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gérer et préparer
la classe primaire
élémentaire
&
maternelle
préparer et conduire une séance : des erreurs à éviter

Problème posé :
L'observation d'une séance en classe laisse observer des erreurs récurrentes ...
Nous proposons des pistes pour les pointer et les éviter. Elles relèvent de champs divers mais qui touchent pour beaucoup au modèle de transmission du savoir, aux représentations du métier...


Du point de vue de la préparation et des compétences à définir voir la fiche consacrée au concept de compétences.

La préparation écrite et matérielle

- Une "bonne préparation" est une préparation qui permet de définir des objectifs conformes aux instructions.
Un petit tour par les programmes s'impose surtout si l'on n'est pas certain de soi !


Une séance réussie c'est une séance dont le sens de l'activité est clair pour les élèves.
Cela veut dire que l'écart entre les objectifs du maître et ceux de l'élève doit être le moins large possible.
Il y a risque d'accroître cet écart quand une situation de départ ou un projet donné apparaît comme un prétexte ou quand on veut trouver une situation "motivante" en confondant l'illustration et le contenu...
On pensera spécialement au recours au thème en maternelle ou en cycle 2 qui présente ce danger de s'intéresser plus à l'habillage qu'au fond et aux véritables enjeux didactiques et cognitifs.

La préparation doit favoriser l'activité de l'élève et la construction du sens de l'apprentissage. L'activité doit être clairement identifiée et le projet ne doit pas être un prétexte ou "non sincère"...

- Le maître doit pouvoir repérer les enjeux, les variables didactiques en cause et anticiper en fonction des réponses qu'il envisage de la part de ses élèves soit une autre façon de faire, une autre activité, un prolongement... ou une conclusion provisoire.
Le maître propose une consigne ou place l'élève dans une situation donnée.

En fonction des réactions, du type de réponses apportées, il prévoit une réponse pédagogique adaptée. Cette réponse peut être immédiate mais elle peut être différée. La préparation doit envisager des moments où le maître propose et anime, aide, intervient, mais aussi des moments où il observe les réponses des élèves afin de pouvoir déjà travailler à l'analyse de l'erreur. Il peut d'ailleurs intégrer cette analyse de l'erreur au travail des élèves en particulier par le biais de la confrontation et de la justification des propositions et productions des élèves.
La vraie difficulté en début de carrière, c'est face à une notion donnée de pouvoir se demander quelles peuvent être les représentations initiales des élèves et quels obstacles ils risquent de trouver. L'idéal est de les aider par le questionnement et l'activité à franchir ces obstacles sans en placer d'autres "parasites" ou sans se fourvoyer dans une autre direction...

- Tout exercice ou situation présenté doit avoir été "testé" par le maître.
Les connaissances qui feront l'objet d'une mise en relief, d'une synthèse, d'une définition, d'un résumé, doivent être aussi claires et précises que possible.
Attention aux approximations de certains manuels (il faut les confronter entre eux), attention aux raccourcis un peu rapides. Bien entendu, il convient de rester dans le cadre des programmes mais si les élèves ont réalisé un travail qui a permis d'élaborer des constats à partir d'observations, d'expériences, de manipulations... il est utile de l'intégrer. On peut d'ailleurs proposer des synthèses d'étape avec des questions qui permettront d'enclencher sur un prolongement. La conclusion sera alors provisoire...

- Tous les aspects matériels doivent avoir été envisagés avec soin: type de document, utilisation du tableau ou d'un support etc. Le travail sur le cahier de classe notamment doit être pensé y compris dans ses aspects les plus formels. Il n'est pas interdit de tenir pour soi un "cahier type" qui permettra d'envisager l'occupation de l'espace sur le papier ou la difficulté d'un exercice "in situ".



Le déroulement de la séance:

Quelques points à garder en mémoire
-
l'activité du maître, l'activité de l'élève

Très souvent et encore plus lorsqu'il est observé par un visiteur (formateur, PIUMF, IMF, Conseiller pédagogique, Inspecteur)... le jeune enseignant se montre très interventionniste.

Il "fait son cours", parle beaucoup, explique, montre, agit... mais on découvre alors que l'activité du maître est supérieure à celle de l'élève.
Dans certains cas, le maître s'oppose même à l'activité de l'élève en intervenant "publiquement" pour commenter une procédure, reprendre une consigne, en cherchant à réajuster au fil de l'eau dans une pédagogie verbale "à la godille" où l'on redonne sans cesse un petit coup pour réajuster
Il faut se poser la question de savoir si les élèves travaillent effectivement et si leur activité n'est pas seulement une activité d'exécutant.

