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problème posé:
comment concevoir
un règlement de classe juste, efficace et opérationnel
?
Nous
pourrions consacrer une étude très vaste à
la lecture des règlements de classe. Toutes les classes
ne s'en dotent pas, mais elles sont nombreuses à présenter
affiché au mur, un règlement de classe plus ou
moins long, parfois très développé.
Ce règlement de classe présente généralement
un catalogue successif de droits et de devoirs.
Cette affiche
qui s'adresse au groupe est volontiers rédigée
à la première personne du singulier : " je
dois... " " J'ai le droit de... ". Le texte est
parfois très injonctif : " il est interdit de...
".
Un exemple en cm2
http://www.babouchka.net/jjt/regintCM2-B.html
une approche dans une
école au canada
http://www.csrsaguenay.qc.ca/ndame/encadrement.htm
une approche plus globale
http://ecoles.csbf.qc.ca/cascatelle/regles%20de%20vie.htm
Le vivre ensemble et l'éducation
à la citoyenneté apparaissent de manière
très forte dans les programmes officiels de 2002. Il y
est en particulier souligné : " le règlement intérieur
doit être présenté dès la première
entrée à l'école élémentaire.
Dès que cela lui paraît possible, le maître
fait élaborer collectivement les règles de vie
de la classe. " Au cycle 3, il est même précisé
: "les
règles de vie de la classe sont élaborées
par les élèves sous la direction du maître.
Les difficultés nées de leur mise en oeuvre sont
régulièrement examinées afin d'en améliorer
le fonctionnement et le respect."
Ces deux phrases soulignent
d'ailleurs l'ambiguïté d'un pouvoir partagé
entre une communauté d'élèves qui élabore
un texte et l'autorité du maître qui dirige et valide
cette élaboration.
On note aussi que la loi objet de référence n'est
pas figée et évolue en fonction de l'histoire et
des problèmes du groupe.
Les programmes insistent
beaucoup par ailleurs sur le respect des camarades, l'acceptation
des différences, le refus de la violence, le refus de
l'exclusion.
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En ce qui concerne l'acceptation des différences,
notons simplement qu'elle nous semble passer non pas par l'accentuation
de celles-ci mais au contraire par l'universalité de ce
qui nous définit comme humain. Autrement dit, accepter
la différence c'est savoir la dépasser pour reconnaître
en l'autre la ressemblance à la fois celle de la nature
(il n'y a qu'une race humaine) et des valeurs qui fondent toute
société avec des préoccupations qui se déclinent
différemment mais restent singulièrement identifiables
et partagées.
La violence des enfants, outre qu'elle est surtout un symptôme
dont il faut chercher les causes, est aussi une difficulté
à mettre en mots ses relations à autrui. C'est
en cela que le débat réglé vient aider l'enfant
à transférer en mots ce qui le met en conflit avec
l'autre.
La question de l'autorité,
est une problématique hautement socialisée est
médiatisée aujourd'hui. Pour certains, l'autorité
et l'ordre sont des préalables indispensables à
la mise en oeuvre les apprentissages. Pour d'autres, le vivre
ensemble s'apprend comme le reste et fait partie des apprentissages. |
Sans développer,
il nous semble que la
véritable autorité du maître vient du savoir
qu'il dispense.
Le maître ne domine ici, à l'école que dans
le but de permettre d'accéder à des connaissances
qui vont émanciper l'élève.
Autrement dit un bon maître c'est un maître qui peu
à peu va donner accès au savoir le plus savoureusement
possible. Ce savoir va donner à l'élève
la possibilité de gagner en autonomie, en prise de responsabilités,
en pouvoir de connaissance...
Pour qu'il puisse accepter
la contrainte, le jeune enfant doit pouvoir très vite
percevoir ce qu'il peut gagner à rester assis sur les
bancs de l'école.
L'exercice de l'autorité du maître n'a pas pour
but final de contraindre, elle a au contraire pour vocation de
permettre à l'élève de devenir un citoyen
libre et responsable. L'enfant est une personne, mais pas un
adulte. Le maître est aussi un éducateur même
s'il paratge cette responsabilité avec les parents il
agit sur d'autres aspects.
Donner des droits nouveaux
à celui qui grandit
Il peut être à cet égard très intéressant
que " des droits nouveaux " s'acquièrent au
fil de la scolarité (pourquoi pas sous la forme de permis
ou de responsabilités). En grandissant, l'élève
peut se voir confier des missions ou accéder à
des " libertés " (faire les comptes de la coopérative,
gérer le prêt de la bibliothèque, choisir
un programme d'activités, arbitrer un jeu, organiser une
compétition
). Cette évolution peut être
définie en conseil des maîtres et d'école.
