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du
maître lecteur au maître écriveur : une posture,
une démarche |
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On
connait l'idée du "maître lecteur". Un maître qui lit devant
ses élèves et lit pour ses élèves
aide tout à la fois à entrer dans la lecture, à
comprendre l'intérêt et le sens de l'acte de lire.
Les programmes
officiels de 2002 insistent sur la transversalité du travail
de la maîtrise de la langue qui suppose la nécessité
de faire écrire et lire les élèves dans
chaque discipline [ 2h30 au cycle 2 et 2h au cycle 3, chaque
jour de classe] .
On y évoque également de nombreuses situations
de communication qui doivent favoriser l'entrée dans l'écrit.
Dès
la maternelle, le maître va aider à faire comprendre
à l'élève quand, pourquoi et comment on
écrit. Tout à la fois "modèle",
il est aussi celui qui va placer l'élève en situation
de recevoir de l'écrit, de répondre à une
proposition écrite.
Pour être "crédible" dans les demandes
nombreuses de production d'écrit qu'il adresse à
l'élève, le maître doit témoigner dans sa
pratique quotidienne de son intérêt personnel pour
la lecture et l'écriture.
Cela tient à sa formation, à son goût personnel
mais se conjugue avec l'exigence professionnelle d'un métier
qui passe par l'écriture.
De nombreux maîtres, peu à peu, se prennent au jeu.
Sans devenir
"écrivains", ils deviennent "écriveurs"
et produisent des textes pour eux-mêmes, dans le cadre
de leur pratique professionnelle et en direction de leurs élèves.
A cette production, s'ajoute une posture originale: le maître ne
se contente pas de produire et de transmettre de l'écrit.
Il commente et fait commenter cette production. Il la fait analyser,
observer.
Il modifie ses propres écrits face à la classe
pour inviter les élèves à mesurer les effets
d'un usage, d'un déplacement, d'une transformation...
Voici quelques premières propositions pratiques à
enrichir .
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la
main du maître |
Dans la classe,
s'il produit de l'écrit informatique, le maître
doit également écrire "à la main"
face aux élèves.
Son écriture et sa mise en page seront soignées,
respectueuses des normes.
Il est intéressant:
- de se montrer dans "le geste graphique" et à
certaines occasions de commenter face à la classe les
stratégies d'écriture (rotation des lettres,
anticipation de la mise en forme, césures, attention portée
à la formation des lettres et au respect de la norme orthographique).
- de préparer à l'avance des écrits manuscrits
particulièrement soignés (affichages, tableau
pour un travail particulier...). On fera commenter leur mise
en forme par les élèves et observer les particularités.
L'occasion est donnée de rappeler ici l'intérêt
de limiter la photocopie. |
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les
affichages |
Tous les affichages
doivent être à la fois soignés, lisibles,
sans erreur orthographique. L'occupation des murs doit être pensée
et explicitée.
Quelques types d'affichages possibles:
- ceux relatifs aux repères (point cardinaux, coins de
la classe, espaces de rangement, signalétique...)
- les référents didactiques : ils ne doivent pas
être figés, ils doivent rester accessibles au regard.
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L'espace
étant limité dans la classe. On peut avoir un affichage
temporaire valorisant les travaux ou notions en cours d'apprentissage.
Chaque affiche est accrochée sur un cintre(par des pinces
à linge). Celui-ci, peut-être de couleur selon la
discipline (par exemple, toutes les conjugaisons avec un cintre
vert, toutes les notions d'orthographe avec un cintre rouge etc.).
Lorsque les affiches ne sont plus d'actualité immédiate,
elles sont rangées avec leur cintre soit dans une "penderie"
accessible aux élèves ou tout simplement accrochées
sur une tringle ou une corde fixée à hauteur d'élève.
Plus tard, lorsque les élèves souhaitent se référer
à une affiche, ils savent la retrouver. Elle peut être
à nouveau fixée sur le mur ou au tableau pour la
classe, ou utilisée pour un travail d'atelier. Le but
est de faire que le référent devienne un outil
stimulant l'activité de l'élève. |
Selon les classes
et les projets, d'autres affichages peuvent être utiles
pour communiquer ou mettre en mémoire un événement,
pour faire part d'une demande (relative par exemple à la vie
coopérative de la classe) ou pour créer une
"surprise" (par exemple: chaque jour un indice
nouveau est affiché à propos de la classe de découverte...).
Les élèves peuvent également produire des
affichages, selon les mêmes règles, dans le cadre
de projets.
La frise chronologique en cycle 3 peut être complétée
chaque année et transmise à la classe suivante.
Le maître n'oubliera pas les affichages réglementaires
mais il prendra le soin de ne pas afficher d'informations confidentielles. |
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la
prise de notes et les écrits professionnels du maître |
Le
maître rédige divers écrits
professionnels.
Ceux-ci ne concernent pas directement les élèves,
pourtant, ils seront sensibles au fait que le maître
prépare par écrit la classe, soigne et organise
ses écrits.
