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Dans les années
mille trois cents
Hippolyte Cabestan
Capitaine des pompiers
Composait chaque matin
Du fond de sa salle de bains
Un quatrain de cent vingt pieds
Il disait c'est mon
hygiène
Mon art de vivre en semaine
Hippolyte Cabestan
Certes, je suis capitaine
Mais je n'aime pas le feu
J'insupporte la vue du sang
Puis il prenait son
camion
Allait chercher les garçons
Les menait à la caserne
Hippolyte Cabestan
Sous les yeux avait des cernes
Les appelait " mes enfants "
Quand il y avait un
feu
Il disait : fermez les yeux
Et sortait son violon
Avec lui je sais qu'il pleut
Plus de feu dans la maison
Vous restez là mes garçons !
Les pompiers jouaient
aux cartes
Certains se gavaient de tarte
Hippolyte Cabestan
Cuisinait également
Et même il faisait des pâtes
Au sucre et au parmesan
Le camion rouge rutilait
Les jeunes pompiers grossissaient
Hippolyte Cabestan
Prit sa retraite en juillet
Et partit se reposer
A Pornichet les illets
Un jour il y eut c'est
fatal
Un grand feu phénoménal
Les pompiers désemparés
Ne jouant pas du violon
Pissèrent contre la maison
Faillirent rôtir tout de bon
Apprenant par le journal
Cette histoire peu banale
Hippolyte Cabestan
Se fit nommer général
Revint au pays natal
Les engueula fermement
A quoi sert la poésie
S'il suffit qu'un incendie
Vous fasse pisser debout ?
Que vous apprirent vos mères
Si propres aux douces manières
Êtes-vous devenus fous ?
Et c'est depuis ce
temps là
Que tous les pompiers je crois
Éteignent les incendies
En tenant debout tout droit
Une lance à incendie
Plus pratique et plus polie !
Que cette histoire
politique
À la fin bien pragmatique
Te serve enfin de leçon
Il arrive quelquefois
Que l'on soit bien maladroit
Les filles moins que les garçons
Il faut avoir le bon
geste
Et toujours la politesse
Même dans les graves z'occasions !
vincent
breton - mars 2004 - 7 poèmes d'Espoir pour Prepaclasse.net
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