

 

 

 

 

 

 

 

 

A voir encore dans ce square le traitement de la lumière, les jeux d'ombre, les couleurs...comment également on peut au fil de la journée y observer le déplacement du soleil... on verrait bien dans ce lieu un cadran solaire !

On peut observer comment certains éléments sont alignés... les bancs, les arbres.

Dans un deuxième temps on peut observer la présence de déchets... d'écrits, d'idéogrammes, de pancartes, de bâtiments... qui témoignent de la destination du lieu, de sa nécessaire organisation, de l'activité humaine.

 Jeux d'ombres... l'arbre sur la pelouse peut après avoir été photographié être repris par transparence. On peut plus tard comparer la silhouette de différents arbres ce qui est un élément utile à leur identification... Revenir au même lieu observer comment cette silhouette évolue au fil des semaines, ce que devient l'ombre au fur et à mesure...

Ici se mêlent arts visuels et sciences...

 Les élèves de CM2 adorent les tracés géométriques et la symétrie... ici, on peut travailler par croquis à retrouver les lignes et la perspective...Lignes au sol délimitant les plates-bandes, position des arbres et des poubelles, des bancs...

Et si l'on regardait depuis la sortie ? Ou à mi-parcours ?

Pourquoi les bancs sont-ils disposés ainsi ?
Que se passe-t-il lorsqu'ils sont occupés ?

on observera d'une part les lignes verticales des arbres et les lignes horizontales des terrasses... Au fond, surplombant, un bâtiment présente également des formes arrondies.
De nombreuses autres observations peuvent être faites (on peut ensuite mener des réalisations en arts visuels - collages, dessins, maquettes) réaliser des jeux de recherche...

 Autrement dit, dans ce que l'on entend par "voir" il y a "observer" mais aussi "exercice d'admiration" et en corolaire forcément, expression des sentiments et sensations... l'oral peut y aider et l'écrit aussi. Pour bien voir il faut savoir nommer. On pourra donc envisager l'enrichissement du lexique pour savoir "de quoi on parle".
 

savoir toucher :le toucher peut contribuer à mettre en évidence les matériaux présents dans le parc. Le béton, la pierre, le bois des arbres (l'écorce ou des bancs ou du pont), l'eau, les plantes, la terre...
Un simple jeu avec un foulard sur les yeux peut permettre d'aider à décrire les différents matériaux rencontrés dont on pourra faire l'inventaire.

savoir sentir : les fleurs et les feuilles de certaines plantes, l'odeur de l'herbe...

savoir entendre : les oiseaux (leur chant, comment identifier un oiseau d'après son chant ? ) le bourdonnement des insectes, le bruit de l'eau des fontaines, les conversations, les bruits, les cris, le pas dans les allées...les bruits extérieurs... On peut constituer le catalogue sonore du square par enregistrement (et fabriquer également un jeu de reconnaissance) comparer le calme du square avec d'autres lieux (la rue) , observer les variations selon les espaces dévolus dans le square. Evoquer l'intérêt du calme...

Des inventaires :
pour aider à l'observation on peut lancer les équipes sur des inventaires
- décompter les éléments du mobilier urbain (bancs, poubelles, tables de jeux fixes...)
- évaluer le nombre d'arbres
- compter les terrasses
- compter les pelouses et évaluer leur superficie
- dénombrer les visiteurs à une heure donnée
- interroger les visiteurs sur leur motivation à visiter ou passer, leur durée de visite, leur origine et leur destination
- inventorier les métiers de la ville dans le Parc

Des relevés :
- pointer des aspects significatifs ou qui frappent l'esprit : une dégradation ici, la présence d'un animal particulier, d'un objet abandonné, un "phénomène" (pourquoi cette pelouse est sèche et abimée tandis qu'une autre est verte ? ) , les passages de piétons sur des lieux cultivés qui ont crée des chemins sauvages avec un impact sur le sol...

- le nom des rues, les écrits dans le square...


L'idée première est d'imaginer une vaste collecte d'informations permettant à la fois d'identifier certains aspects importants, de dégager des problématiques, de se poser des questions... On place les élèves en situation d'explorateurs, de chercheurs, d'enquêteurs...

- étudier un espace, c'est savoir le situer et s'y orienter

- être capable de retrouver le lieu sur le plan ou la carte à différentes échelles
- faire le lien entre l'échelle du plan et la réalité
- retrouver les lieux cités sur le plan dans la réalité
- savoir faire la carte des différents espaces du square
- aborder la problématique des différents niveaux du lieu (concevoir une maquette simplifiée du square ?)
- effectuer des relevés et des mesures (calculs de superficies, échelles...)
- s'orienter à la boussole

Dans un deuxième temps il peut être intéressant de comparer ce square à un autre, d'imaginer la conception d'un jardin (du dessin à la maquette type mini jardin ).


