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le CERPE
l'épreuve de français côté "coulisses"

But de cette page : faire découvrir à celles et ceux qui ont été candidats au concours externe de professeur des écoles comment leurs copies sont corrigées et surtout permettre de glaner des conseils pour ceux qui n'auront pas la chance d'être lauréats ou ceux qui vont se présenter dans le futur avec le but de mieux réussir l'épreuve écrite d'admissibilité en français.



avant
Un concours demande une vaste organisation préalable.

Site à voir
Système d'Information et d'Aide aux Concours du 1er degré
Vous trouverez sur ce site les réponses à vos questions portant sur les concours de professeurs des écoles.

Tout d'abord, dans chaque académie, des
professeurs d'IUFM, des inspecteurs... sont sollicités pour proposer des épreuves avec leurs corrigés. Il faut choisir des documents, concevoir des questionnaires adaptés...

C'est une commission qui dans le plus grand secret a choisi le sujet parmi plusieurs.

Les services académiques ont effectué les vérifications nécessaires, l'impression des documents... Il faut parfois chasser des coquilles, être très précis, veiller au secret absolu des épreuves...

Un bon sujet doit être d'actualité, ne pas toucher une question traitée trop peu de temps auparavant et respecter un cahier des charges très précis imposé par les textes ministériels...


L'organisation des épreuves est une vaste affaire, les candidats sont souvent très nombreux mais tous ceux qui se sont inscrits ne viendront pas. La logistique est vite impressionnante.


Dès le mois de janvier, les futurs membres des jurys sont désignés par l'inspecteur d'académie: professeurs d'IUFM, professeurs du second degré, inspecteurs,
conseillers pédagogiques, directeurs d'école annexe... tous ont reçu leur convocation pour le jour J.


Avant le jour J... aucun des membres du jury ne connaît le contenu des épreuves.
Les candidats ? Ils ne les connaîtront pas, ne les verront pas... Les candidats ont composé pour l'épreuve de français pendant quatre heures maximum. Leurs copies anonymées ont été mises au secret...

Chaque copie est identifiée par un simple code chiffré.


harmoniser le jury

Le premier matin, les membres de la commission se retrouvent réunis par le coordonnateur de la commission (en général un inspecteur).

Certains d'entre eux seront correcteurs pour la première fois et trahissent la même inquiétude qu'un candidat, d'autres sont chevronnés.


La réunion commence par la constitution des membres des commissions en " doublettes" ou "binômes" puisque chaque copie bénéficie d'une double correction.
Il s'agit à chaque fois d'associer un spécialiste, professeur de lettres (IUFM et secondaire) avec un spécialiste issu du terrain (inspecteur, conseiller pédagogique, directeur d'école d'application...). l'idée est en quelque sorte d'assurer la parité entre la théorie et la pratique, l'IUFM et l'inspection académique...même si au sein par exemple des profs se trouvent des didacticiens qui connaissent très bien le terrain et au sein des acteurs du terrain des spécialistes de la discipline.

Le jury découvre comme les candidats l'ont fait plusieurs jours auparavant le texte des épreuves. Il est accompagné d'un corrigé type et d'une grille d'harmonisation du barème.

Des échanges ont lieu afin d'éclaircir des points théoriques, de critiquer certains aspects de l'épreuve afin de moduler les exigences que l'on pourra avoir vis à vis des candidats.
Si tel point semble un peu délicat le jury sera moins exigeant, en revanche lorsqu'il y a unanimité sur certains incontournables, on sait que l'on exigera de tous les candidats qu'ils explicitent ces notions...


En illustration des réponses possibles quelques copies sont lues et commentées... autrement dit, le groupe des correcteurs s'est vraiment mis d'accord... mais attention, il ne s'agit pas d'un examen mais bel et bien d'un concours ! ce sont donc forcément les meilleurs qui seront favorisés et pas seulement ceux qui auront eu les bonnes idées. La formulation, les articulations, l'orthographe... tout cela va compter !

Une fois ces points évoqués... mais il faut prendre en compte les modalités techniques.
Les corrections se feront sur place. Chaque correcteur sera responsable de son paquet de copies et à chaque demi journée, les remises et dépôts de copies se feront sous signature et contrôle précis.

