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Le ventre bleu de
l'herbe douce,
Ou bien,
La mousse tiède du tilleul
Ou bien
Le sable sous le châtaigner,
Encore,
Les galets ronds de la Durance
Lorsque j'étais
vraiment seul,
Vraiment triste, vraiment petit garçon
Le matin, très tôt
Je descendais au jardin
Je choisissais la plus belle, la plus rouge, la plus lourde,
la plus douce
Des pivoines
Gorgée d'eau et de rosée
Je prenais soin que
personne ne me regarde
Je plongeais le visage
au cur de la pivoine
Je buvais ses larmes
Lorsque je relevais la tête,
Les paupières mouillées, les joues parfumées
J'étais consolé
Ou bien
J'allais m'allonger dans le trèfle
Tige acidulée
La tête dans le ciel
Je crois que mon cur
tournait
S'accélérait
Je crois que j'entendais battre le cur de la terre
Je crois que le jardin m'aimait
Je crois que le ciel m'enveloppait
Dans la maison, les
adultes et l'épagneul dormaient
J'avais sept ou huit ans
Hier matin, vers sept heures
Ou bien
Juste avant
vincent
breton - mars 2004 - 7 poèmes d'Espoir pour Prepaclasse.net
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