- dégager des approches thématiques :

 les écrits dans le square   les arbres et les plantes dans le square
 l'eau dans le square  les déchets
les activités humaines et leur impact

 

les écrits dans le square

les pancartes des rues et d'entrée du square

- observer leur forme (taille, couleur, graphie) et les informations données (nom, dates éventuelles...)
- entrée culturelle sur : "Charles Péguy" . Son oeuvre, enquêter auprès de la ville pour connaître la justification du choix de ce nom.
- recherche sur le nom des rues

Sites :
retrouver les rues sur le plan de Paris http://www.geocities.com/~proloc2/streetind/A75000/VOIE3M.html

la fabrication des rues de Paris au XIXème siècle http://www.urbanisme.equipement.gouv.fr/cdu/datas/annales/landau.htm
L'inscription des noms de rues à Paris http://www.ruavista.com/rue.htm

les pancartes dans le square
- leur vocation, leur "charte graphique"
- lien entre pancartes et plan

les écrits injonctifs officiels
- le règlement du parc [doc PDF] son contenu, son but (travail à la fois en vocabulaire, connaissance des institutions municipales et de police à Paris, écriture d'un règlement simplifié)

Rôle et limites d'un tel règlement. Comparaison avec d'autres règlements.
La police dans le parc: les gardiens (voir ici les règles précisant les pouvoirs de verbalisation). Comment la loi est-elle appliquée dans le parc ? Relevé des infractions, réflexion sur la prévention et la répression. Problème du bien commun.

On observera facilement que la faible lisibilité de ce règlement réduit son efficience en tant qu'écrit, mais que sa présence sert d'appui aux gardiens qui peuvent ainsi faire acte d'autorité. Place de la loi écrite comme référent.

Un projet de refonte de ce règlement est en cours à Paris et la population devrait être consultée. Il pourra être intéressant pour les élèves de proposer un nouveau règlement des parcs et jardins (un peu comme dans le cadre du parlement des enfants).

- le panneau des "pelouses au repos" : sa mise en forme, l'évolution de l'accès aux pelouses à Paris, la protection des plantations et semis, les pelouses "anglo-saxones".
En prolongement travaux sur les différents types de pelouses et gazons: à planter - les différentes techniques- , dans la peinture, à dessiner soi-même... Travail également sur l'hygiène à préserver de ce tapis naturel (rappel sur la présence problématique des animaux).

 

 

- le panneau de l'ouverture selon les saisons : sa justification, lien avec l'astronomie - course du soleil , heure solaire, rappel sur la rotation de la terre - , calculs sur les durées d'ouverture. Des jeux de compréhension peuvent être imaginés à partir de ce panneau.

- les écrits parasites: petite annonce accrochée à un arbre pour retrouver un animal (histoire de l'annonce, problème posé par la fixation sur une écorce)...

 

 

 

 

 

 


Observation des taggs et graffiti phénomène à la fois artistique et incivique qui s'oppose ici d'ailleurs au choix esthétique de l'artiste ayant réalisé un monument... Découverte d'un "vrai faux écrit". Ouverture possible sur le graffiti.
Découverte également des écrits anonymes (déclarations diverses d'amour etc.) et de leur regroupement (localisation précise sur le monument). Réflexion sur les intentions des auteurs, l'effet d'imitation, le respect des choix collectifs...
Ouverture possible sur les problèmes de la liberté d'expression, du droit d'affichage, du respect des biens collectifs.

 

 

- les idéogrammes : leur relevé, leur situation, leur but, leur pertinence. Prolongement sur la problématique de la signalétique dans la ville et les publics visés (non lecteurs, étrangers...).

- les logos: celui de la ville de Paris repris en différents lieux (affiches et fontaine) . Histoire du logo de la ville de Paris.

 

 

 

 


l'eau dans le square

La présence de nombreux bassins en cascade introduit l'eau comme thème décoratif du square. Elle est présente également du point de vue de l'arrosage avec installation de conduites menant l'eau aux différentes terrasses, et du point de vue de la consommation avec une fontaine d'eau potable à disposition.
D'autres jardins dans Paris (comme le Parc Georges Brassens) proposent des fontaines et bassins décoratifs avec le plus souvent des circuits d'eau en recyclage qui imposent toutefois des déperditions.

L'arrosage dans un tel type de square semble être une préoccupation significative.

Il serait intéressant de travailler ici sur le coût de l'eau ( calculer le prix de l'eau) et l'origine de cette eau (circuit de l'eau), l'impact du choix de la mise en eau des bassins sur ce coût, l'impact du choix des types de plantes. Il sera intéressant d'ouvrir sur le "pourquoi les plantes ont-elles besoin d'eau " ?

La question de l'eau, surtout en CM2 peut être évoquée également à l'échelle planétaire.

 


les arbres et les plantes dans le square
     
     


Aspects à aborder :

- l'identification des arbres et des plantes en travaillant à partir de divers indices (silhouette, tronc, écorce, feuillage, fleur...) et en apprenant au fur et à mesure à utiliser des outils documentaires (comme "Arbre quel est ton nom?" de Tavernier )
- construire un inventaire des plantes rencontrées avec schémas, dessins, photographies et rédiger des textes descriptifs précis

- distinguer les espèces "importées " et "adaptées" dans le square, repérer également celles qui ont été transformées dans leur aspect (taille...)