Les élèves agissent-ils ?
Peuvent-ils prendre la parole, questionner, formuler des hypothèses, reformuler les consignes, faire le bilan...
Les élèves lisent-ils ?
Les élèves écrivent-ils?
Les élèves réfléchissent-ils?
Recherchent-ils des solutions?
Vérifient-ils eux mêmes leur travail ?



Il faut définir le rôle du maître et déterminer ce qui va pouvoir être dit, la façon dont on aidera ou pas les élèves, dont le maître notera les observations qu'il peut faire... Il faut parfois savoir s'astreindre au silence, ne pas répondre sans cesse aux questions des élèves qui aiment pour se rassurer interroger l'enseignant "en cascade".
Un bon truc est de limiter le nombre de questions que les élèves vont pouvoir poser avant de débuter un travail (quatre ou trois questions... cela permet d'aller à l'essentiel et d'apprendre à réfléchir seul).
Il faut penser le cas échéant à cadrer l'aide que peuvent apporter les assistants d'éducation, d'autres adultes, d'autres élèves, des élèves plus grands... pas pour refuser les interactions mais au contraire les organiser, les valoriser, les utiliser avec profit.
On peut dans un cadre précis, avec des règles déterminées, apporter à la classe, à des groupes d'élèves ou à des élèves déterminés; des "indices" sous forme de "coup de pouce" ou de "roue de secours"ou de "post-it"...

Coup de pouce : l'élève place sur sa table une petite affichette par laquelle il signifie qu'il a besoin d'une "coup de pouce" ou d'une aide. Le maître passe ensuite mais il n'intervient que si l'élève sait formuler une question. Il est possible de faire appel à des élèves "débrouillés"qui ont terminé l'activité et jouent alors le rôle de conseiller. On peut aussi lors du bilan d'étape travailler collectivement sur ces questions.

Post it : le maître observe une difficulté de l'élève. Il passe silencieusement entre les tables et colle selon les besoins, un post-il sur le bureau de l'élève où il écrit un mot, un indice, un conseil...

Roue de secours: des fiches d'aides préparées à l'avance sont à disposition de la classe. Elles peuvent valider un résultat, proposer d'aller voir un document ou un fichier de référence...
L'élève doit indiquer sur son cahier le nombre de roues de secours dont il a eu besoin pour faire son travail.


Voir faire l'autre est aussi une aide, l'entendre expliquer comment il a fait aide à mieux comprendre.
Si le travail sur l'erreur est pertinent, celui sur "la réussite" ne l'est pas moins...Savoir expliquer comment on a réussi un travail permet de s'assurer que ce n'est pas seulement le hasard ou la chance qui ont présidé... même si bien entendu, une fois certains automatismes intégrés on ne reviendra pas dessus (le conducteur a appris à passer les vitesses mais il oublie plus tard de "réfléchir" à la façon de passer les vitesses car il se concentre sur d'autres problèmes... s'il essaie de réfléchir, c'est là qu'il cale et risque l'accident...).


-
la place du lire, dire, écrire

Chaque séance doit pouvoir donner sa place précise à chaque élément de ce triptyque. Quel type de texte va-t-on lire, qui et comment ?
Quel vocabulaire et quel lexique sera celui de la séance ?
Que va-t-on écrire, comment ?
Il est intéressant au fil de la journée de se constituer le "lexique des mots du jour" qui aidera à fixer les connaissances... Il est toujours efficace de demander en début d'activité des mots, des idées écrites qui pourront éventuellement s'écrire sur affiches ou au tableau sous forme d'organigrammes, de "soleils de pensée", de "constellations"...et aider aux questionnements et réflexions ultérieurs...
Il faut penser qu'en cycle 2; 2h30 puis en cycle 3; 2h quotidiennes doivent être consacrées aux activités de lecture et d'écriture.
En CM2, il faut qu'un élève écrive environ deux à trois pages de cahier petit format...


