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une
lectrice nous écrit...
bonjour, je suis instit de
maternelle depuis 20 ans et mere de 2 garçons. Dans mon
école (5 classes), les fetes rythment l'année,
et sont un formidable repére pour les enfants;
On y consacre qq activités
sans exagerer. Il me parait indispensable de les garder , surtout
dans cette période d'incertitude...
Nous sommes situés dans
un village ( banlieue de montpellier ), ici les familles sont
trés présentes, les parents disponibles, les divorces
ne sont pas majoritaires, bcp de grands parents aussi, une vraie
vie de famille et une vraie vie de village, et une certaine qualité
de vie.
Le niveau socio culturel est
moyen et diversifié.
A Noel les parents apportent
des gateaux, puis on fait des crepes pour mardi gras, on se déguise
pour carnaval, on dessine des poules et des oeufs à Paques,
pour la fete des meres une petite carte avec un poeme, et enfin
la fete de fin d'année...pour le jeune enfant, ces dates
lui permettent de se reperer dans l'année.
Je dis à mes grands
: l'an prochain, à Noel, vous aurez appris à lire
au cp, ça les motive ! alors que les notions de semaines
et de mois sont tres longues à acquérir.
Je n'envisage pas une programmation
à l'année sans tenir compte de la réalité
sociale, du vécu de l'enfant au sein de sa famille et
de la societe qui l'entoure.
Et les apprentissages qui en
découlent sont tjs tres appréciés : on en
parle à la maison, on admire les productions, les parents
retrouvent leur souvenir d'enfant. Quelle mère n'a pas
"craqué" devant son petit bout lui récitant
" maman je t'aime gros comme un éléphant"
! Alors par pitié laissez nous savourer ensemble ces petits
moments de bonheur partagé !
un autre point de vue
....
Bonjour,
C'est en cherchant des "idées" de réalisation
en arts plastiques pour le fête des "parents"
que j'ai lu votre article qui m'a interpellé.
Premièrement,au début de ma carrière , je
n'avais pas envie de passer du temps pour un cadeau parfois hideux
en tout cas jamais totalement réussi. Deuxièmement,
je ne savais pas comment j'allais gérer le problème
des familles recomposées. Enfin, je n'avais pas lu la
moindre allusion à la fête des mères dans
les programmes.
Mais sous la pression des enfants et aussi celle de la "tradition"
des écoles où j'ai enseigné, j'ai mis en
place un projet d'écriture de poème à cette
occasion.
Puis je me suis mariée à un enseignant qui m'a
fait remarqué que l'on oubliait la fête des pères.
Et, comme nous sommes pour une équité sans faille
entre l'homme et la femme, après avoir opté pour
une année à l'écriture de deux poèmes
distincts, j'ai transformé mon projet en "poème
pour les parents" . Chaque enfant peut alors s'exprimer
comme il l'entend sans forcément dévoiler ce qu'il
ressent profondément pour ses parents.D'ailleurs, en général,
les poèmes restent assez neutres.
Ainsi, je pense avoir trouver un bon compris entre le programme
à respecter, l'équité entre homme et femme,
les familles recomposées, la tradition des écoles.
Toutefois, il n'élude pas le problème des enfants
qui ne vivent plus avec leurs parents et parfois même qui
ne les cotoient plus du tout...
Christelle d*enseignante en cycle 3.
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ce courrier me
permet de préciser le sens de ma pensée ...
Bienvenue au
club des anciens ;-)
L'incertitude se mesure
comment ? L'Histoire nous a montré que l'incertitude et
l'inquiétude ont souvent été là !
Si "les fêtes rythment l'année", encore
faut-il distinguer ce qui relève me semble-t-il des fêtes
"sociales" des fêtes religieuses qui sont nombreuses...
Il existe une différence entre la fête de la musique,
un carnaval local et la fête du village avec sa procession
religieuse ou Noël. Il exite une différence entre
une fête nationale et républicaine et un évènement
relié à une croyance ou à une tradition.
N'oublions pas que certaines familles par conviction religieuse
ou personnelle ne souhaitent pas fêter certains évènements
et peuvent même s'y opposer au point de retirer leur enfant
de l'école au moment d'une fête "dite"
de Noêl...