Chaque copie sera donc corrigée deux fois et les binômes comme la commission devront s'harmoniser pour déterminer la note finale. Afin de s'accorder, nombre de binômes commencent par corriger deux copies à confronter afin de mesurer leur approche... C'est dire qu'aucun candidat ne doit souffrir de "l'humeur" d'un correcteur et que chaque correcteur doit argumenter la note qu'il propose.

la correction

Chaque correcteur planche. Il n'est pas question d'écrire sur les copies pour ne pas influencer réciproquement l'autre correcteur. Très souvent, au début de la correction, il faut revenir sur les textes, s'appuyer sur le barème...

la première impression
Faut-il le dire encore ? la présentation et l'écriture de la copie d'un futur enseignant des écoles compte et même compte doublement !
1) le lecteur doit être aidé par votre mise en page et une écriture lisible (d'autant plus qu'il va lire 40 à 90 copies...).
2) le jury parmi lequel se trouvent des acteurs du terrain, sait combien l'écriture du maître compte pour ses élèves à la fois parce qu'elle peut aider à la prise de repères et à la structuration et aussi parce que le maître conserve une fonction de modèle. Certes, ce n'est pas l'écriture qui est jugée, mais si l'écart entre votre écriture et celle que l'on espère d'un futur maître est trop grand, vous risquez de ne pas rencontrer l'indulgence du jury.
Une écriture trop grosse, qui mélange différents types de caractères, qui manque de régularité... tout cela risque de vous pénaliser. Le soin que vous apporterez à votre copie et sa présentation est un peu le même que celui que vous apporterez à votre tenue vestimentaire le jour de l'oral. Certes, c'est très conventionnel, mais le but est ici d'aider votre correcteur à entrer facilement dans votre production.
Il ne s'agit pas non plus de lui présenter un devoir qui ressemblerait à une copie d'enfant de CE2 avec trop de couleurs, des soulignements partout etc. C'est le fond qui compte. Attention, le fait d'entrer dans le monde scolaire ne doit pas vous placer dans une attitude scolaire mais témoigner d'une réflexion professionnelle, d'une structuration de la pensée bien assise sur des connaissances d'actualité, précises, de bon sens, nourries de lectures professionnelles... mais votre copie ne doit pas non plus chercher à "jargonner"...
Une bonne orthographe est de rigueur. Celle ci est notée. Prévoyez toujours dix minutes de relecture... Certains candidats perdent jusqu'à cinq points pour des simples accords oubliés...
Vos phrases peuvent être courtes. Veillez aux articulations, aux enchaînements logiques...
L'usage répandu du traitement de textes fait que nous perdons l'habitude d'écrire plusieurs pages d'affilée. Entraînez-vous à cela, y compris pour tenter de maintenir une écriture régulière au long de votre travail.

la synthèse son introduction, le développement, la conclusion
C'est probablement un exercice assez difficile. Certains professeurs préconisent même de ne pas commencer par la synthèse mais plutôt par l'analyse de document pédagogique ou des productions de l'élève. Cela se défend, même si, comme ce fut le cas en 2004 à Paris, un fil conducteur évident traversait les différentes parties de l'épreuve. Les documents de la synthèse pouvaient en partie éclairer les réflexions qui viendraient ensuite...
En ce qui concerne la synthèse, deux ou trois choses sont à garder à l'esprit.
Premièrement, une bonne introduction, qui annonce clairement la problématique, outre le fait qu'elle va vous vous aider à rédiger le corps de la synthèse, c'est une manière assez facile de bien démarrer en gagnant des points.
Lorsque vous rédigez la synthèse des documents, il vous faut absolument éviter la tentation trop fréquente de la succession de résumés. Évitez également la succession de citations où la paraphrase. La lecture des synthèses a montré la tentation chez les candidats de chercher les oppositions entre les différents auteurs et documents. En réalité, surtout dans le sujet qui était proposé cette année à Paris, c'étaient surtout les convergences qui étaient intéressantes.
Prenez bien le temps de lire les documents, car des contresens sont souvent apparus. Dans certains cas, on pouvait penser que le souci des candidats de vouloir opposer les auteurs entre eux a même contribué à accentuer ces contresens.
Enfin la synthèse n'est pas le lieu de polémique, encore moins l'espace où vous devez relayer les lieux communs diffusés sur les grands médias.
Il n'est pas question de venir donner votre point de vue personnel et pourtant en particulier dans la conclusion, si vous décidez d'en écrire une, assez brève, vous pouvez en quelque sorte témoigner d'un questionnement ouvert.
Les meilleures synthèses sont celles où les candidats réussissent à faire dialoguer les textes entre eux, a relier comme dans une mise en réseau, les point de vue des auteurs. Des synthèses très pertinentes ont été écrites en moins de deux pages.

