Stages, Conseils pédagogiques
mercredi 1 janvier 2003
 

 Orthographe quel usage de la dictée ?



voir également le dossier sur la Dictée

Orthographe quel usage de la dictée ?

propositions à partir d'observations menées en classe de CM1

 Les visites sur le terrain nous conduisent très souvent à observer
de l'Orthographe et en réalité assez peu souvent des dictées. En effet, les stagiaires qui reçoivent des visites se prêtent peu à cet exercice à la fois décrié ou plébiscité de façon souvent aussi injuste dans les deux cas.

Nous ne reviendrons pas sur les débats mais vous invitons simplement à vous tourner vers les nombreux travaux de Nina Catach qui a mis en évidence la construction en "pluri-système" de la langue française.

Après une rapide description de la séquence vue, nous proposerons des pistes et des prolongements qui ne constituent pas des recettes mais s'intègrent dans une démarche que l'on espère cohérente !


CYCLE 3 CM1
 Observations  Commentaires

 ObservationsNous allons faire une dictée propose la maîtresse.

 

 

 

 

 

 

 

Vous écrirez le texte sur une feuille de classeur en sautant des lignes.

 


 

.


La maîtresse va d'abord lire le texte en entier.

Texte dicté :
Une aventure africaine.
Le camion approche. On voit quelque chose sur la piste. C'est un lion. Couché, la tête fièrement relevée, il regarde venir le véhicule et ne bouge pas.

Il faut stopper à une dizaine de mètres.
Les secondes passent et semblent des heures.
Enfin, le lion s elève, s'étire, baille, puis d'un air intéressé secoue sa belle crinière fauve et s edirige vers le véhicule.
Le chauffeur, crispé sur le volant, démarre aussitôt. Le lion s'écarte puis se met à courir à côté du camion.

La maîtresse dicte mais néglige parfois de lire par groupes de souffle ce qui pose quelques problèmes.
Elle relit cependant plusieurs fois les phrases et réduit à la dictée la longueur d'un texte plus long que celui cité plus haut.

Je vais maintenant vous demander de corriger vos fautes.
Qu'est-ce qu'il nous faut ?


Malgré la très bonne volonté des élèves, le manque de méthode ne leur permet pas de réduire considérablement le nombre d'erreurs.
Certains vont même faire des confusions lorsque le verbe est donné à l'infinitif dans le dictionnaire alors qu'il s'agit d'un participe passé dans le texte.

 

On termine l'activité sans réelle conclusion: quelles ont été les difficultés ? quel travail suivra ?


 

 

 

 

 

 Les réactions sont nombreuses et inquiètes car les enfants ont l'habitude de faire des dictées préparées.
Ces préparations consistent visiblement dans cette classe à mémoriser une série de mots.
Le fait est qu'au cours moyen une mémorisation de mots qui ne s'accompagne pas d'une réflexion préalable sur la langue (famille de mots, types de mots, examen des fréquences phonologiques...) est "un peu courte". On risque même d'avoir ici une conception du mot seulement idéographique.
Le mot ne sera pas fixé sur la durée et lors de la restitution l'élève focalisera sur les mots appris négligeant souvent la question des accords ou d'autres mots appris antérieurement.

S'il est pertinent de travailler sur une feuille de classeur qui peut faciliter les manipulations ultérieures, la "coutume" qui veut que l'on fasse sauter des lignes aux élèves en vue de la correction ultérieure me paraît une fausse bonne idée.
En effet, nous attendons des élèves qu'ils construisent des textes qui respectent la construction en paragraphes et d'autre part, il me semble que la relecture de l'élève est nettement facilitée si le texte est présenté dans sa cohérence.
Je conseille pour les corrections de les faire "face à face" sur l'autre page du cahier (j'ai même vu que certains collègues font écrire les droitiers à droite, réservant la page de gauche pour corriger)

Les élèves voudraient savoir si la dictée sera notée (puisque c'est pour eux encore le seul exercice où l'on perd des points au lieu de pouvoir en gagner comme Daniel Pennac le rappelle quelque part).
Il est pertinent bien entendu de lire le texte en entier et même de laisser les élèves poser des questions sur le sens général du texte ou le sens particulier de mots qu'ils n'auraient pas bien saisi.
Il ne serait pas inutile non plus de donner les références de l'auteur et de laisser entendre aux élèves pourquoi ce texte a été choisi (évaluer nos connaissances, en rapport avec d'autres activités, pour s'intéresser à un problème orthographique particulier ?)