-
la place du document

Une pédagogie vivante s'appuiera justement sur le document.
On notera que:
- l'image n'a pas toujours la place qu'elle mérite
- le recours au manuel reste insuffisant et n'est pas toujours pensé. On lui substitue trop vite le recours à la photocopie.
- on ne valorise pas toujours le "vrai document": un billet de train, un dépliant, un guide touristique, une carte, une fiche recette, un article, une affiche, un ticket de cinéma ou de caisse, une lettre... La vie quotidienne offre mille et une occasions de collecter divers documents réels qui favoriseront de vraies activités de lecture et permettront de mener une activité de recherche, de travailler en mathématiques etc.
- il est peu fait référence ou usage sauf peut-être en maternelle à des objets que l'on manipule ou découvre... L'image d'une écumoire c'est bien, la véritable écumoire c'est mieux (en maternelle associer l'objet à sa représentation est une étape que l'on oublie souvent). La découverte du monde doit notamment passer par la découverte des objets.

Le maître doit s'interroger sur l'intérêt du document qu'il propose et le préalable est d'en faire une lecture analytique précise.

Un point à penser est aussi le moment où l'on introduit le document dans la séance:
sera-t-il le point de départ du travail ?
viendra-t-il illustrer un propos ou répondre à une question ?
etc.

Le maître parle souvent du document avant que l'élève ne puisse l'avoir en mains.

On ne laisse pas les élèves découvrir et lire seuls le document, plus encore dans le cas d'une photocopie distribuée en cours d'activité.
Pourtant cette phase permettrait souvent à elle seule de comprendre ce qu'il va falloir faire.

 La photocopie :
Il faut penser en particulier pour la lecture du document photocopié à distinguer le type de document, son auteur, prendre le temps de repérer l'organisation de la page (ici la consigne; là un tableau, ici un exercice...là un texte...)
Les enfants ne distinguent pas toujours ce qui a été produit par l'enseignant qui doit pourtant être reconnu comme un "auteur", ce qui est dupliqué d'un manuel, l'extrait d'auteur ou la photocopie d'un document fonctionnel...
Il faut noter la difficulté posée par la présence de "vrais faux documents" crées pour un exercice qui sont à distinguer de la photocopie d'un vrai document sur lequel on va travailler (par exemple un billet de train).
La photocopie permet en particulier
d'écrire sur le document, d'entourer, repérer, mettre en couleur, surligner un élément...
Très souvent lors d'une séance présentée devant un formateur, le maître fait se succéder deux, trois photocopies parfois de formats divers dont on ne sait pas toujours quoi faire... Ces documents vont s'entasser dans un dossier, être pliés et collés dans un cahier où ils ne seront plus utilisés... Il faut limiter le recours injustifié aux photocopies. Le temps d'écrire et recopier un exercice présenté au tableau, permet aussi de se l'approprier, de mieux le comprendre...
Pour des raisons économiques évidentes, j'avais limité le nombre de tirages à trois par semaine. Cette limitation incite à mieux choisir ce qui est vraiment nécessaire au travail.
On ne doit pas donner en photocopie un texte qui pourrait être au tableau et copié aisément par les élèves.

On fait souvent lire les élèves oralement sans les inciter à questionner le texte. On est donc souvent dans la situation où un premier lecteur "traduit l'écrit à l'oral" pour les autres qui n'ont pas encore une vision d'ensemble du document... Parfois le maître relira ou donnera des explicitations qui vont totalement assister l'élève dans la prise de sens et de fait nuire à son autonomie.
C'est un peu comme si on demandait d'effectuer une trajectoire sans connaître le véhicule, le point de départ et le point d'arrivée mais en donnant peu à peu des indices de manière verticale... (Voir plus loin le travail sur la consigne).

- la méthodologie

Elle ne doit pas être extérieure à la séance mais en faire partie. Les stratégies d'organisation, de mise en forme... sont souvent très utiles... pour comprendre la notion.
Il faut essayer d'anticiper les problèmes posés: quels outils va-t-on utiliser, de quelle façon?

Est-ce que le recours à une technique (coller, découper) ne va pas faire obstacle à la mise en place de la notion (autrement dit, il faut équilibrer dans la séance le poids des aspects matériels et formels et l'importance à accorder à la notion elle même) ?


-
le rappel de la séance antérieure

Il est fréquent de débuter une séance par le rappel de la séance antérieure.
C'est souvent pertinent et pourtant si ce rappel est oral on voit toujours les mêmes élèves intervenir tandis que les autres sont passifs ou s'engagent dans des activités parasites.
Une bonne idée est de placer tout de suite tous les élèves en activité: soit en étant immédiatement confrontés à une situation qu'ils devront reconnaître en "ré investissant"leurs connaissances, soit en notant par écrit les mots clés qui viennent à l'esprit, une phrase, une question à poser aux camarades sous forme ludique, soit en complétant une phrase à trous écrite au tableau... mais immédiatement, il faut que tous soient mobilisés et sollicités.
Cela peut-être aussi sous forme de questions écrites adressées par les élèves à la classe afin d'éclaircir un point resté obscur...