De même, le maître a toujours près de lui
selon ses préférences, une petite fiche, un carnet
ou un calepin où il note une observation, une consigne,
un petit point auquel penser.
En cours d'activité, dans le cadre d'une phase de découverte
par exemple, un espace au tableau peut-être réservé
à cette prise de notes où le maître met en
mémoire des idées pour "plus tard". |
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les
tableaux de classe |
A titre personnel,
j'ai toujours apprécié d'avoir plusieurs types
de tableaux: le tableau à volets avec diverses lignes,
le tableau "tournant"... La craie est déplaisante
mais à l'usage, le tableau à craie plus pertinent
que le tableau "blanc" où l'écriture
est moins aisée à organiser.
L'informatique nous prépare l' avenir avec un tableau informatique interactif qui sera certainement
très utile, mais le travail "à la main, face
aux élèves" me semble à préserver.
Quelques points:
- la "mise en page" du tableau doit être pensée
avec des espaces dévolus connus des élèves
qui peuvent reprendre la mise en page des cahiers.
- par exemple: le programme du jour est au même endroit
(il permet de se situer dans la journée, il est coché
au fur et à mesure); la date est en lettres et en chiffres,
"les mots du jour" sont notés au fil des séances
pour être reportés plus tard dans le carnet lexique
de l'élève.
L'idéal est d'avoir au moins un texte préparé
à l'avance dans sa journée (effet de surprise lorsqu'on
ouvre le tableau ou découvre le rideau). L'écriture
sur tableau propre en sera particulièrement soignée.
Lorsqu'on écrit face aux élèves, on peut
les inciter à observer et commenter.
A chaque fois qu'un texte a été écrit, le
maître prend le temps de solliciter la classe pour relire
ensemble et vérifier. On fait commenter les sauts de ligne,
les passages d'un bloc à l'autre...
le maître souligne à la règle, utilise des
couleurs et travaille sur un tableau le plus propre possible,
lavé chaque jour à l'eau.
On peut avoir des petits tableaux annexes dans la classe réservés
à des usages précis: tableau à "idées",
tableau des leçons ou des mots à apprendre, tableau
des questions... |
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des
écrits vers les élèves |
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Pour placer les élèves en
situation de lecteurs, pour les inciter à produire à
leur tour de l'écrit, le maître doit favoriser
les situations de communication écrites dans la classe,
y compris en communicant individuellement vers ses élèves.
- des annonces collectives par affiche ou lettre "circulaire"
distribuée à chacun (annonce d'une sortie, d'un
projet, d'une information)
- des indices écrits au tableau pour aider dans
un travail (en amont, en cours d'activité)
- des "post-it" adressés à un élève,
à un groupe de travail avec une consigne, une aide, un
mot déclencheur, un commentaire rapide
- un "pense-bête" ou "aide-mémoire"
pour aider l'élève à cibler un objectif
donné pendant une période...
- des messages d'encouragement adressés personnellement
à l'élève dans son cahier ou dans une
enveloppe ou par "petit billet" plié
- un message de "mise au point" pour inviter
un élève à modifier une attitude ou penser
à un point important
- la lettre personnelle avec une vraie mise en forme (pour
souhaiter la bienvenue à un nouvel élève,
souhaiter un anniversaire, un événement, adresser
des félicitations pour un travail, confier une responsabilité
particulière
- un message demandant une réponse écrite
à propos d'un travail ou d'un projet...
- le courriel y compris dans une perspective d'aide aux
devoirs...
- les commentaires
dans les cahiers de classe: ils doivent s'adresser à
l'élève, être encourageants, lisibles, ne
pas porter sur des considérations générales
ou personnelles mais évoquer le travail, inciter à
aller vérifier dans un référent.
Il est toujours déplaisant de lire un commentaire "sale"
gribouillé en travers d'une page, ou un commentaire sur
les erreurs d'orthographe qui en comporte lui-même.
Les maîtres continuent d'utiliser le stylo rouge. Je me
suis toujours demandé pourquoi ce n'étaient pas
les élèves qui corrigeaient en rouge (couleur autrement
plus lisible que le vert qu'on leur concède). Les maîtres
pourraient écrire en violet par exemple.
Pour mémoire, le cahier de classe doit laisser place à
l'autocorrection et à l'autoévaluation de l'élève.
La mise en page du cahier de classe doit être pensée
également pour permettre que le maître écrive
ses commentaires lisiblement et soigneusement. |
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les
écrits informatifs du cahier de correspondance |
Ces écrits
ont la particularité de passer par les mains de l'élève
sans qu'il en soit le destinataire direct.
- il apparaît intéressant de faire lire, situer
et expliciter ces écrits qu'ils viennent du directeur
ou de l'administration...
- les mots adressés aux parents doivent être explicités
à l'élève et pourquoi pas écrits
devant lui. Dans la mesure du possible celui-ci est responsabilisé
dans ce que l'on écrit "sur lui" à sa
famille.
