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à voir :
la fiche guide pratique sur le redoublement
La loi d'orientation
de 1989 ne parlait pas stricto sensu de redoublement mais de
prolongement ou de raccourcissement du cycle.
Nombre d'études ont démontré les risques
que peuvent faire encourir un redoublement "brut",
mesure unilatérale qui ne prendrait pas en compte le parcours
de l'élève et sa relation au savoir. Autrement
dit, pour progresser, il ne suffit pas de refaire à l'identique
et la part d'estime de soi de l'élève est souvent
très altérée par la "mise en redoublement"
créant un handicap supplémentaire pour ses progrès
futurs.
La loi de 2005 et plus
particulièrement le B.O. du 1er septembre 2005 introduisent de nouveau le terme de redoublement,
en l'assortissant toutefois d'un ensemble d'obligations particulièrement
précises en termes de continuité pédagogique,
de projet personnalisé pour l'élève. Le
tout s'inscrit dans la perspective d'une éducation concertée
avec les parents.
Le retour du redoublement
pourrait sembler un recul et il n'est pas sans ambiguité
de se situer de nouveau dans un échéancier où
l'année scolaire ponctue le parcours de
l'élève.
Mais l'idée de cycle est doublement renforcée:
on ne redouble pas sans projet personnel, le projet d'école
doit veiller aux continuités dans le cycle.
Terminologie en strates :
Nommé en 1990 dans une école annexe, j'ai pu découvrir
que subsistait le recours à l'antique terminologie encore
en usage dans quelques écoles privées : onzième,
dixième, huitième... On sait que dans certains
pays, les classes se numérotent dans l'ordre inverse.
Ailleurs, on parle de cours préparatoire, de cours élémentaire
etc. A cette terminologie déjà plus englobante,
se substitue de plus en plus souvent dans les écoles celle
des cycles (des apprentissages premiers, fondamentaux, approfondissements).
Dans certaines écoles, il existe des classes de cycle
où l'on dira par exemple "première année
du cycle 3". Il ne s'agit pas simplement de manie relative
au vocabulaire. Il s'agit effectivement d'une manière
différente d'approcher la pédagogie et le parcours
de l'élève.
Au
demeurant, l'institution a déjà tranché
en mettant en place dès la loi d'orientation de 1989,
la pédagogie par cycles.
La loi de 2005 ne revient pas sur ce choix. Le BO du 1er septembre
2005 lui donne même une assise supplémentaire en
insistant :"Le projet d'école
définit les modalités particulières de mise
en œuvre des objectifs et des programmes nationaux ; il
précise pour chaque cycle les actions pédagogiques
qui y concourent ainsi que les voies et moyens mis en œuvre
pour assurer la réussite de tous les élèves
et pour associer les parents (ou le représentant légal)
à cette fin. Il organise la continuité éducative
avec les activités proposées aux élèves
en dehors du temps scolaire, notamment dans le cadre des dispositifs
de réussite éducative."
On lit encore
: "Le maître
de la classe est responsable de l'évaluation régulière
des acquis des élèves. Les parents ou le représentant
légal sont tenus périodiquement informés
des résultats et de la situation scolaires de leur enfant.
Dès que des difficultés apparaissent, un dialogue
est engagé avec eux."
Rappel double
du rôle du maître, de l'évaluation, de la
nécessité d'informer les familles et de réagir
sans attendre.
Mais le maître n'est pas isolé :
"Au
terme de chaque année scolaire, le conseil des maîtres
se prononce sur les conditions dans lesquelles se poursuit la
scolarité de chaque élève, en recherchant
les conditions optimales de continuité des apprentissages,
en particulier au sein de chaque cycle. "
Il s'agit bien
d'une décision du conseil des maîtres qui doit rechercher
les meilleures adaptations pédagogiques en se situant
dans la perspective du cycle. L'injonction est double: agir dès
que des difficultés se présentent, mais agir dans
la continuité, sur le temps.
