|
C'est la dernière ligne
droite dit-on fin mai dans nombre d'écoles
Pour beaucoup " les dés sont joués ",
" l'année est presque terminée
"
Les conseils de maîtres de cycle se sont réunis
pour évoquer le suivi des élèves ou prendre
des décisions relatives à leur parcours scolaire
Pour beaucoup tout semble déjà joué et ficelé
On veut terminer le programme
Pourtant, ce faisant,
sommes-nous dans l'esprit de la mise en oeuvre des cycles ?
Propositions pour
une gestion du temps de l'élève dans une perspective
de cycle
La loi d'orientation de
1989 a mis en
place les cycles. Celle de 2005 les conforte.
La politique des cycles envisage le parcours de l'élève
sur le cycle en deux, trois ou quatre ans selon ses besoins.
Problème : la représentation de
l'année scolaire dont le rythme et le découpage
restent déséquilibrés, le maintien des appellations
anciennes de classes s'opposent à la mise en place réelle
des cycles en créant des ruptures inutiles dans le temps,
entre les différents enseignants du cycle.
En corollaires à
ce point :
- la question du redoublement en fin d'année scolaire
- la constitution des classes puis leur répartition qui est rendue complexe par
le souci de rassembler les élèves par classe d'âge
sur le schéma traditionnel
- l'hétérogénéité vue comme un handicap et la pédagogie différenciée introduite en aval, ou en remédiation et non intégrée réellement
au projet de l'enseignant et du conseil des maîtres de
cycle qui devrait faire de la difficulté scolaire une
affaire collective.
Un
changement de culture ne serait-il pas salutaire ?
- 1) une véritable réforme des rythmes scolaires
; qui concernerait le découpage de l'année
et de la journée. Elle n'est pas à l'ordre du jour
et pourtant on se prive d'un levier significatif.
- 2) se débarrasser des étiquettes des classes
traditionnelles pour ne plus parler que de classes de cycle.
Ainsi, suivrait-on le parcours de l'élève pour
l'envisager non par année scolaire mais dans la durée
du cycle. On se libèrerait alors de la question du redoublement
en cours de cycle et en particulier au CP, au CE2 et au CM1 pour
ne proposer que des prolongements fondés sur un projet
spécifique.
- 3) une redéfinition du service des maîtres
et du mouvement des enseignants : la concertation et le travail
en équipe devraient pouvoir être quotidiens et pris
en compte dans l'horaire du maître. En réduisant
la journée de classe des élèves et en découpant
l'année scolaire de manière plus équilibrée,
on devrait pouvoir imaginer une journée de classe de l'élève
de 5 heures maximum, et une heure quotidienne de concertation
et travail en équipe des maîtres sachant que ceux-ci
doivent également du temps de préparation personnel.
- 4) chaque année scolaire devrait être précédée
d'une semaine au moins de travail des enseignants pour concevoir
les programmes et projets pédagogiques communs.
Des leviers d'action
existent pourtant déjà :
- (court terme) se
libérer dans l'école des appellations PS, MS, GS
, CP , CE1, CE2, CM1, CM2 et parler en termes de classes
de cycle (cela permettrait souvent de mieux équilibrer
les effectifs au moment de la répartition des élèves)
- (moyen terme ) constituer des classes de cycle
- (court terme ) en mai
comme à pratiquement tout moment de l'année : on
peut encore envisager des aides différenciées y
compris sous forme d'actions massées, c'est à dire,
des séances d'au moins trente minutes à raison
d'au moins quatre fois par semaine, très ciblées
sur un ou deux objectifs spécifiques avec une évaluation
à la clé. Ces aides peuvent (doivent) se concevoir
en équipe associer le réseau et se mettre en place
par le biais d'échanges de service, de regroupements ponctuels
d'élèves
- Ces aides supposeront souvent aussi des temps banalisés
dans la classe où les élèves travailleront
dans le cadre d'un programme personnalisé, les
uns pour approfondir une notion, les autres pour travailler des
compétences dites " de base "
- En septembre : bien
informé par le biais du conseil de maîtres de cycle,
le nouveau maître peut poursuivre immédiatement
l'action sans attendre
- Chaque période
permettrait sur sept semaines d'envisager deux modules ou projets
personnalisés d'aide ou d'approfondissement et un temps
de bilan.
[A plus long terme] Le
changement de maître pourrait ne pas avoir lieu en septembre
mais en janvier. Le mouvement des enseignants des écoles
pourrait très bien s'organiser de septembre à décembre.
