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S'il n'existe pas une seule façon
de fonctionner en pédagogie frontale (travail magistral,
dialogue pédagogique, débats dirigés
),
nous connaissons les limites de pratiques qui ne favorisent ni
la communication, ni l'engagement de tous.
Le travail en groupes n'est pas une nouveauté. De nombreux
arguments viennent en sa faveur dont le moindre n'est pas d'apprendre
à travailler ensemble. Il peut également prendre
des formes différentes et se montrer plus ou moins efficace.
Dans certains cas, la mise en groupes des élèves
peut s'avérer " contre performante ". Comme
toute pratique pédagogique, elle mérite qu'on s'attache
à en expliciter les attendus et les modalités,
qu'on en mesure l'efficacité tant du point de vue du travail
et des connaissances construites que des relations au sein du
groupe. Un travail en groupes bien pensé dans une classe
où la coopération et la mutualisation sont valorisées
peut fédérer la classe et renforcer l'estime de
soi des élèves qui peuvent s'y exprimer dans le
respect des personnes et des diversités de compétences.
Observons le travail
en groupes de différents points de vue :
o Le maître c'est le metteur
en scène.
Si avec
André Giordan nous souhaitons que l'élève
soit acteur, n'oublions pas le rôle important du maître
qui crée ou aménage l'environnement de travail
de l'élève.
C'est lui qui choisit le moment, qui aménage l'espace
et du point de vue du travail en groupes c'est capital, c'est
lui qui organise le travail au sein des groupes.
Du point
de vue de l'espace :
o Celui-ci doit permettre
- diverses configurations / modulable
- de voir confortablement les tableaux
- d'accéder aisément aux référents
- de se regrouper pour dialoguer
- de ranger les outils de travail
Diverses
configurations existent, qui peuvent se construire " seul
dans la classe " avec ses élèves ou en partenariat
avec d'autres classes en particulier lorsqu'il s'agit de développer
une pédagogie différenciée.
On voit
ainsi le maître
o Intervenir auprès de ses élèves en difficulté
et confier les autres à un collègue.
o Intervenir auprès d'un autre groupe d'élèves
en difficulté.
o Intervenir auprès d'un groupe " décloisonné
".
o Travailler avec un petit groupe d'élèves pendant
le temps de présence du maître de la ville.
o Travailler de manière rapprochée auprès
d'un groupe d'élèves tandis que les autres sont
ateliers autonomes ou autorégulés parfois confiés
un assistant d'éducation
Travail en groupes et plan de travail ?
o Dans certaines
classes, les élèves gèrent ce rendez-vous
quotidien
- Un plan de travail individualisé avec choix de l'ordre
des activités :
o Pour chaque élève sur son temps personnel (mémoriser,
reprendre, approfondir
)
o Et/ou sur un temps balisé chaque jour de 30 à
40 minutes.
Par exemple,
le groupe de travail peut favoriser les pratiques différenciées
:
Travail
de groupe et différencié
o L'aide " massée "
- 4 séances par semaine d'au moins 35 minutes sur un objectif
donné pour un petit groupe de besoin.- La classe pendant
ce temps est plutôt sur des entraînements.
Comment
se construit le plan de travail ?
o Construit
par l'élève
- À partir des grilles d'évaluation des compétences
- Sur des demandes qu'il exprime
- Avec un libre choix de l'ordre des activités
o Construit par le maître
- À partir des évaluations
- Sur des demandes explicitées auprès de l'élève
- Avec un libre choix de l'ordre des activités
- Toujours simple sur 4 ou 5 items
Des dispositifs
divers sont possibles :
o Unité
pédagogique + activités satellites (bien connu en maternelle)
- Un groupe aidé ou dirigé (5 à 6 élèves).
- Des élèves en entraînement, en recherche,
en lecture, en écriture.
o
Le décloisonnement avec une ou d'autres classes
o Des regroupements avec
la classe jumelle
- Un grand groupe sur un temps collectif (ce groupe peut être
en pédagogie frontale ou au contraire en situation très
individualisée et autorégulée).
- Un groupe de besoin aidé par l'un des enseignants.
o le module
massé
- dispositif comme ceux imaginés par André Ouzoulias
(Macle, Medial) où pendant un temps donné plusieurs
adultes de l'école se mobilisent dans une organisation
spécifique et régulière pour aider des élèves
en difficulté.