La circulaire précise encore ce point fondamental :
"Lorsqu'un
redoublement est décidé et afin d'en assurer l'efficacité
pédagogique, un programme personnalisé de réussite
éducative est mis en place.
Durant sa scolarité primaire, un élève ne
peut redoubler ou sauter qu'une seule classe. Dans des cas particuliers,
et après avis de l'inspecteur chargé de la circonscription
du premier degré, un second redoublement ou un second
saut de classe peuvent être décidés.”
Des voies de recours
seront mises en place (mise en oeuvre effective du dispositif
à la rentrée 2006).
Quel regard porter sur
le parcours d'un élève ?
Ce parcours est fait
à la fois de rendez-vous obligatoires mais se veut également
souple.
Premièrement, la scolarisation avant l'âge de six
ans reste facultative et l'élève n'est pas encore
soumis à l'obligation scolaire.
Les taux de scolarisation varient En 2003, on estime que moins
de 30% des élèves étaient scolarisés
dès l'âge de deux ans. La situation est assez contrastée
selon les régions. En général toutefois,
une famille qui veut scolariser un enfant atteignant les trois
ans au 31 décembre de son année de rentrée
à l'école pourra le faire. Ce sont, il faut le
rappeler, les maires qui inscrivent les enfants en fonction des
capacités d'accueil.
L'enfant pourra ainsi
être accueilli en petite section de maternelle appelée
parfois très petite section dans le cycle des apprentissages
premiers.
Ce cycle concerne également les enfants de trois ans,
les enfants de quatre ans. Les quatre ans fréquentent
toujours le même cycle mais se trouvent cette fois en classe
dite de moyenne section. La petite et moyenne section font partie
du même cycle. S'il existe des évaluations, le souci
souvent à titre préventif, de mettre en place des
stratégies pour aider les élèves qui rencontreraient
des difficultés particulières, il n'est pas
prévu de redoubler ou d'être maintenu en cycle 1.
C'est en fonction de leur âge que les élèves
sont répartis dans les classes qui peuvent d'ailleurs
être utilement "mufti - âges" (bénéfice
évident pour le langage).
La grande section est la première
classe du cycle 2.
Ce cycle est celui des apprentissages fondamentaux et réunit
donc trois classes : la grande section de l'école maternelle,
le cours préparatoire, le cours élémentaire
première année.
C'est ici que les choses
se compliquent quelque peu. La première année du
cycle 2 appartenant toujours à l'école maternelle,
laquelle reste facultative ne peut faire l'objet de ce que l'on
appellerait un redoublement ou un maintien. Les maintiens en
école maternelle sont rares et relèvent d'une proposition
de la CCPE (structure appelée à disparaître
mais qui se verra certainement substituer par un nouvel organisme).
cette proposition peut être refusée par les familles
puisque la scolarisation en élémentaire à
l'âge de six ans est un droit et une obligation.
A noter: certains élèves
de maternelle peuvent atteindre six ans en maternelle, ils sont
alors soumis à l'obligation scolaire (fréquentation
contrôlée).
Bien entendu, souvent
à l'instigation des parents, dès la moyenne section,
les conseils des maîtres de cycle 1 et 2 pourront étudier
une proposition de passage anticipé à l'école
élémentaire.
Dans l'absolu, les passages anticipés en élémentaire
n'ont plus lieu d'être : en effet, l'entrée en cycle
2 dès la grande section doit permettre à l'enfant
lecteur de " trouver son compte ", autrement dit de
recevoir un enseignement adapté à ses besoins si
un très jeune enfant se retrouve en deuxième année
de cycle 2 (C.P.) il faut qu'il soit déjà "
bien outillé " et mûr pour être certain
qu'il s'adaptera au mieux à l'école élémentaire.
Il faut rappeler aux familles que plusieurs pays dont les "performances
scolaires" sont souvent meilleures que celles de la France
savent prendre leur temps et ne cherchent pas à raccourcir
le parcours des élèves. A nous de favoriser une
culture où la compétition ne sera pas la valeur
première, car cette compétition ne peut que focaliser
sur certains apprentissages au déficit d'autres.
