|
problème posé : est-il pertinent de gérer
l'emploi du temps avec un horaire hebdomadaire par discipline
ou champ disciplinaire, ou n'est-il pas plus pertinent de traiter
les projets sous forme de blocs cohérents ?
exemple
cité en illustration par une collègue : 
J'envisage
en maths par exemple d'alterner une semaine géométrie,
une semaine numération, une semaine opération,
une semaine problèmes etc..de façon à pouvoir
à chaque fois bien entrer dans le sujet et avancer sur
une notion plutôt que de ne faire qu'une séance
par semaine de chaque domaine.
Idem pour ce qui est de la découverte dun monde une semaine
sciences en essayant de boucler le sujet, une semaine histoire,
etc.....
Il me semble que ce fonctionnement est plus propice à
mettre en place des projets..
Quelques éléments de
réponse :
- l'emploi du temps
doit être à la fois structurant et ne pas nous enfermer
, nous construisons parfois nos propres obstacles et nous
nous fabriquons des contraintes qui nuisent aux apprentissages
(il faudrait pouvoir mener un audit du temps de l'école
et de la classe, un audit aussi du temps de l'élève
en classe et de sa réelle mise en activité).
- la vision du parcours de l'élève doit s'inscrire
dans le cycle mais ensuite la difficulté est de gérer
le temps de l'année scolaire et de la journée scolaire
qui restent inadaptés. Les semaines ne sont pas toujours
équilibrées.
Il faut souligner l'inadéquation
du temps imposé aujourd'hui aux élèves avec
les besoins de ceux-ci. Il faut donc composer avec une réalité
sociale contraignante .
Nous devons prendre garde
de ne pas nous laisser imposer de modèles: nous ne sommes ni au collège
(temps hebdomadaire très éclaté) , ni à
l'Université avec souvent des modules ou des cours longs
rassemblés sur une période.
Le temps du maître n'est
pas celui de l'élève mais le maître doit
veiller à ce que l'élève puisse à
la fois se structurer dans sa journée, se projeter à
court, moyen, puis progressivement plus long terme.
Certains apprentissages nécessitent
maturation, reprise...
Le projet d'école,
les projets de classe peuvent ajouter une dimension supplémentaire
avec des périodes
"d'urgence" ou de focalisation sur un point qui peuvent
avoir de l'intérêt si elles ne désorganisent
pas l'ensemble des apprentissages.
A l'école, le temps est vite bousculé par toute
une série d'évènements petits ou grands.
Il faut réguler le temps.
Du point de vue des champs
disciplinaires, il est important de bien veiller au service des
différents horaires affectés à chaque champ
disciplinaire sans en négliger aucun...
On peut veiller à l'équilibre de la répartition
des horaires, choisir tout en maintenant un cadre clair de déplacer
une discipline pour qu'elle ne soit pas défavorisée
dans l'emploi du temps hebdomadaire.
Les programmes fixent des horaires
tout en introduisant de la souplesse (fourchette de temps).
Il est rappelé par ailleurs lorsqu'on évoque la
lecture en littérature de jeunesse, que celle-ci ne doit
pas être systématiquement exhaustive et s'étaler
trop dans le temps.
Si nous voyons l'intérêt d'approfondir de nombreux
projets, nous devions nous méfier (surtout en cycle 3)
de ne pas rester trop longtemps sur un aspect: on peut privilégier
une période en Histoire si cela se justifie par un projet
particulier, ou développer l'étude d'une région
en géographie parce qu'on la visite lors d'une classe
de découverte... mais on doit garder en tête les
indicateurs du programme.
C'est pour cela que la gestion
du temps de l'élève est aussi l'affaire du conseil
des maîtres de cycle...
Le temps ne doit pas non plus être vu seulement du point
de vue disciplinaire: la maîtrise de la langue est
transversale et par ailleurs on peut faire des liens entre une
activité de géométrie et les arts visuels,
un travail en sciences et un problème en mathématiques...
Si le maître est polyvalent c'est parce qu'il doit tout
en structurant les domaines d'apprentissage, savoir faire du
lien entre eux, voir ce qui fait écho entre la leçon
d'Histoire et un passage du roman, entre un projet en technologie
et des connaissances récemment acquises en mathématiques.