Différentes
formes de groupes possibles :
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Formes de groupes
possibles |
Intérêt
ou vocation |
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Individuel |
o Plan
de travail, utilisation de fichiers individuels, contrat personnel |
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Duo -
binôme de niveau |
o Résoudre
à deux un problème, reformuler un récit
(manipuler du petit matériel : images, magnétophone,
document, album
)
|
|
Duo -
binôme d'entraide hétérogène |
o Réassurance
d'un élève par un autre, reprendre un travail précis,
dictée mutuelle ou lecture, explicitation mutuelle de
consigne, activité de guidage (veiller à un échange
possible selon les compétences) |
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Groupe
de besoin |
o Travaille
sur un objectif ciblé pendant une période identifiée |
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Groupe
de base |
o Constitué
par affinités, évolutif, tâches individuelles,
confrontation à des situations problèmes à
résoudre collectivement |
|
Groupe
de partage |
o Groupes
où les élèves rendent compte des résultats
d'un travail, présentent leurs productions, explicitent,
conduisent des activités métacognitives |
|
Groupe
classe |
o Culture
commune, échanges, écoute, lucidations
|
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Rencontre
entre classes |
o Présenter,
expliciter, confronter, fonder une culture scolaire commune en
découvrant que le savoir est partagé |
Quelques principes
forts :
o C'est la tâche
qui détermine le groupe (pas de " groupisme ")
o Le travail
de groupe n'est qu'un temps de la séance même s'il en est le temps fort
(il est introduit et donne lieu à conclusion).
o On peut
passer par des étapes successives :
- Réflexion en singleton
- Mise en commun à deux
- Confrontation à 4
- Synthèse en grand groupe
Que fait-on dans le
groupe ?
Il importe que les rôles soient
définis. Diverses approches sont possibles.
Les élèves peuvent se voir confier des missions
ou des rôles (y compris sous forme de petites fiches descriptives)
o Le présentateur
(métacognition,
explicitation, reformulation, copie, imitation, refaire comme,
transposer pour présenter un savoir) .
o Exemple
: votre travail est d'écrire l'histoire que vous venez
d'entendre sans rien oublier ou votre travail est de préparer
une présentation de l'expérience de sciences pour
l'autre classe.
o L'investigateur (questionnement orienté,
chercher dans différents contextes, analyser,enquêter).
o Exemple
: effectuer un inventaire puis un classement en observation réfléchie
de la langue, résoudre un problème de mathématiques,
trouver toutes les façons de nommer un personnage dans
un texte, résoudre une enigme
o Le réalisateur (mener à bien
un projet, produire un texte, fabriquer un objet)
o Exemple
: Préparer la lecture d'un album à des plus petits,
construire un objet selon un cahier des charges, écrire
aux correspondants
o L'entraîneur/
le conseiller (guider,
épauler, encourager, repérer, baliser, mutualiser)
-cousin du présentateur travaille en binôme.
o Le champion (s'entraîner,
reprendre, conforter une réussite, demander une validation
quand on se sent sûr). On peut s'entraîner seul ou
à deux pour se motiver.
o Exemple
: apprendre une leçon, s'entraîner à faire
des opérations, faire un exercice d'orthographe sur un
objectif
Des fonctionnements
peuvent être décidés dans le groupe :
o L'animateur
du groupe doit interroger chaque camarade
o Chaque
élève peut avoir une tâche à assurer ou une présentation
à faire pour ses camarades
o Un groupe
doit toujours produire quelque chose en un temps donné
Le maître encore...
doit savoir
dire ce qu'il attend en termes d'activité intellectuelle
de ses élèves
définit
ses propres modalités d'intervention dans le groupe (observer,
aider, conseiller, distribuer de l'information) et son mode de
communication (prendre part au groupe, se rapprocher des élèves,
garder de la distance etc. en fonction de ses objectifs
).
Des activités
spécifiques possibles :
o Un objectif / des tâches
différentes : les élèves choisissent ensemble
ce qui leur convient.
o Des entretiens
d'explicitations d'erreurs au sein des groupes :
- Le groupe analyse les erreurs en recherchant les raisonnements
qui ont occasionné l'erreur.
- L'élève explicite ses erreurs ou essais au maître,
à un camarade.
o Des ateliers
de correction :
- Le groupe correcteur ou le maître identifie les réussites
- Le groupe ou le maître questionne pour comprendre l'erreur
(oral ou écrit), propose des pistes, propose un atelier.
Le droit
de demander de l'aide
Le groupe
par ses interactions mais aussi de manière volontaire
doit être incité à l'entraide.