-
le passage de consigne

C'est un moment crucial.
On voit des enseignants qui improvisent leur consigne, d'autres qui l'écrivent mot à mot...
D'une manière générale les consignes restent trop souvent orales et de fait par les compléments d'informations successifs qu'apporte le maître très "suggestives" ou inductrices.
L'idéal est d'avoir une situation de départ, un objet, un problème, un document à questionner et que les élèves vont devoir identifier.


Formuler une consigne par le questionnement

- qu'est-ce que c'est ?
- d'où ça vient ?
- que peut-on en dire ?
- pourquoi le maître ou la maîtresse a-t-il apporté cet objet, présenté cette situation, écrit ce texte?
- qu'observons-nous?
- que va-t-il falloir faire et avec quelles règles du jeu?
- de quelles aides disposerons-nous?
- quel est le contexte de ce travail ? recherche, exercice, entraînement, évaluation?

On travaillera aussi utilement sur la consigne écrite en faisant repérer les verbes d'action, le matériel nécessaire...

Il peut être très pertinent de faire souligner ce qui n'a pas été compris, un mot inconnu à faire expliciter...

Le travail sur la consigne doit être intégré dans l'activité et n'est pas un préalable extérieur au travail lui même. Il pose souvent de vraies questions de lecture.
Dans de nombreux cas, les situations bien choisies vont permettre aux élèves de formuler les consignes par eux-mêmes...

Il apparaît important de veiller à ne pas multiplier ou juxtaposer les consignes. Il est difficile surtout pour le jeune élève de traiter des consignes successives.


- la situation de travail / la situation problème / l'exercice

Osons le dire: laissez les élèves travailler !
Il serait intéressant de mesurer dans la séance les temps où l'élève est vraiment actif.
Il arrive aussi que les élèves soient au travail et que le maître ne cesse de parler pour commenter ce qui est fait. Il est plus intéressant de circuler silencieusement, d'aider les élèves à bien se positionner, observer les procédures, si besoin les relever, faire le tour des cahiers pour apprécier la récurrence des erreurs ou l'ambiguïté d'une formulation et ce qu'elle induit... mais il faut valoriser le travail de l'élève en respectant ce qu'il fait.

Trop guider n'est pas toujours aider... laisser se noyer n'est pas une solution.
Une bonne technique consiste à
engager l'activité et procéder à un bilan d'étape prévu à l'avance où les élèves échangeront sur leurs difficultés, ce qu'ils ne comprennent pas.
Il faut aider les élèves à faire le lien. Le maître a crée un environnement favorable au questionnement, il facilite la mise en relation, les retours en arrière, la communication des stratégies...
L'affectif, le cognitif, la méthode et le culturel sont liés...

Un problème de mathématiques pourra pour être compris demander un éclairage "culturel".
La comparaison de deux techniques de calcul permettra de mieux comprendre le sens de l'opération.
Des situations d'observation active des mécanismes qui affectent une conjugaison permettent souvent de mieux intégrer sa construction.
Il faut à la fois structurer, cadrer, rassurer mais accepter que le questionnement déstabilise une première certitude.
En réalité l'activité que l'on va laisser aux élèves dépend d'une part de notre propre conception de la transmission du savoir mais aussi de l'identification ou pas des enjeux didactiques.

L'observation attentive des réactions et des productions des élèves est utile. La statut de l'erreur déterminant...

 Quelques questions à se poser
-
quel est pour l'élève l'objectif du travail demandé ?
-
que va-t-il devoir faire effectivement dans ce travail ?
-
quel est le résultat attendu ou autrement dit quand pourra-t-on considérer que l'étape de travail sera achevée ?
- quels seront
les outils de l'élève ?
- quels seront
les repères de temps ?
-
comment l'élève pourra-t-il évaluer que son travail est achevé avec le niveau d'exigence demandé ?
(fichier auto correctif, mise en page type, comparaison avec d'autres productions, grilles d'auto-évaluation...).


- le différencié: en amont ou en remédiation

1) il n'est pas du tout obligatoire que toute la classe fasse la même chose au même moment: une organisation de la classe du type unité pédagogique avec l'enseignant (5 à 8 élèves) et activités satellites autonomes (exercices d'entraînement, fichiers autonomes, lectures...) avec pourquoi pas un plan de travail peut-être plus aisée à gérer. Les temps de regroupement et d'échanges permettent ensuite de parler du travail collectivement.