Certains domaines ne se
séparent pas aisément. Par exemple certaines activités de découverte
du nombre se relieront aux activités relatives aux opérations.
Certaines activités en sciences exigeront du temps (recherche
de matériel, attente de l'évolution de plantations,
observation d'un élevage)...
L'équilibre de l'enfant se retrouve bien également
dans une diversité d'activités... mais il doit
pouvoir se trouver effectivement en activité réelle
et mener chaque jour au moins une ou deux activités un
peu plus longues que les autres.
Chaque journée doit permettre à l'élève
de cycle 2 de lire et d'écrire au moins 2 h 30 (2 h en
cycle 3) et cela dans toutes les disciplines.
De quels temps avons-nous besoin en
classe ?
- des temps "ritualisés" et quotidiens :
- pour structurer la journée (vivre ensemble, temps de
l'élève, temps du groupe) / intérêt
de la connaissance de l'emploi du temps ou du "menu de la
journée" pour l'élève...
- pour mobiliser l'élève dans des temps courts
(ex :calcul réfléchi ou mental, orthographe sur
une notion...)
- pour aider aux mémorisations et améliorer certains
mécanismes (ex :répéter, réciter...)
- pour s'entraîner régulièrement (ex: à
conjuguer, à courir, à écrire en respectant
un modèle, à lire...).
- pour se détendre et respirer (ex: chanter, mener une
activité physique, jouer)
- des temps de réflexion
et de découverte :
observation réfléchie de la langue, situation problème
en mathématique ou en sciences, réflexion sur des
documents en Histoire ou en Géographie...
Chaque jour de la semaine devrait réserver au moins un
temps de ce type.
Ces temps peuvent ensuite engager des projets sur la semaine
ou la quinzaine. ces projets peuvent être individuels,
de groupe ou de classe...
- des temps de projet individuel, d'aide et de prolongement:
pour progresser ou reprendre autrement une notion. Ces temps
devraient intégrer l'aide différenciée
qui est à penser à raison d'au moins une séance
par jour d'au moins trente minutes ciblées sur un
objectif donné pendant au moins trois semaines. C'est
le temps des PPAP, des contrats de travail, des programmes individualisés
de travail qui peuvent se penser sur la semaine...
- des temps de projet de
groupe ou de classe
:
réaliser une expérience en science (chaque groupe
d'élèves tourne au long de la semaine)
mener un projet artistique
construire un projet d'écriture
Ces projets peuvent occuper
de une semaine à quatre... Pour de très grands
projets en cycle 3 la période peut être une bonne
approche (six à sept semaines) ...
On pourrait aussi imaginer
des temps pour refaire, relire, reprendre... intégrer
aussi des temps pour évaluer, faire le point avec les
élèves sur le parcours accompli... des temps d'échange
à propos du travail.
Ce qui semblerait dommage:
- c'est étirer une séance pour la terminer absolument
ou parvenir à l'objectif même si ça coince
en supprimant d'autres activités prévues à
l'emploi du temps (il faut savoir terminer une activité
à l'heure prévue, ou même la raccourcir).
- s'interdire de prolonger une séance lorsque les élèves
sont en pleine réflexion ou production
- créer une rupture trop grande lorsqu'on étudie
une nouvelle notion en ne la voyant qu'une fois par semaine(
il faut pouvoir soit faire du lien au sein d'autres activités,
soit reprendre, poursuivre et approfondir les jours suivants.
S'il peut être intéressant
de mener un projet en géométrie sur une semaine,
il ne serait pas structurant de ne voir des activités
de géométrie que toutes les cinq ou six semaines
...
conclusion provisoire :
Il apparaît important
à la fois de disposer d'un emploi du temps stable, respectant
la diversité des activités et des rythmes, favorisant
différentes approches, démarches et organisations
au long de la journée... tout en se donnant l'opportunité
de faire "évènement" en approfondissant
un sujet, en menant un projet qui touchera différentes
disciplines.
Le dossier consacré à
la gestion du temps
et
vous ?
comment approchez vous cette gestion du temps ?
vos réactions et contributions
prepaclasse@aol.com |