Ici, les droits évoluent
en fonction du comportement.
http://www.freinet.org/creactif/blain/cm/2000/regles.html
attention toutefois à des fonctionnements où la
gestion de ces droits peut empiéter sur le premier droit
et devoir de l'élève , celui de travailler et d'apprendre
! Autrement dit, évitons les appareils trop lourds !
http://cp.lakanal.free.fr/viedeclasse/regles.htm
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De très
nombreux ouvrages décrivent les différents modes
d'organisation de l'autorité qui existent à l'école.
Le maître réunit à sa façon en une
seule personne le juge et le policier, le législatif et
l'exécutif. Son appréciation de la faute peut évoluer
selon de très nombreux paramètres qui vont de la
personnalité de l'élève à sa propre
fatigue... On a observé par exemple, que la sévérité
ou l'exercice de l'autorité du maître n'était
pas aussi lisible qu'on aurait pu l'imaginer. L'élève
habituellement agité ou turbulent peut se voir paradoxalement
accorder une marge de liberté qu'on ne laissera pas au
plus sage... le seul de tolérance semble être variable...
La difficulté pour les élèves est de pouvoir
mesurer objectivement l'exercice régulé de la justice.
On connaît des
classes qui vivent sous une dictature éclairée,
d'autres sont de petites démocraties populaires où
de véritables petits tribunaux d'enfants exercent un pouvoir
qui n'est pas sans ambiguïté... D'autres encore sont
des espaces où la coopération, la prise de responsabilité,
favorisent la conquête de l'autonomie et les apprentissages
de manière souvent étonnante.
Les élèves
se montrent particulièrement sensibles à l'exigence
du maître : les règles sont écrites, on peut
s'y référer, le maître sait être ferme,
plus il sait être calme, garder une certaine distance tout
en se montrant à l'écoute, plus il sera entendu. |
La première
loi de la classe c'est le travail.
Lorsqu'on observe des classes agitées ou perturbées,
on constate que très souvent l'activité des élèves
-sous-entendu l'activité scolaire - n'y est pas première.
Pourtant, l'intérêt du travail permet d'y trouver
une régulation hautement efficace et nettement supérieure
à bien des injonctions ou des remontrances.
Certaines
classes focalisent beaucoup trop sur la discipline au détriment
du travail lui-même. Il
faut placer les élèves en activité et en
activité intellectuelle réelle pour que leur énergie
puisse trouver un champ d'expression.
Certains retours difficiles de récréation se calmeront
plus vite si immédiatement les élèves sont
dans une activité écrite impliquante.
Il ne s'agit pas seulement de "motiver" en appâtant
Très peu de règlements de classe évoquent
d'ailleurs la raison pour laquelle les élèves sont
réunis et l'intérêt qu'il peut y avoir à
se retrouver ensemble.
Que vient-on
faire dans la classe ? Comment s'organiser pour être efficaces
? Quelles sont les régulations nécessaires ?
Il n'est pas certain que l'élaboration collective d'un
règlement " catalogue " lors d'une ou deux séances
de travail en début d'année soit le meilleur cheminement
possible.
Pour qu'une
règle soit pertinente, il ne suffit pas qu'elle énonce
un principe général. Elle doit en quelque sorte
répondre à un problème concret, à
un besoin. Elle doit pouvoir se construire en relation avec les
règles de l'école (le règlement intérieur)
Fixer le cadre
L'école publique existe par la Loi. On peut ne serait-ce
qu'en faisant la lire la devise républicaine au fronton
de l'école, en faire prendre conscience aux plus petits.
La république est présente à l'école
par ses symboles.
Les maîtres en sont les fonctionnaires. Au sein de l'école,
ils sont porteurs de cette autorité républicaine.
Ils doivent en avoir conscience et ne pas se voir eux comme "
usager ".
En Histoire, l'évocation des lois sur l'école publique,
laïque et obligatoire doit témoigner de ce chemin
difficile. En Géographie, en éducation civique,
la connaissance des grands problèmes du monde, à
travers par exemple la douloureuse situation des enfants au travail
aidera à mieux comprendre.
Les élèves
doivent connaître l'organisation de l'école, le
rôle des adultes et le règlement intérieur
de l'école qui doit être simple, compréhensible
par tous.
la loi de l'école
Le règlement
intérieur de l'école est le texte de référence.
Le maître qui doit sanctionner peut s'y référer.