Par ailleurs, on peut distinguer ce qui est le répérage
dans le calendrier d'un évènement et la participation
de l'école à celui-ci.
L'école n'ignore pas Noël, elle peut puisqu'il existe
une dimension profane à cette fête proposer un temps
festif... mais il ne s'agirait pas pour autant d'y enseigner
des chants religieux ou d'y promouvoir des croyances.
Par exemple, nous n'avons
pas à intervenir ne serait-ce que dans la croyance ou
non dans le Père Noël, nous devons au contraire dans
la stricte neutralité permettre aux élèves
même très jeunes de découvrir qu'il y a celui
"qui croit" et celui qui "n'y croit pas"
et que certains fêtent Noël et d'autres pas...ou d'autres...pas
à la même date !
Ayant vécu à
la campagne comme à la ville, je confirme qu'on peut vivre
à la ville et être très présent, que
le divorce n'est ni négatif, ni positif (il est autorisé
par la Loi, nous n'avons pas à juger et ses effets sur
la scolarité sont plus nuancés qu'on l'admet généralement)...
"Une vraie vie de village", peut aussi se traduire
par une pression sociale forte qui ne permet pas aux individus
de s'émanciper de leur destin.
Il me paraît vain de chercher à opposer un modèle
familial à un autre, un mode de vie à un autre...
Les médias, nos échanges en salle des maîtres
tendent souvent à porter un jugement qu'il soit à
propos des "familles recomposées", de papas
qui élèvent seuls leurs enfants etc.
Nous oublions par exemple que la maltraitance peut très
bien être présente au sein d'une famille "ordinaire"
et aisée.
"Une vraie vie de famille" me parait heureusement impossible
à définir. Il faut se méfier des normes.
En revanche, l'école publique si elle doit être
attentive aux besoins locaux, doit veiller à l'équité
sur tout le territoire et cela ne peut se faire qu'en dépassant
toutes considérations sur les familles et leur mode supposé
de vie.
Du point de vue de la construction du temps, les repères
qui se construisent en maternelle sont surtout ceux du quotidien,
de l'immédiat.
L'école laïque n'a pas pour vocation d'ignorer
la réalité sociale, mais elle vient au contraire
rappeler que la République offre un cadre où chacun
est libre de choisir ou non d'avoir ou non ses croyances...
A nous d'exercer avec exigence une éthique précise
et rigoureuse qui préservera l'école des tensions
sociales et fera que le petit musulman, le petit juif le petit
chrétien ou le petit athée, se sentiront pleinement
reconnus et acceptés non pas en tant que représentants
d'une communauté mais en tant que futurs citoyens.
On peut bien entendu admirer
diverses productions... même si les humoristes ont souvent
caricaturé non sans raison les productions stéréotypées
où la main de l'adulte était souvent venue se substituer
à la maladresse enfantine...
Au demeurant, quand j'étais petit garçon, l'école
ne m'a jamais prié de produire un objet ou une lettre
pour ma mère... mais je ne me privais pas au sein de la
famille d'écrire des textes ou de produire des objets...
mais cela relève de la sphère privée.
La rigueur apparente de
mon propos ne préjuge pas de la qualité des apprentissages...
mais propose à chacun de questionner sa pratique pour
véritablement s'assurer qu'il ne vient pas favoriser au
sein de l'école une croyance plutôt qu'une autre
et surtout qu'il ne vient pas sur un mode apparemment anodin
interférer sur le mode intrusif dans la sphère
privée.
Bien cordialement.
VB
Au demeurant toute tradition peut évoluer... Le projet
d'écriture que vous menez est très intéressant...
Il peut d'ailleurs s'imaginer en direction d'une personne que
l'on apprécie... en mesurant toutefois la difficulté
dans la cadre d'un apprentissage d'évaluer de manière
normative l'expression de sentiments personnels.
Où l'on voit effectivement qu'il subsiste une ambiguité,
un risque, qui militerait en faveur soit d'un simple rappel de
l'évènement sur le calendrier, soit en la proposition
faite aux élèves qui le souhaiteraient de réaliser
ou non, le plus librement possible, une production qui ne ferait
pas l'objet d'une évaluation...
Qui disait.."dans le doute abstiens-toi ? "
Cordialement
VB |