Le texte est extrait du livre de B . Pothier [RETZ] Les fautes de l'Orthographe à l'école.
Sans vouloir fâcher son auteur puis-je rappeler que je préfère le terme d'erreur à celui de faute ?


 

 


Les élèves acceptent vite le projet et s'emparent des dictionnaires. ils proposent aussi d'utiliser le Bescherelle.

Certains vont travailler en équipe avec leur voisin, voire échanger des informations avec leurs camarades (sans d'ailleurs que la validation soit faite par la preuve...).

Les élèves corrigent le plus souvent "en vert" (cette correction a-t-elle le même niveau que la correction finale ?).
Il manque ici deux points importants :
- faire préciser aux élèves le projet : aboutir à une dictée "sans faute" ou avec le moins d'erreurs possibles.

- se donner une méthodologie de travail : seul, en équipe, temps pour le travail
et surtout quels points peuvent poser problème ?



 Quelques propositions :

Sans avoir relevé avec précision toutes les erreurs, voici en gras, les mots ou parties qui ont souvent été mal écrits:

Une aventure africaine.
Le camion approche. On voit quelque chose sur la piste. C'est un lion. Couché, la tête fièrement relevée, il regarde venir le véhicule et ne bouge pas.

Il faut stopper à une dizaine de mètres.
Les secondes passent et semblent des heures.
Enfin, le lion se lève, s'étire, baille, puis d'un air intéressé secoue sa belle crinière fauve et se dirige vers le véhicule.
Le chauffeur, crispé sur le volant, démarre aussitôt. Le lion s'écarte puis se met à courir à côté du camion.

Comment organiser la correction ?
Avant le choix des outils et selon le vécu de la classe, on peut construire avec les élèves une grille de relecture qui servira également à l'évaluation:
exemple possible


- Je vérifie les majuscules et les points (certains élèves en placent au milieu des phrases).
- Je vérifie les verbes et l'accord avec le sujet
- Je vérifie les accords des participes passés employés comme adjectifs
- Je vérifie les mots invariables
- Je vérifie l'orthographe des mots (sons, doubles lettres...)
Pour chaque "vérification" on peut préciser de quel outil on aura besoin et évaluer le temps nécessaire.

Par exemple, pour les majuscules, peut-être revoir la règle dans le référentiel, pour les verbes le dictionnaire de conjugaison, pour les mots le dictionnaire ou un autre référentiel de la classe...

Il faudra s'accorder sur la façon de corriger. Par exemple en écrivant le mot en entier,avec son sujet si c'est un verbe etc.
Il serait pertinent de demander également aux élèves de noter à leur avis, combien d'erreurs ils ont pu rectifier grâce à ces relectures.

Dans une étape qui pourra avoir lieu le lendemain, et cette fois, au stylo vert, on pourra demander aux élèves :
- de corriger les dernières erreurs
- de pointer sur la grille de correction leurs réussites et leurs difficultés
La maîtresse pourra donner "un bonus de points" pour valoriser cette correction.

Prolongements :

- ils peuvent être divers :
La maîtresse comme les élèves peuvent dégager des priorités (il est possible de gérer une grille récapitulative).
Par exemple, si plusieurs élèves éprouvent encore des difficultés avec les majuscules prévoir un atelier spécifique.
Si certains mots comme "africaine" ou "véhicule" ont posé des difficultés légitimes, on pourra imaginer des ateliers rapides sur les fréquences de sons, recourrant aux familles de mots etc.
Ces ateliers peuvent être proposés en différencié puisque le niveau de la classe est hétérogène ou si certaines erreurs se retrouvent chez la majorité des élèves, on les traitera en grand groupe.
Un exercice d'évaluation suivra.

Autres types d'activités
- pour mémoire :
je propose souvent "la dictée réfléchie" où l'élève va après la dictée souligner au crayon dans le texte les mots où il doute. Le travail ensuite consiste à échanger dans la classe en se posant des questions et donnant des indices (sans livrer la solution de manière brute). Les élèves savent très bien le faire.
On peut également faire des dictées partielles autour d'objectifs spécifiques.
Les reconstitutions de texte à usage orthographique sont intéressantes si on prend le temps d'observer la grammaire du texte, la construction ou les phénomènes particuliers.
Je propose souvent des situations problèmes orthographiques (jeux de labirynthes, closure...) qui contraignent à se poser des questions et mener des observations fines de la langue.




mercredi 18 septembre 2002

 Le stage en responsabilité : un moment important, quelques conseils et consignes Observations de séquences conduites en stage en responsabilité (tous niveaux) 

Grammaire au CM1



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