Des outils d'évaluation
nationale existent :
ils permettent de se donner des arguments objectifs face aux
familles.
Le cycle des apprentissages
fondamentaux va pouvoir durer trois ans, deux ans ou quatre ans
selon les besoins et compétences des élèves
. En principe, si l'on conçoit dans certains cas un passage
immédiat de la grande section au CE1 voire de CP en CE2
(première année de cycle 3), il n'apparaît
pas très logique de prolonger le cycle " dans le
cycle ", c'est à dire en CP.
Toutes les études
témoignent du très grand risque qui existe à
" doubler " le CP. Cependant
des cas très exceptionnels peuvent se présenter
: élève non francophone, élève ayant
rencontré des difficultés personnelles, familiales
ou de santé particulières
Dans
tous les cas, si l'on envisage un maintien " en cours de
cycle ", cela doit se faire à trois conditions :
- accord du conseil des maîtres du cycle
- mise en place d'un projet personnalisé pour l'élève
qui évite le risque du " redoublement à l'identique
" et engage l'équipe enseignante voire le RASED
- accord " contractuel " avec la famille qui doit bien
mesurer les enjeux.
Les textes en effet nous
imposent de ne pas maintenir plus d'un an l'enfant dans le cycle.
De même, tout enfant âgé de 12 ans devra rejoindre
le collège. Il n'est donc pas question de voir l'élève
maintenu en CP et de nouveau en CE1 (sauf exception pour laquelle
l'inspecteur de la circonscription sera appelé à
donner son avis).
Lorsqu'une proposition
de prolongation du cycle 2 est faite, elle est sous la responsabilité
du conseil des maîtres de cycle.
Elle doit se faire sous respect de certaines conditions :
- en cohérence avec les évaluations et le livret
de cycle de l'élève (si on dit que c'est " passable
" ou " moyen " dans le livret il est difficile
de proposer une prolongation)
- en rédigeant un projet personnel pour l'élève
qui aura valeur de contrat et fera l'objet d'évaluations
régulières
- en dialoguant au mieux avec les familles et l'élève
de façon à recueillir leur adhésion.
Cette adhésion
de la famille est indispensable si on veut éviter que
celle ci ne présente un recours devant l'inspecteur d'académie.
La possibilité de recours
est une obligation légale laissée aux familles
qui doivent se voir notifier par écrit (mais aussi après
entretien) la proposition du conseil des maîtres.
Si la famille refuse
la décision et répond dans les quinze jours, l'inspecteur
d'académie devra réunir une commission. Si elle
ne réagit pas la proposition sera considérée
comme acceptée.[à l'heure où ces lignes sont écrites
toutes les modalités ne sont pas encore définies,
il conviendra de s'informer des procédures.]
Pour les équipes,
il s'agit bel et bien de " jouer le jeu " : autrement
dit, il faut véritablement concevoir un projet adapté
aux besoins de l'élève et en aucun cas se contenter
d'un redoublement à l'identique. La Loi de 2005 le précise
bien renforçant des propositions que l'on pouvait déjà
lire ici depuis quelques années.
Comme il faut s'engager sur la voie du "différencié
", de la rédaction d'un projet personnel (ce qui
à terme devrait être proposé à chaque
élève), on voit souvent qu'il est possible de "
laisser passer dans la classe supérieure " l'élève
en difficulté en proposant pour lui un programme spécifique.
Sauf à relever
de l'enseignement spécialisé un enfant présente
rarement des difficultés lourdes dans tous les domaines.
Certaines écoles
l'ont bien compris qui proposent non plus des classes traditionnelles
(GS ;CP,
CE1…) mais des
classes " de cycle ".
Dans une classe " de cycle ", l'élève
de CP très avancé en mathématique pourra
travailler avec les élèves de CE1 ou l'élève
de CE1 qui rencontre des difficultés de lecture reprendre
des notions avec les CP… Ces formes de travail existent
souvent par exemple en classe unique mais elles ne sont pas toujours
formalisées .