La lecture
régulière du paragraphe qui concerne telle ou telle
faute permet de montrer que toute sanction s'appuie sur le texte
écrit.
la loi du maître
Elle doit
s'exercer toujours dans le cadre réglementaire. Il faut éviter
de sortir soi même de la Loi.
A chaque fois que l'on croise un élève puni debout
dans un couloir, le maître qui a ses raisons est sorti
de la Loi.
La vie, les évènements, font que parfois le maître
peut être tenté par la colère, le jugement
personnel négatif, la formule lapidaire, l'esquisse d'un
geste
C'est lui qui apprécie souvent dans le quotidien
ce que l'élève a le droit de faire (aller aux toilettes,
changer d'activité, se déplacer, prendre la parole
).
Cette appréciation n'est pas sans conséquence sur
le climat de la classe. A chaque éducateur de s'interroger.
Il s'agit bien d'éthique.
Avoir
un règlement de classe permet que le groupe classe s'identifie
comme une communauté.
Le règlement
de classe peut rendre les élèves responsables de
l'espace dans lequel ils vivent :
- son entretien, la circulation, l'aération, la gestion
matérielle
Un règlement
de classe peut s'élaborer à partir de questions
ou situations problèmes soumises à la réflexion
du groupe :
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Exemples
:
- comment nous déplacer rapidement et sans danger pour
rejoindre la cour ?
- quand et comment se déplacer dans la classe ?
- que faire si je me suis disputé dans la cour ?
- quand et comment prendre la parole ?
- que faire si un élève n'a pas signé son
cahier ?
La question peut venir
des élèves et faire l'objet d'un débat réglé,
elle peut être suggérée par le maître
on peut d'ailleurs
mettre en regard ce que la contrainte autorise :
- si nous savons descendre calmement et rapidement dans la cour,
nous gagnons du temps de récréation, nous évitons
les accidents
- si nous savons noter une plainte par écrit et attendre
la réunion du conseil de classe pour évoquer un
conflit nous évitons d'envenimer les choses et nous permettons
à la classe de travailler (mais le plaignant conserve
l'assurance de voir sa plainte entendue) |
Voir une entrée
mettant en parallèle droits et devoirs
http://www.ien-landivisiau.ac-rennes.fr/debutants/regleclasse.pdf
la règle est
discutée, votée, écrite, relue... 
L'organisation du débat réglé peut se faire
dans un espace de discussion avec prise de notes par les élèves
ou les maîtres.
La rédaction
des règles peut se faire en ateliers d'écriture,
par dictée à l'adulte
Le maître doit
rester honnête. S'il voit une règle indispensable
au fonctionnement de la classe il peut l'imposer et l'expliquer
mais il ne doit pas transformer ou manipuler le groupe vers un
règlement pré-établi.
En maternelle le recours
au dessin pour illustrer les situations sera souvent riche.
A partir du Ce1 et au cycle 3, la lecture comparée
de différents règlements de classe peut constituer
une activité très riche.
Elle peut permettre à la fois de comparer le fond, mais
aussi la forme choisie (formulations négatives ou constructives,
mise en regard des droits et des devoirs, énonciation
des sanctions
).
Les élèves peuvent discuter l'impact du style choisi,
des formulations, commenter l'adéquation des propositions
du règlement de la classe avec celui de l'école
ou de la Loi...
On est ici à la fois dans une activité relative
à la maîtrise de la langue et à l'éducation
civique... |
Parlez moi d'humour
Pourquoi parler d'humour ici ? parce que le climat de la classe
peut largement être plombé par un règlement
coercitif et parce que la sinistrose peut envahir très
vite les bancs de la classe, il nous semble que souvent l'humour
est un bel outil : dédramatiser une situation, favoriser
la communication et la connivence dans le groupe. L'humour, pourvu
qu'il soit fin et s'exerce dans le plus grand respect des personnes
est aussi une marque de confiance qu'adresse le maître
à sa classe et à ses élèves.
Il permet souvent de transformer et dépasser la contrainte.
Il ne se codifie pas,
il est bien entendu lié à la personnalité
de chacun
mais il aide souvent à prendre de la distance
et est une soupape utile, un vecteur dynamique non négligeable...
et
vous ?
comment avez-vous conçu votre règlement de classe
? quels problèmes avez-vous rencontré ?
si vous le souhaitez, nous pouvons mettre en ligne votre règlement
de classe dans un but de mutualisation...
vos réactions et contributions
prepaclasse@aol.com
voir par ailleurs
les pages consacrées à la gestion de la classe
et la page consacrée
aux punitions |