Très vite, lorsque la classe communiquera un projet en
direction des familles, les élèves seront invités
à participer à la rédaction du texte sous
forme de dictée à l'adulte. La dictée
à l'adulte, même en cycle 3, permet de réfléchir
à ce que l'on veut dire et comment. Les élèves
seront associés au traitement orthographique. Ainsi,
la simple annonce d'une sortie éducative, devient-elle
un vrai travail de français. Le maître produit
alors au tableau un écrit modèle que chacun devra
recopier avec soin. |
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les
écrits relatifs à l'évaluation, aux contrats,
aux PPAP,au livret de l'élève |
Comme ceux cités
plus haut, ces écrits doivent s'adresser à l'élève.
Ils doivent être clairs, valoriser, responsabiliser, inviter
l'élève à cibler un objectif identifiable
et précis. L'écrit permet de formaliser avec l'élève
un projet de rémédiation. Il est intéressant
de travailler sur des supports interactifs ou chacun notera un
commentaire, où l'élève aura ciblé
une compétence à travailler sous l'avis circonstancié
du maître.
Nous reviendrons sur diverses propositions que l'on peut mettre
en oeuvre, mais ces écrits "qui parlent du travail"
peuvent constituer de bons points d'appui.
Chaque évaluation doit permettre à l'enseignant
de dire par écrit "tu as su faire.." "tu
as éprouvé des difficultés à..."
" nous allons travailler ou approfondir tel point..."
L'analyse des représentations de l'élève
et tout le travail meta-cognitif constituent des supports importants
pour ces échanges. |
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savoir
faire ce que l'on demande à ses élèves |
Cela semble "faire
évidence" et pourtant...
Puisque le maître va demander à l'élève
de produire des écrits dans le cadre d'exercices ou d'activités
d'écriture, il doit s'être confronté lui
même aux difficultés posées à la fois
dans le fond et la forme.
Gérer la mise en page d'une opération en mathématiques,
savoir comment on va s'y prendre pour écrire cet exercice
de grammaire "à trous" trouvé dans le
manuel, mesurer les problèmes posés par une consigne...
le plus souvent, surtout lorsque le maître débute,
il apparaît important qu'il fasse les exercices demandés
aux élèves. On évitera ainsi l'erreur
laissée dans un manuel, il sera possible d'anticiper
une mise en page, de prévoir une aide en amont pour
les élèves en difficulté, défaire
le lien avec une autre activité...
S'il en est ainsi pour les exercices (dits "d'application");
l'expression écrite doit faire l'objet d'une attention
spéciale.
Trop souvent nous demandons à nos élèves
des exercices pour lesquels nous serions bien "secs".
Par
ailleurs, lorsque les élèves ont compris que le
maître avait fait le travail qu'il demande, il y gagne
en crédibilité.
En matière d'expression écrite, en particulier
pour le travail relié à la littérature de
jeunesse, les élèves apprécient particulièrement
que le maître écrive "aussi" soit à
l'avance mais également "en même temps qu'eux"
et qu'il ose leur lire sa production comme on demandera
ou lira la production d'autres élèves... C'est
aussi l'occasion de témoigner du fait que l'on aime faire
cela, qu'on aime partager, oser et essayer l'écrit. |
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produire
des écrits pour la classe |
Moteur formidable
qui permet souvent de capter l'attention des élèves,
de mobiliser par l'humour (pour peu qu'on veille au respect absolu
de chacun), il est très pertinent, amusant et mobilisateur
de:
- produire des exercices (problèmes en mathématiques
ou exercices en français) qui mettent en scène
les élèves ou rappellent la vie de la classe...
les élèves imiteront bientôt le maître...
- produire des textes cadeaux: une poésie pour la classe, un poème jouant
avec les prénoms de la classe, un conte offert aux élèves...
à chaque fois cela a déclenché chez les
élèves l'idée de se lancer à leur
tour dans l'exercice... |
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initier
des jeux d'écriture |
-
communiquer par des messages écrits: s'interdire
l'oral; dialoguer à l'aide de l'ardoise... proposer des
devinettes à la classe où les élèves
doivent répondre par écrit, jouer à se transmettre
des messages "secrets", cacher des indices ou des messages
dans les albums et romans de la classe pour susciter une réaction...
On se prend vite au jeu et il est possible de créer dans
la classe une jolie complicité par l'écriture...
- on peut aussi se donner des petits bonheurs en initiant
et participant à des activités de calligraphie...
Des pistes sont à explorer avec Internet, l'animation
d'un "Blog de la classe" qui peut être installé
en fond de classe avant d'être mis en ligne (ou proposé
en accès limité).
Compositions, collectives, inventions, Dazibao, petits messages
ou missives sur parchemin... la classe est aussi le lieu des
enveloppes, des papiers décorés, fabriqués,
recyclés... Le maître au quotidien, fréquente
les mots, joue avec, témoigne de sa proximité avec
la langue, y compris de la belle langue...
Un peu moins "parleur" plus on avance en âge,
plus le maître est "écriveur"... et
parfois même peut oser écrire d'une belle calligraphie,
une question au tableau, une citation... et voilà la classe
qui réfléchit et les élèves qui proposent
à leur tour d'autres mots... |
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