l'analyse de production d'élève
L'analyse de la production d'un élève est également difficile. On ne vous demande pas d'établir une correction "négative", un relevé systématique de toutes les fautes. Il faut d'abord bien se centrer sur le sujet de la question. Par exemple, en 2004 à Paris, il s'agissait d'analyser les qualités et les erreurs d'une copie d'élève du point de vue de la ponctuation et de la mise en page. L'orthographe lexicale, le respect strict de la consigne ou même le contenu ou le style de la production n'étaient pas l'objet de la réflexion. Bien entendu, des liens devaient être faits avec le contexte dans lequel l'élève avait été placé. Il s'agit dans un tel type de travail, de se montrer capable de repérer dans la production de l'élève, ce qui témoigne d'un savoir en construction. L'erreur, qui n'est pas une faute est parlante. Elle soulève un problème qui peut tout aussi bien venir d' un obstacle ou d'un conflit d'ordre cognitif, ou de ce que l'on appellera un manque notionnel. Ce manque notionnel peut-être tout à fait normal compte-tenu de l'âge de l'élève ou au contraire questionner et inciter à proposer de nouvelles réponses didactiques.
L'analyse de la production d'un élève, c'est l'occasion de s'inscrire dans la loi d'orientation de 1989 qui reste aujourd'hui valable : l'élève est au centre de nos préoccupations. Le premier examen qui doit être fait de cette copie d'élève, c'est déjà un diagnostic professionnel et non pas psychologique ou simplement critique. Cette analyse invite le futur enseignant que vous souhaitez devenir à s'interroger, rechercher des réponses en s'appuyant à la fois sur les textes officiels et ses premières connaissances théoriques.
Dans ce type d'exercice, la difficulté est de se montrer capable d'une analyse fine mais aussi de prendre du recul. Les meilleures copies ont été celles qui ont su pointer des éléments pour en faire la synthèse et envisager ensuite des pistes pédagogiques (y compris différenciées).

l'analyse de document pédagogique.
L'exercice n'est pas le plus facile. À Paris en 2004, il s'agissait de comparer deux approches différentes d'un même sujet, pour un même niveau dans des manuels différents. Beaucoup de candidats ont cru qu'il s'agissait d'argumenter pour opposer l'un à l'autre et même tenter de définir entre les deux lequel pouvait être "le bon".
C'est probablement dans cette partie, que le jargon pédagogique a fusé. Si vous employez des termes savants, il faut être capable de toujours témoigner de bon sens et bien s'assurer de la pertinence de ses affirmations.
Peu de candidats ont cité à cet égard les textes officiels et les compétences relatives à la maîtrise de la langue. Cela a un peu manqué.

et après ?
Chaque "doublette" confronte sa correction et harmonise la notation. Le plus souvent, l'écart est faible, parfois il faut relire la copie.
En cas de note éliminatoire (5) de nombreuses académies demandent la rédaction d'un rapport qui permettra au candidat de comprendre en quoi il a rencontré des problèmes:
- pas de synthèse mais suite de résumés
- maîtrise de la langue très insuffisante
- erreurs, graves et contresens dans la lecture et l'analyse des documents...
Telles ont pu être les plus graves des erreurs rencontrées. Il s'agit visiblement le plus souvent de candidats qui n'ont pas bénéficié d'éléments de formation et d'information. Il faut rappeler qu'il s'agit bien d'un concours professionnel.

Si la part de "chance" relative au sujet ou à la qualité des autres candidats peut jouer... l'épreuve écrite de français peut avec du travail être réussie même par des candidats non littéraires.

 

et vous ?
comment avez-vous vécu le concours ?
racontez-nous vos expériences, faites- part de votre témoignage...

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