Lorsqu'un élève pose de graves difficultés à la fois scolaires et comportementales, il convient de traiter ses difficultés en équipe. L'enseignant doit veiller à ne pas en faire une affaire personnelle. Il faut à la fois s'impliquer mais ne pas étiqueter l'enfant en particulier en termes psychologiques ou médicaux. Nous ne sommes ni psychologues, ni juges mais nous devons faire preuve de psychologie et avoir le sens de la justice. Nous devons nous donner comme objectif l'intégration, ne pas négliger l'idée de résilience.
D'une part nous devons tenir compte du vécu de l'enfant, de ses difficultés sociales ou personnelles, mais nous devons à chaque fois que c'est possible, lui donner la chance d'être un élève comme les autres.
Il faut faire le lien :
- avec les différents enseignants de la classe
- la directrice
- la psychologue scolaire
- l'assistante sociale
- les parents
- l'enfant
- dans une certaine mesure, le groupe classe
Nous ne citerons pas de cas personnel ici. Il existe plusieurs étapes, qui iront du traitement ponctuel, à un travail avec le Conseil de Cycle jusqu'à la mise en place d'une Equipe éducative, voire le cas échéant le signalement judiciaire.
Il n'existe pas en école primaire de Conseil de discipline. L'inspecteur peut aussi jouer son rôle. Cependant, latitude est laissée aux écoles d'imaginer par exemple la création d'une Commission des litiges où tous les représentants de la communauté éducative sont représentés: personnel enseignant, personnel de service, parents, délégués des élèves... Cette proposition est actuellement à l'étude dans l'école. Elle permettrait de montrer à l'élève que la communauté entière se mobilise dans le cadre d'un projet à la fois ferme et exigeant (chacun doit respecter la loi), mais aussi "constructif". On met en place un cadre pour aider l'élève à prendre un nouveau départ, se donner une nouvelle chance.
La directrice qui reçoit les élèves, note dans un registre à chaque fois qu'elle reçoit un enfant et pour quel motif.
Exemple de procédure pour un élève violent et agressif (provocations d'ordre sexuel, violence verbale et physique répétée contre enfants et adultes):
- rappel à la loi
- invitation aux victimes à se faire connaître y compris par écrit
- entretiens individuels avec l'enfant en présence de deux adultes à chaque fois de préférence
- entretiens avec la famille- mise en place d'un "Suivi quotidien": l'enfant a montré des progrès après diverses mises en demeure mais peut déraper parfois fortement. Il alterne des phases logiques de progrès et de régression. La famille a été convoquée en présence des enseignants et de la psychologue. Il a été exigé un Suivi quotidien de l'enfant.
Chaque soir après l'école la mère ou le père de l'élève doivent se présenter à la sortie des classes. Un rapide résumé de la journée est fait. Un cahier de suivi sera tenu pour y noter les progrès et les éventuels incidents. Les collègues sont invités à faire connaître ces incidents lorsqu'ils se produisent par exemple dans la cour. L'élève perçoit très vite que la communication est faite de l'école à la maison et que les adultes le suivent, s'intéressent à lui, ont des attentes fortes et des exigences.
C'est l'occasion de mobiliser les parents, de les responsabiliser, de leur proposer des pistes: vérifier ce qu'emporte l'enfant à l'école, l'état de ses cahiers, s'il a fait signer ses documents... Ici, le but premier est de communiquer.Il n'est pas exclu d'ailleurs d'inviter les parents à venir voir travailler la classe un samedi matin.L'école donne des conseils. L'assistante sociale peut enquêter afin de voir si la situation sociale et familiale de l'enfant ne le met pas en danger.
A suivre