Pourquoi ? Pour compenser l'effet de déperdition dû
aux grandes vacances, pour permettre un meilleur passage de relais
en s'appuyant sur une vraie culture d'évaluation et de
communication impliquant les élèves.
Par le biais d'échanges de service, le futur maître
pourrait progressivement prendre en charge son nouveau groupe,
venir travailler avec le collègue dans la classe, s'inscrire
dans le projet de suivi
tout en permettant à l'élève
de changer d'image, de statut, d'évoluer
Ce travail d'équipe
profiterait d'une rotation organisée des maîtres
sur les différents niveaux, qui se ferait au moins chaque
quatrième année pour un maître.
Se
donner dans l'école des outils par cycle :
- des livrets de cycle
renseignés par compétences au fil des réussites
qui ne jargonnent pas et osent valoriser et mettre en confiance
l'élève
- la disparition des notes chiffrées ou par lettres
qui ne servent à rien mais une évaluation des compétences
qui prenne en compte les représentations de l'élève
et valorise ses essais (c'est
déjà possible)
- la programmation du parcours de l'élève
dans les différentes activités qui se croiserait avec les compétences
ou prédilections des maîtres (tel maître est
compétent en technologie, il en fera plus que son collègue
plus compétent dans le domaine du vivant
)
- l'utilisation réelle des évaluations nationales,
la mise en place d'évaluations intermédiaires non
pas pour " faire du chiffre " mais mieux orienter la
mise en place des aides à apporter aux élèves
à besoins particuliers
et les développements
à proposer aux autres.
Dans le cycle et la
classe
- Dans la classe, la mise en place d'un projet personnel de
travail doit concerner et impliquer chaque élève
: il n'y a pas de mauvais élève. Il n'y a que
des élèves qui peuvent progresser. L'emploi du
temps hebdomadaire doit réserver des plages consacrées
à ces travaux.
- Une pédagogie de l'investigation et de la communication
orale et écrite entre élèves s'exprime d'autant
mieux dans une classe de cycle.
Il faut s'appuyer sur l'hétérogénéité
et les interactions entre élèves, les anciens peuvent
être transmetteurs.
- Regrouper les élèves par année d'âge
pour l'enseignement de l'Histoire.
- Ne pas empêcher un élève
qui peut progresser de le faire même s'il sait faire des choses de ce qui relevait
autrefois de la classe " supérieure "
- Veiller à l'activité de tous les élèves
et valoriser une pédagogie de projet qui favorise les
entrées transversales.
- Développer le " lire, dire, écrire "
dans tous les disciplines en veillant à ce que chaque
séance prenne en compte ces trois temps
la mise en place d'outils
de l'élève dont certains sont déjà
exigibles :
exigibles
- le carnet d'expériences en sciences
- le carnet de lectures
- les relevés de compétences du B2i
conseillés
- le cahier de poésies
- la frise chronologique qui " monte avec les élèves
" en Histoire (ou des regroupements d'élèves
par année d'âge de façon à respecter
un apprentissage dans la chronologie)
- le carnet ou cahier lexique des mots rencontrés en sciences,
Histoire, géographie, littérature de jeunesse
- la gestion par l'élève de fiche d'auto - évaluation
de ses compétences permettant de nommer ses réussites
et de
Penser le temps par cycle,
c'est peut-être préférer la période
au trimestre ; évaluer en continu.
C'est impliquer le conseil des maîtres de cycle à
la fois dans la réflexion et les échanges professionnels,
mais aussi par le biais de croisements de regards favorisés
par la mise en place de décloisonnements qui permettraient
par exemple de lancer des projets
Pour prendre pleine
valeur, ces décloisonnements doivent se construire en
cohérence entre maîtres et avec les élèves.
Ils doivent être limités.
Innover
pour réfléchir et mieux regarder :
Toute pratique même excellente finit par se scléroser
ou perdre en efficacité si nous ne savons par des propositions
innovantes venir changer et questionner nos habitudes.
Sans jouer les apprentis sorciers, le simple fait d'oser proposer
une nouvelle organisation incite les uns et les autres à
questionner, argumenter, chercher des solutions, évaluer
les effets d'un choix.
Le temps, les personnes,
les choix pédagogiques... à l'école primaire
forme et fond sont liés.
S'il n'existe pas de solution miracle, il arrive souvent que
nous négligions ces obstacles installés dans notre
pratique parfois depuis longtemps. A nous de les dépasser,
de créer, de travailler en équipe.
A nous aussi, au delà
du quotidien de nos classes, d'oser montrer à l'Institution
que nous sommes porteurs de projets et d'idées neuves......
A suivre
Vos questions
Vos
propositions ! |