gérer et préparer
la classe primaire
élémentaire
&
maternelle
les temps de regroupement en maternelle et après...

problème posé: comment améliorer les temps de regroupement ?

La visite d'une classe maternelle nous donne à découvrir un espace dit de regroupement.
Généralement constitué de bancs, parfois d'un tapis, l'espace le plus souvent rectangulaire est délimité pour constituer un lieu clos sur lui même mais qui doit permettre à tous de se voir (enfants et adulte).

L'espace est situé en général côté tableau, tableau qui est quasiment le seul point commun clairement identifiable au premier coup d'oeil entre la classe maternelle et la classe élémentaire.
Lieu d'information (plus ou moins organisé), le tableau est un repère symbolique fort. Face aux élèves, l'enseignant dispose d'une chaise, le plus souvent basse et parfois d'une petite table qui lui permet de rapprocher de lui quelques supports (un album, le cahier d'appel, une fiche..). Dans quelques classes, le lieu de regroupement est aussi placé sous "la protection" de la marrotte ou de la marionnette de la classe avec laquelle par la médiation de l'enseignant le groupe entretient des activités de communication à mi chemin entre l'imaginaire et la communication...

Les élèves associent souvent un espace à une activité.
L'espace de regroupement remplit plusieurs rôles qu'il convient d'interroger.
En voici quelques uns parmi ceux observés régulièrement.
On se regroupe :
- pour l'appel et
les rituels du matin (gérer le calendrier, la météo du jour...)
- pour donner les consignes
des ateliers
- pour observer et commenter des travaux
- pour écouter une histoire
- pour s'exprimer autour
d'un album, d'un objet
- pour chanter, apprendre des comptines
- pour vivre un jeu d'écoute, un jeu de doigts
- pour écouter une histoire, une musique
- pour voir la maîtresse lire
- pour dicter à l'adulte
- pour parler avec la marionnette
- pour découvrir un écrit
- pour la collation
- pour attendre après un travail les autres camarades
- pour y attendre les mamans ou "la dame de la cantine"

Parfois le tapis ou l'espace est investi pour y mener un des ateliers, ou pour lire au sol, ou jouer confortablement sur le tapis...
Deux questions sont à garder en tête:
- les élèves sont-ils placés en position d'activité ? (y compris d'écoute active)
- les temps d'attente ne sont-ils pas trop longs en particulier pour les derniers élèves qui attendent leur maman ou l'heure de la cantine ?

Améliorer la gestion de l'espace
- il arrive que l'espace soit un peu confiné, encombré et pas toujours confortable. Il faut l'aménager en fonction du nombre d'élèves.
- le tableau est souvent très encombré également et il est difficile de s'y repérer parmi les affichages et les informations diverses. Il est rarement utilisé pour l'activité graphique des élèves alors que c'est un support intéressant. Il est rarement orienté (sens de l'écriture, avec une flèche et une "mise en page" de gauche à droite). Il est pertinent de se donner cette "mise en page" du tableau permettant d'aider à la structuration des repères: là la date du jour, ici le texte dicté, là l'illustration de l'album que l'on va commenter... L'impression de fouilli est à éviter.
- la table de l'enseignant ou son matériel doivent aussi être rangés. Il faut veiller à la protection du registre d'appel, ne pas s'encombrer avec son classeur ou le cahier journal, disposer de quelques fiches simples...
Dans de nombreux cas, on laisse des appareils électriques reliés à la prise, la guirlande électrique du sapin ou la paire de ciseaux de la maîtresse...Il faut penser à tout ce que les petites mains vont avoir envie de toucher.
Il faut essayer de maintenir un espace très propre, confortable, ni austère, ni saturé...

L'installation des élèves
Dans certaines classes, chaque place d'enfant est marquée à son prénom. Ailleurs, la maîtresse tente d'alterner "fille garçon" avec un bonheur aléatoire, parfois chacun est libre de s'installer comme il le souhaite. Il faut que les élèves aient plaisir à se retrouver, puissent se sentir "à leur place", accueillis, puissent aussi découvrir l'autre... Certains interdisent de s'installer sur le tapis... Pourtant venir y écouter une histoire bien confortablement va favoriser la rencontre avec le texte.
C'est donc l'activité qui doit justifier la façon dont on s'installe. Pour un jeu d'écoute phonologique, tous les yeux doivent pouvoir se tourner vers l'enseignant.


Les modalités de regroupement
Des rituels ou des procédés existent pour inviter les élèves à se regrouper. Une musique, un chant, une comptine...
Dans certains cas il faut que l'élève apprenne à interrompre une activité. Il est également important que le premier installé ne s'ennuie pas en attendant les autres.


 On peut introduire pour se rassembler une comptine à reprendre par tous du type :
Une la belle lune
Deux les beaux yeux
Trois les beaux rois
Quatre la belle dame
Cinq j'appelle mon voisin
Six, le voici !
(comptine traditionnelle).