Le maître en fonction du profil des élèves
et de la classe pourra apporter :
o Des aides
en amont :
un même objet de travail avec des indices ou informations
différentes selon les besoins
o Une régulation
par aides au fil de l'eau
- Le post-it collé sur le bureau
- L'indice écrit au tableau
- L'affiche mise en évidence
o Les demandes
d'aides
- L'élève ou le groupe peut demander de l'aide
o Au maître
o Au groupe
o À la classe
- Le tout selon des formes définies plus ou moins ludiques
(téléphone rouge, roue de secours
).
Offrir de
l'aide
o Il peut
être pertinent de ne pas trop donner de consignes en début
de séance mais de se lancer puis faire le point sur les
difficultés, les méthodes
après un
premier temps balisé (10/15 min de recherche).
- Bilan d'étape.
- Identification des outils.
o L'élève
qui sait faire peut proposer son expertise.
o La classe peut apprendre à aider dans des entretiens
d'explicitation en donnant des indices, en montrant un résultat
attendu
- exemple de " la dictée réfléchie
"
o Un groupe peut fabriquer des documents ou outils mémoire
pour la classe, pour les élèves en difficulté
etc.
Des outils et des
référents pour travailler :
Leur utilisation est capitale. Il convient
que ces outils élaborés le plus souvent en classe
aient été identifiés et soient accessibles.
o Les fichiers
et les banques d'exercices
- Fichiers du commerce (peu à peu le maître apprendre
à diversifier leur usage - différenciation de l'utilisation
des exercices - on limitera l'achat des fichiers à usage
unique pour préférer ceux qui font écrire
les élèves dans leurs cahiers.)
- Exercices repérés dans les ouvrages (gestion
sur affichettes)
- Banques d'exercices fabriquées par le maître,
à partir de vieux manuels, proposées par la classe
sur des fiches qui reprennent les compétences (on peut
avoir dans la classe un tableau numéroté des compétences)
o Les affiches
de référents sur cintres
- Des référents souvent heuristiques sur affiches
qui peuvent être classées sur des cintres de couleur
et rangées en fond de classe (conjugaison en bleu, calcul
en rose
)
o Les fichiers
analogiques ou thématiques
- Produits lors des travaux de groupe :
o Par exemple
la fiche des noms d'animaux, la fiche des phrases pour questionner,
des squelettes de phrases pour écrire " à
la manière de "
o Les boîtes
à solution
- Des solutions validées d'exercices ou problèmes
à prendre avec soi pour faire, à regarder une minute
ou deux minutes avant de faire à son tour, à utiliser
en autocorrection (s'utilise en amont, en régulation,
en aval)
o Les cahiers de roulement (faire écrire les élèves)
- Tenus par toutes les personnes de la classe, maître compris
afin de voir la qualité de son écriture, le cahier
de roulement devient un référent soigné,
témoin de la mémoire collective.
Le travail
en groupes doit bien entendu permettre à l'enseignant
de se situer en termes de démarche. Les élèves
sont placés en groupe dans un but précis, pour
un temps raisonnable s'il s'agit d'une configuration qui n'est
pas le simple groupe de base.
Notons au passage que des enseignants assoient les élèves
en groupes mais peuvent très bien pratiquer une pédagogie
très frontale avec des difficultés de communication
et d'accès au tableau.
La part de l'écrit doit être également bien
définie au sein du groupe et il serait dommage qu'être
en groupes fasse moins écrire les élèves
(d'où l'intérêt souvent de recherches écrites
préalables à la mise en groupes.)
Il apparaît
aussi important que les élèves sachent expliciter
ce qu'ils ont fait en groupes, pourquoi et dans quels domaines.
Les groupes ne sauraient être figés.
Bibliographie
o Les cycles et la différenciation pédagogique
de Michel Perraudeau (Armand Colin 1997)
o Les petits groupes d'apprentissage dans la classe de J.Reid
(Beauchemin 1993)
o Faire participer l'élève à l'évaluation
de ses apprentissages Doyon et Legris (Beauchemin 1991)
à voir aussi
les ateliers en maternelle et en élémentaire http://www.prepaclasse.net/fichiers/ateliers.html
différencier l'enseignement http://www.prepaclasse.net/fichiers/differencier.html
groupes en maternelle http://www.prepaclasse.net/recommandations_fichiers/frame.htm
les exposés en classe http://www.prepaclasse.net/fichiers/expose.html
concernant
les compétences http://www.prepaclasse.net/fichiers/competences.html
et
vous ?
comment travaillez-vous en groupes ?
vos réactions et contributions
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