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Bonjour,
je suis T1 en zep, et cette semaine j'ai élaboré
avec ma classe un règlement de classe.
En me basant sur des documents liés à la pédagogie
institutionnelle ("démarer une classe en pédagogie
institutionnelle, édition Hatier), j'ai demandé
aux élèves de choisir les sanctions à appliquer
dans les différents cas de manquement aux règles.
D'une part je ne suis pas sûre que j'aie le droit d'appliquer
les sanctions choisies : j'ai réussi à éviter
des sanctions physiques proposées, ou les punitions répétées
durant 1 mois, mais puis-je accepter qu'un élève
garde les mains sur la tête pendant 5 minutes, repaye ce
qu'il a cassé (puis-je demander de l'argent à un
élève ?), ou soit privé du cours d'EPS ?
Je sais que la privation d'EPS est une véritable punition
pour eux, car mes élèves me demandent tous les
jours s'il y aura EPS, et ce sont des cours qu'ils attendent
avec impatience.
D'autre part ça me semble disproportionné, si
un élève n'écoute pas la maîtresse
ou se balance sur sa chaise il sera privé du cours d'EPS,
alors que s'il tape ou insulte un autre élève,
on a prévu qu'après lui avoir demandé pardon,
il aura un travail supplémentaire à faire pendant
la récréation.
Je tenais à élaborer
les règles avec les élèves pour qu'ils se
sentent concernés, et soient motivés pour les appliquer,
mais le résultat obtenu m'embarrasse. Je
vous envoie le fichier en pièce jointe pour que vous
puissiez vous faire une idée.
Vous serait-il possible de répondre à mes questions
?
Merci d'avance.
Anne D* |
Il est effectivement intéressant
d'envisager la question de la sanction... mais pour que les enfants
imaginent des sanctions, ils vont se référer à
ce qu'ils connaissent... et ils peuvent proposer des sanctions
très lourdes... Au fond, il faudrait d'abord réfléchir
avec eux (ou revenir) sur le "pourquoi on sanctionne
?" (pour réparer une faute, pour protéger
le groupe, pour éviter que la faute ne se reproduise...).
On peut d'ailleurs réfléchir avec les élèves
sur le "pourquoi commet-on des fautes?" (J'entends
par faute non respect du règlement, pas ce qui toucherait
au travail scolaire): peut-être par méconnaissance
de la Loi, en raison d'un oubli de la règle, parce qu'on
était énervé par autre chose, par manque
de contrôle de soi, dans certains cas plus rares pour faire
du mal ou s'approprier un objet qui ne vous appartient pas...
On peut
situer l'école comme un lieu où l'on doit respecter
les règles, mais un lieu où l'on va apprendre la
Loi et apprendre à la respecter...
On sait que le maître
qui souvent fait appliquer la règle est aussi un éducateur
et non pas simplement un juge ou un policier.
Les adultes,
les maîtres doivent garantir aux élèves que
l'école est un espace protégé, où
leurs droits sont respectés.
Les maîtres comme fonctionnaires, détiennent une
part de l'autorité de la République. Mais cette
autorité s'exerce dans le cadre des lois, de la convention
internationale des droits de l'enfant par exemple... Ce n'est
pas à chaque "sous-groupe" de s'inventer ses
propres règles...
A l'école, dans le respect des grandes lois de la République,
la Loi écrite est le règlement intérieur
de l'école voté par le conseil d'école (avec
des représentants élus des parents). Il sera bon
d'y revenir avec les élèves.
C'est ce règlement qui doit définir les sanctions
communes à tous les élèves de l'école
(mais surtout les droits et devoirs).
Le règlement de la classe
doit alors s'inscrire dans ce règlement de l'école
et respecter bien entendu la Loi.
"Garder les mains sur la tête", c'est déjà
une sanction physique... donc prohibé...
S'il faut que l'enfant retrouve son calme, on peut lui proposer
un temps de silence, dans un espace réservé...
"Payer" quelque chose supposerait que l'enfant gagne
déjà sa vie... Le travail rémunéré
n'est pas autorisé en France avant l'âge de 16 ans.
Etre privé d'EPS c'est ne pas respecter les programmes
officiels qui supposent que tout élève doit pratiquer
toutes les activités prévues au programme...(et
peut-être plus encore certains agités). [en revanche,
voir plus bas, on peut priver un élève d'une sortie
éducative s'il ne maîtrise pas son comportement,
entre autres pour sa propre sécurité ou celle dui
groupe.]
Le travail supplémentaire pose un autre problème:
le travail doit-il être vu comme une punition ou comme
la possibilité de progresser à l'école grâce
à mes efforts ?
"Demander pardon" paraît déjà plus
intéressant et très vite, il faudra savoir le faire
de manière élaborée. La lettre écrite
par exemple peut-être utile.
"Réparer"
en recherchant les moyens de réparer des dégats,
ranger un désordre etc est "d'intérêt
public".
En ZEP comme ailleurs, il me
semble important de focaliser plus sur les bons comportements
que de se laisser accaparer par les fauteurs de trouble qui font
ainsi diversion... pour éviter d'entrer dans le travail.
On se laisse parfois manger et la perte d'énergie est
significative.
Certains gèrent des systèmes complexes avec des
comptabilités lourdes, des permis à points...
Il peut-être
intéressant toutefois de faire gagner des droits à
ceux qui respectent les règles: droit d'accéder à une activité
ludique, de faire certaines choses seul, de choisir une activité,
de représenter la classe, d'exercer des responsabilités
(et le non respect des règles peut interdire certains
de ces droits nouveaux).
Le contrat qui permet à
l'élève de repérer ses manques et ses progrès,
de communiquer vers la famille, peut-être aussi un bon
outil pour apprendre à se contrôler. L'élève
peut être invité à se donner un objectif
pour une période suivante.
Même si vous avez déja
lancé ce règlement dans la classe, il doit être
possible lors d'un débat réglé de faire
évoluer les choses.
voir la fiche sur la gestion des comportements.
et la fiche plus ancienne http://www.prepaclasse.net/fichiers/gestion2.html

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