On peut :
- avoir toute la classe sur une activité (par exemple en lecture) avec des niveaux de difficulté sériés.
- avoir toute la classe sur une même discipline (par exemple en sciences) avec des ateliers tournants (expérimentation, lecture documentaire, recherche informatique, production d'un schéma, rédaction d'une synthèse...)

Il faut déculpabiliser les maîtres qui pensent que lors d'une inspection ou d'une visite de formateur il faudrait suspendre les organisations d'enseignement différencié ou spécifiques dans la classe. Au contraire ! Montrer que l'on cherche des solutions pour adapter son enseignement avec des élèves déjà autonomes dans des activités en atelier est un plus.
A contrario, s'embarquer en maternelle dans la multiplication d'ateliers où la présence de l'enseignant risque d'être très demandée n'est pas une bonne idée.

2)
lorsqu'on sait à l'avance que certains élèves vont rencontrer des difficultés pourquoi ne pas leur proposer des activités spécifiques dès le départ ?
Il est souvent plus aisé d'être aidé avant l'échec qu'après celui-ci.

3)
Il faut tirer parti des différences entre élèves pour favoriser les interactions. L'élève qui réussit doit être sollicité pour expliciter ses stratégies, aider la classe à mener une activité réflexive sur son travail, à observer les productions non pas pour pointer systématiquement les "fautes" mais les regarder pour tenter de les comprendre.

4)
le différencié peut se construire aussi après un travail où des erreurs ou types d'erreurs auront été relevés qui appellent "remédiation". Par exemple dans un travail en orthographe, grâce à une grille d'évaluation l'élève a repéré qu'il avait besoin de travailler l'accord des adjectifs. Cet élève bénéficiera dans une séance ultérieure qui peut être intégrée à un plan de travail individualisé, d'une activité (souvent sur fiche) lui permettant de reprendre la notion. Ces plans de travail individualisés peuvent être conçus comme de véritables projets personnels qui intégreront d'ailleurs les projets personnels d'aide et de progrès. Les fameux P.P.A.P. qui sont mis en place au CE2 après l'évaluation nationale pour les élèves n'ayant pas atteint 70% des compétences de base peuvent être poursuivis ou étendus...
A notre sens un P.P.A.P. pourrait progressivement être imaginé pour et avec chaque élève (en relation avec le conseil de cycle) et devrait permettre d'aider les élèves en difficulté lourde; d'améliorer les réussites des élèves qui peuvent rencontrer ponctuellement une difficulté et bien entendu de trouver pour les élèves en très grande réussite (type élèves précoces) des prolongements leur permettant d'avancer selon leurs compétences...
Le différencié doit également intégrer les aides apportées par l'AIS et les maîtres spécialisés que l'on doit inciter à travailler avec le maître en classe plutôt que de singulariser l'élève en difficulté lourde. Le maître spécialisé peut travailler dans la classe avec un petit groupe, il peut aussi animer des groupes d'élèves hétérogènes.
La prise en compte des différences tend à faire croire qu'elles ont augmenté et désempare souvent les enseignants habitués à fonctionner de manière uniforme et univoque... Le diférencié, c'est aussi l'affaire du conseil des maîtres de cycle !

- la régulation, le bilan d'étape
La classe est le lieu du travail où les élèves doivent se sentir en confiance. On apprend, c'est normal de se poser des questions et de ne pas tout deviner à l'avance mais derrière un énoncé fut-il obscur se trouve en général une solution. Dire que l'on doute, réfléchir ensemble pour savoir où l'on pourrait trouver des solutions est une bonne chose.
Echanger sur les stratégies, justifier de ses choix, argumenter est très important.
Il n'est pas grave du tout que l'on dise la solution d'une opération ou d'un problème si cette solution révélée permet à l'élève qui n' a pas bien compris de refaire le chemin. Il faut rappeler que c'est souvent parce qu'il ne sait pas quel est le produit final attendu que l'élève ne réussit pas.
Pour construire et réaliser une armoire, le menuisier a besoin d'un modèle soit "réel" soit schématisé, soit mentalisé... Il peut ensuite adapter, modifier, mais il travaille bien à partir d'une représentation finalisée et modélisée. le bilan d'étape doit aider les élèves à mieux se faire une idée de ce qui est attendu, à échanger sur leurs stratégies, traiter les aspects méthodologiques mais aussi formels. dans ces moments le maître doit vraiment favoriser les échanges. Il peut noter des mots clés ou des idées au tableau, suggérer des pistes par le questionnement...
Selon l'activité ce bilan peut avoir lieu dès les dix premières minute sou se situer plus loin, par exemple en expression écrite au cycle 3 après 15, 20 minutes...