On peut également inciter la classe à se regrouper après un temps d'ateliers sans ranger immédiatement.
On se rassemble, Depuis l'espace de regroupement on observe la classe et on constate et commente son besoin de rangement. On se donne ensuite comme "mission collective" de ranger la classe dans un temps donné. Cela crée souvent une dynamique qui évite d'avoir un groupe qui attend tandis que des élèves prennnent ostensiblement le temps de ranger en faisant attendre le groupe.

On évitera de hurler sur les enfants ou de les appeler individuellement. En revanche, le maître déjà installé peut féliciter les premiers déjà installés ce qui encourage les autres à venir.


Le lieu de regroupement doit toujours être un lieu de calme, où l'on se retrouve, se reconnaît, s'accueille...

L'activité des élèves

On va leur donner à voir, à lire, à dire, à chanter, à jouer avec les doigts, à écouter...
Tout cela organisé. A ce propos soulignons la nécessité d'envisager une programmation des activités relatives à l'oral. Ces activités ne concernent pas forcément le grand groupe. On peut mener un atelier de langage avec un objectif restreint concernant un petit groupe d'élèves tandis que les autres sont en activités satellites.
L'enseignant va parler mais il doit mesurer sa parole.
Il va questionner mais plus qu'un simple dialogue maître /élève où chacun serait interrogé successivement, inciter les élèves à s'exprimer autour d'une situation problème, d'un évènement partagé, d'une observation, d'un témoignage qui portera plus sur des évènements vécus par la classe que le récit fastidieux du week-end.
Il faut créer de véritables situations de communication qui répondent aux besoin de s'exprimer des élèves.
A cet égard parler du travail en termes d'explicitation est intéressant si on ne s'enferme pas dans la seule stratégie de validation de la consigne de départ (il fallait faire ça, voici le résultat), mais dans l'observation des productions (prendre le temps d eregarder ce que l'autre a produit) et les premiers essais d'explicitation: "comment as-tu fait pour réaliser ce travail ? ". En découverte du monde, le travail d'hypothèses et de questionnement peut se faire à ce moment là en laissant des traces écrites.

On peut évoquer les outils, leur choix, montrer leur mode d'utilisation...

C'est un dosage délicat. Donner la parole, encourager, rappeler au respect de la prise de parole... laisser s'exprimer sans dériver.

Il faut éviter tout ce qui relève de l'inventaire fastidieux. On ne va pas commenter chaque travail d'élève, on ne va pas interroger chacun systématiquement...
Certaines activités peuvent concerner le groupe mais peuvent être préparées à l'avance lors de l'accueil par exemple: compléter le tableau des présents...
Certains rites comme "la météo" où l'on fait semblant d'examiner le ciel à la va vite sont d'un intérêt limité. Une véritable entrée en découverte du monde peut être envisagée.

La gestion du temps est un aspect important. Il serait tout à fait pertinent de noter au fil de la journée pourquoi on va se regrouper et ce que l'on fait vraiment à ce moment.

Le regroupement doit toujours avoir un objet et ne pas se faire de manière informelle. De nombreux temps pourraient gagner en utilité dans d'autres formes d'organisation... Par exemple, attendre les mamans peut se faire en lisant ou relisant tranquillement des albums au coin BCD.

Autre exemple: la collation qui est souvent très longue et mal placée à l'emploi du temps peut être supprimée en installant un coin petit déjeuner à l'accueil pour les seuls enfants qui n'auraient pas déjeuné le matin.

D'autres espaces de regroupement :
En dehors de la classe on peut se donner des habitudes de regroupement dans divers espaces en fonction des besoins : la salle d'éducation physique, le préau... en organisant les modalités de ce regroupement.
Par exemple, une maîtresse a trouvé sous un escalier un espace intime très agréable et convivial pour y lire des histoires. En salle d'éducation physique les élèves apprennent à s'asseoir sur un tapis particulier...

D'autres âges:
On peut utilement créer des espaces de regroupement dans la classe jusqu'au cycle 3..et même après ! On peut y travailler le chant, la poésie, y mener les activités de débat réglé.

Pour conclure :
Comme pour les ateliers, le temps de regroupement doit être justifié et mis en place en fonction des besoins réels et non par simple habitude de fonctionnement.
Il ne doit pas réduire l'oral à des échanges informels où la parole du maître resterait quasi dominante. Le regroupement n'est pas une activité et ne doit pas apparaître (pas plus que les rituels) à l'emploi du temps qui doit situer les activités du point de vue des grands domaines définis par les programmes.



et vous ?
dites-nous comment organisez vous les regroupements dans votre classe ?

vos réactions et contributions prepaclasse@aol.com 

droits réservés vincent breton paris pour prepaclasse.net octobre 2004