- observer les regroupements thématiques ou esthétiques, la position des plantes dans le paysage (bloquer un passage, donner un effet "sauvage" ou méditerranéen...)

- réaliser dans un bac (type grand bac à poisson) un mini jardin construit avec des plants, semis, décorations diverses...

- construire des jeux de reconnaissance (type rallye)

- observer un arbre, une plante et son évolution au fil des jours (photographie et textes) pour observer les diverses mutations et éventuellement l'intervention humaine

- observer une terrasse ou un espace délimité et noter également les changements (succession des floraisons etc.)

- voir également la présence et le rôle des insectes (ici présence d'abeilles par exemple).

 



les déchets

Le square présente deux grandes catégories de déchets: ceux produits par les plantes et qui ne donnent pas lieu à recyclage (dans certains cas on recycle les feuilles pour faire du compost) et par ailleurs les déchets apportés par les visiteurs. ces déchets souvent liés aux gouters d'enfants sont composés de matières parfois difficilement dégradables comportant du plastique, de l'aluminium etc.
Il sera intéressant d'informer les élèves sur la durée de vie de ces déchets.
On pourra observer le traitement des déchets dans le square (qui intervient, comment...) , évoquer les problèmes d'incivisme.
Une évaluation d ela quantité journalière moyenne de déchets produite par le square pourrait être imaginée.
Une enquête auprès des services de la ville réalisée.

 

 


les activités humaines et leur impact

qui vient au square et pour quoi faire ?
- possibilité de réaliser des interviews des professionnels du parc et de préférence sur rendez-vous. On peut mesurer l'impact en termes de coûts pour la collectivité.
- possibilité de réaliser un sondage assorti pourquoi pas d'entretien avec réalisation ensuite de graphiques.

Se promener, lire, jouer, bavarder... montrer en quoi le square joue un rôle de régulateur et de rencontre sociale malgré les nombreux interdits.

On pourra évoquer ici encore l'aspect lié à la responsabilité individuelle et collective comme la rencontre des générations et des différentes catégories sociales.

 

Les élèves peuvent être sensibilisés aux divers aspects relatifs à la valorisation du lieu et devenir force de proposition auprès des institutions afin par exemple d'améliorer la signalisation du square, d eproposer des aménagements, d'aider à la sensibilisation des plus petits...

Histoire : enquêter sur ce qu'il y avait "avant" la présence du square et l'histoire de la petite ceinture et de la ligne d echemin de fer de la Bastille. Evoquer la question des transports aujourd'hui dans le quartier.

Prolongement possible : découvrir les jardins, squares et parc dans la peinture, la poésie, les textes littéraires, les albums de littérature de jeunesse (c.f. A. Browne).


LA MISE EN OEUVRE

1 séance préparatoire : proposer le projet, organiser la sécurité de la sortie. Se placer en situation d'explorateur, de chercheur et penser déjà à la communication des découvertes en direction par exemple des plus jeunes.

2 sortie enquête : des petites équipes enquêtent sur les thèmes proposés (collecte d'informations et d'observations...)

3 séance collective : mise en commun, questionnement, stratégies de recherche et production.

Installation dans la classe d'un espace dévolu pour la collecte des documents, les affichages, les documentaires...
Mise en place dans cet espace d'un atelier de "relecture" et "correction".

4 ateliers :
Type 1 /
les élèves travaillent tous par équipes sur ce thème... cela peut être difficile à gérer.

Type 2/ dans le cadre d'un plan de travail hebdomadaire les élèves travaillent par rotation sur la semaine (un groupe "environnement", autres groupes autonomes par exemple en orthographe, mathématiques).

Ponctuellement les groupes doivent rendre compte de leurs travaux et des problèmes rencontrés lors d'échanges collectifs (temps de bilan).

Les groupes peuvent produire un affichage, une page HTML...

Individuellement : chaque élève réalise son dossier personnel qu'il enrichit des divers documents collectés par la classe, de ses propres recherches et productions, qu'il décore. Ce dossier est évalué.

Retours au square

- pour des courtes séances dont la vocation est :
* vérifier une information, l'évolution d'une plante, d'un arbre...
* observer collectivement d'un point donné le square afin d'en réaliser des croquis, de relier les diverses découvertes afin de dégager une synthèse, il s'agit de mettre en évidence le système dans lequel on se trouve.

Et s'il n'y avait pas de square ?
Et si on laissait les déchets ?

- pour dessiner
- pour écrire des textes descriptifs
- pour y écrire des textes donnant ses impressions ou d'imagination (une aventure au square) ... des textes poétiques
- pour y lire de la poésie sur les thèmes relatifs aux fleurs, arbres et jardins

Synthèse / Conclusion du projet

- présenter aux autres classes une exposition d'affiches, des pages HTML
- concevoir et proposer un rallye "découverte" à proposer en jouant les parrains auprès des plus petits.
- inviter les parents, le sprofessionnels du square, le représentant de la Mairie à un récital de chants et poésie dans le square...

- découvrir la promenade plantée et effectuer des comparaisons.

- savoir dans une fiche de synthèse dire ce qu'un tel travail a apporté et en quoi il a "transformé" la vision des choses.

 

 



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