A noter: la temporisation du travail aide les élèves un peu lents à entrer dans le travail à s'y mettre. Ils savent qu'on échangera s'ils ont des questions et sont à ce titre un peu plus rassurés.


- la conclusion
Même partielle, même orale ou en quelques mots écrits (une phrase de synthèse, les cinq mots à retenir..) toute séance doit faire l'objet d'une conclusion.

Conclure la séance pour quoi faire ?
- pour féliciter et valoriser les efforts accomplis.
- pour rappeler ce que l'on a appris de nouveau et si besoin dans quel domaine d'activité on travaillait
- pour se dire ce qui était facile ou plus difficile
- pour évoquer les prolongements: ce que l'on fera la semaine suivante, quelle mémorisation on devra mener, quels exercices on fera dans un deuxième temps...
- pour mettre en relation l'activité menée avec une autre activité de la classe ( y compris dans un autre domaine de manière transversale... ce graphique en géographie nous rappelle celui vu en mathématiques, ce texte le portait vu en histoire etc.)
- pour souder le groupe et rassembler la classe autour du patrimoine commun que l'on se forge au fil des apprentissages... (coopération et partage de la joie d'apprendre)
- pour dire ce que ce nouveau savoir va nous permettre de faire (le pouvoir du savoir)
- pour selon les projets se proposer de transférer son savoir (dire aux autres, monter un exposer, préparer une activité pour des petits ou les correspondants...)

- les prolongements
Ils vont être envisagés dans la suite de la progression mais aussi à partir d'observations des réactions orales, des essais des élèves, des productions...
A ce titre, il est utile d'inciter les élèves à barrer les erreurs et non les effacer ou les "blanchir".
La correction du maître sur les cahiers des élèves doit être précise mais portera sur deux points essentiels:
- le relevé des erreurs types relatives à la notion étudiée pour envisager l'activité suivante et si besoin le différencié (ce relevé peut se faire sur une grille individuelle sur le cahier ou collective... l'outil informatique peut-être pertinent)
- le pointage avec un code de correction des erreurs commises (en particulier orthographiques) de façon à pouvoir proposer aux élèves une activité d'auto-correction


- les relevés d'observation / l'évaluation
Il peut être utile de se fabriquer divers outils pour le maître et la classe.
pour la classe : des questions encore non répondues à traiter ultérieurement relevées au tableau...
Pour les élèves: noter les outils qu'ils ont utilisé, les "roues de secours" dont ils ont eu besoin, les "j'ai réussi à..." "j'ai compris..." "j'ai plus de difficultés à ..." "je dois travailler.... "
Pour le maître: il est possible de concevoir une fiche d'observation pour y noter les éléments essentiels à traiter du point de vue de la lecture, de l'écrit, de la méthode, de la notion...
Il faut s'interroger aussi sur ce qui a bien fonctionné, les réussites des élèves... ce qui pouvait être trop facile ou ce qui a fait obstacle de manière impromptue (par exemple un tracé fastidieux de tableau va demander à ce que l'on apprenne à tracer un tableau, un mot dans une consigne a été compris de manière ambiguë...). Le cahier journal peut permettre de noter ces observations mais on peut tenir un cahier ou un fichier à part.
En maternelle, il est bien de pouvoir garder trace des productions des élèves (un collier réalisant un rythme, un montage de legos...) et dans ce cas l'appareil numérique est utile.
Pour le maître: un magnétophone discrètement oublié dans un coin de la classe permettra de se réentendre et d'évaluer la façon dont la séance s'est passée (partage des temps de parole, formulations employées etc.)

Chaque séance ne peut faire l'objet d'une analyse fouillée et détaillée mais nous invitons un vrai travail approfondi sur au moins une séance quotidienne.
Une heure au moins de préparation écrite et matérielle.
Temps de conduite.
Une heure de relevé d'observations a posteriori (corrections, analyse et relevé d'erreurs)
Trente minutes pour noter les pistes de prolongement possible.
Ce travail approfondi va alimenter ensuite les autres activités. En pratiquant régulièrement une analyse des erreurs, l'observation des procédures...le maître parviendra progressivement à mettre en place des séances plus économiques et efficaces.

vos réactions et contributions prepaclasse@aol.com