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gérer et préparer
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contribution:
La pédagogie selon GERMAINE TORTEL
par Cedric Dieupart Ruel professeur des écoles qui adresse aussi ce texte aux formateurs en IUFM...

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Le but de la rencontre était de faire découvrir aux instituteurs du primaire l’association G. Tortel et ce qu’elle se propose de leur apporter. (animation pédagogique du 17.01.04)

 

Il s’agissait pour les organisateurs de nous faire découvrir les particularités de cette pédagogie, afin de rappeler combien il peut-être intéressant de tourner sa pratique vers une démarche « plus attentive aux enfants » en Ecole Maternelle. (cf. « une pédagogie d’écoute, d’accueil, de prise de conscience… »)

1. Mais qui était Germaine Tortel ?

-Née à Lyon en 1896, G. Tortel y fit une formation en Ecole Normale. Son premier poste fut une classe unique qui ne l’empêcha pas d’étudier la philosophie en parallèle. Elle réussît très vite les concours d’inspectrice (élémentaire et maternelle) et organisa les premières écoles maternelles de la Loire où elle créa aussi le premier centre de documentation pédagogique.

-Arrivée à Paris en 1946, G. Tortel se lance dans des conférences, des expositions qui s’expatrient au niveau mondial. Elle prendra sa retraite en 1962, mais continuera à organiser des réunions avec ses anciens partenaires. Morte en 1975, une association naîtra deux ans plus tard pour la survie de son œuvre.

 

2. Pédagogie ?

Les objectifs de cette pédagogie semblent clairs : former dès la maternelle des êtres à l’esprit libre, des individus autonomes, sensibles, et responsables. Et ceci dans un climat de respect et de compréhension de l’autre (enfant ou adulte).

Ainsi donc, les enfants sont accueillis avec tout ce qu’ils peuvent apporter de positif. Une grande importance donc pour l’accueil, l’écoute de l’enfant.

Une pédagogie d’expression : donner priorité au langage verbal (mais il faut trouver quelque chose à dire, une motivation au langage)

Une pédagogie d’initiation : ouverture sur le monde, accompagnement sans contourner les obstacles, « sans les tenir par la main ».

 

3. Durant cette rencontre pas mal d’anecdotes pour nous rappeler deux points essentiels pour initier les pratiques en classe : « la saisie au vol » et « la provocation ».

 

La saisie au vol.

L’idée consiste à noter tout ce qui est dit lors d’une séance de langage. (Les enfants nous voient écrire et peu à peu vient pour eux le sens de l’écrit) L’enseignant note donc les propositions des élèves (sans trier), sur un cahier qui pourra servir de référence, de mémoire pour la classe, lors d’une séance prochaine. Le temps que passe l’enseignant à écrire permet de développer la concentration et l’écoute. Par rapport à soi ET par rapport aux autres.

Un temps de relecture permet d’orienter la motivation du groupe vers de nouveaux objectifs, un point clef ou majeur de la discussion. Le travail de l’enseignant consistant à greffer et organiser les activités liées aux compétences et savoirs nécessaires pour atteindre les objectifs fixés ; dans la limite des exigences des programmes officiels.

 

La provocation.

Parce qu’on n’aura pas toujours noté le détail à saisir, à exploiter ; détail auquel le groupe sera sensible, face auquel il se montrera curieux de réponses, d’action… parce que le groupe classe doit malgré tout avancer dans ses apprentissages, il revient au maître de provoquer des situations en interpellant le groupe sur un point qui l’intrigue et permettra d’utiliser ou découvrir des savoirs nouveaux ou ne cours d’acquisition.

 

4. Dérives de la discussion…

Lorsqu’on interroge les élèves sur la vision qu’a chacun de « l’école des grands », le constat est, influencé par un entourage d’âge supérieur, que malgré leur jeune âge, les enfants se font déjà une idée relativement pessimiste de ce qui les attend. C’est à nous enseignants de faire que leur ouverture d’esprit leur permette d’appréhender les choses avec des a priori plus positifs. C’est aussi l’objectif des pratiques inspirées de la pédagogie de G. Tortel.

 

Anecdote évoquée, celle d’un enfant qui voulait identifier ses productions à l’aide d’un signe de son choix, qui le caractérisait (un peu comme pour les noms chez les indiens de western, « chevaux aux vent », « petit tonnerre », etc.). L’ensemble du groupe s’empara de l’idée avec pour chacun un signe propre. L’idée saisie au vol, « pourquoi ne pas écrire d’autres mots avec des dessins, des signes qu’on choisirait ? ». Le groupe classe s’organise donc un « vocabulaire écrit » propre, permettant phrases et messages divers. Confrontation au monde des adultes : leur écrire un message avec ce code. Evidement, les parents ne comprennent pas, ne traduisent rien. Le groupe en vient à comprendre qu’il existe une écriture pour tous, faite de signes que l’on appelle des lettres. « L’écriture » prend sens et les élèves sont prêts à apprendre celle de leur parents, à laisser de côté celle qu’ils ont inventé parce qu’elle ne peut être comprise que par le groupe classe. Ce travail de longue haleine sur un moyen ou long terme ouvre des pistes de réflexion telles : « existe-t-il d’autres écritures ? » (« Oui dans d’autres pays ! » ; « oui, la musique ! ») ; mais aussi : « d’où vient cette écriture ? », etc.

 

Quels moyens essentiels suggérés par cette pédagogie tournée vers une prise de conscience et une exploitation maximale du langage verbal et écrit :

-ECOUTER/ECRIRE : afin d’identifier les attentes du groupe, afin de jauger l’état de leurs connaissances sur un sujet donné.

-ECRIRE POUR SE SOUVENIR…

 

Le problème est que par cette voie et de façon générale en maternelle : il semble difficile de savoir précisément où l’on va (l’anticipation reste limitée par l’élément à « saisir au vol »), mais il l’est encore plus d’évaluer « à quelle vitesse » ce feront ces apprentissages pour le groupe classe.

La réalité s’oppose à une telle remarque en ce sens que les parents tendent à vouloir renforcer la précocité des apprentissages de leurs enfants, et pour y répondre, l’éducation nationale inventa des « programmes » supposés cadrer et définir l’ensemble des apprentissages exigibles en fin de cycle.

 

Remarque, pédagogie du miroir : lorsqu’un un élève nous pose une question, il faut avoir le réflexe de lui renvoyer sa question avant d’y répondre. L’objectif étant d’évaluer quelle est sa représentation de la réponse. Libre à nous ensuite de la corriger, ou de la faire évaluer (ou corriger) par le groupe.

 

5. Conclusion : une approche à méditer. Des documents et références dont s’inspirer.

 

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