Implicitement, on perçoit
que la conception de la pédagogie par cycles, impose de
se donner une vision
du parcours de l'élève sur le long terme et impose une approche spécifique de l'évaluation ainsi que souvent des formes de travail spécifiques.
Ce n'est pas "
plus difficile " c'est faire " autrement ". Cela
imposera également plus tard des choix particuliers en
matière d'économie ou même d'ergonomie de
la classe.
Le travail en équipe
au sein du conseil des maîtres prend là sa force.
Par ailleurs, d'autres formes de travail sont à inventer
avec les membres du réseau qui peuvent de plus en plus
venir travailler au sein de la classe.
Le cycle des approfondissements
qui mène du
CE2 au CM2 fonctionne sur les mêmes principes.
Il ne semble pas légitime de maintenir l'élève
en CE2 ou en CM1 sauf cas exceptionnels et en CM2 une proposition
de prolongation doit faire l'objet d'un projet bien préparé.
Si maintenir un élève
est rarement profitable, c'est peut-être au CM2, dernière
classe avant le collège qu'il le sera le plus, tant il
peut s'avérer pertinent d'armer l'élève
et de lui donner confiance, de l'assurer avant le passage dans
le secondaire. Mais ici, c'est la relation avec le collège
qui est à développer. En sixième, l'évaluation
nationale doit permettre de pointer les compétences de
base qui doivent être travaillées ou reprises avec
le professeur de collège en particulier dans les horaires
de soutien spécifique.
L'évaluation nationale
en CE2 est un excellent outil qui logiquement
devrait être complétée par des évaluations
à mi parcours. Un peu partout s'expérimente à
présent une évaluation en CE1 qui permet de repérer
les élèves en difficulté lourde pour agir
spécifiquement auprès d'eux.
Le redoublement classique
présente de nombreux inconvénients :
- il sépare
l'élève des enfants de la cohorte d'âge
- il tend à enfermer l'élève dans un échec
global en ne distinguant pas ses domaines personnels de réussite
- il ne présente pas l'action du maître d'un point
de vue professionnel et ne valorise pas l'action de l'équipe
des maîtres
- il propose une action a posteriori tout en faisant l'impasse
sur l'année écoulée
- il risque de confronter l'élève aux mêmes
difficultés si les démarches d'apprentissage ne
sont pas adaptées
- l'élève peut retrouver ponctuellement une meilleure
réussite (reconnaissance de situations déjà
vécues) mais l'année suivante l'effet est souvent
estompé
Le redoublement s'inscrit
souvent dans une approche élitiste où c'est à
l'élève qu'il est demandé "de se mettre
au travail " sans qu'il lui soit forcément proposé
des outils pour le faire.
On lui dit ce qu'il doit faire (en lui rappelant éventuellement
ce qu'il n'a pas fait) mais on ne lui dit pas " comment
le faire " ni quelles aides on se propose de lui apporter.
Pour éviter le
redoublement, il semble pertinent de s'appuyer sur des évaluations
régulières permettant de dégager à
la fois un profil de classe et un profil d'élève
et d'anticiper les difficultés.
QUELQUES LIENS UTILES
Comment prévenir
le redoublement ?http://www.aqeta.qc.ca/redouble.htm
Etude sur le redoublement
au Canada : http://www.csaffluents.qc.ca/wsed/redoub.htm
Le redoublement au primaire http://rtsq.grics.qc.ca/saqca/redouble/
Le redoublement : échec
ou solution ? (dossier belge) http://www.segec.be/fedefoc/Publications/mai/art3.pdf
Effets du redoublement
précoce http://www.aqps.qc.ca/bulletin/10/10-03-04.htm
Le redoublement en France
et à l'étranger (Inspection académique du
Nord) http://netia59.ac-lille.fr/doe/redouble.htm
Impact psychologique
du redoublement http://ienrumi.edres74.ac-grenoble.fr/forum.htm
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