La programmation

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 UN PROJET SPÉCIFIQUE SUR L’ANNÉE

 PROGRAMMATION ET PEDAGOGIE

Profil de classe, profil d'élève
 

Tout observateur, ou praticien de l'école primaire se rend compte de la difficulté, voire des ambiguïtés qui perdurent en matière de programmation.
Parce que nous devons appliquer des programmes, que ces programmes concernent aujourd'hui des cycles, nous comprenons très vite la nécessité d'organiser...
Mais d'organiser quoi au juste ?

Une longue tradition, souvent renforcée par le sommaire des manuels, nous laisse à penser que telle ou telle activité relève de telle ou telle classe, un peu comme si sous les programmes officiels, existait une programmation non écrite dans les textes, mais de fait...


Si les cycles existent depuis 1989, force est de constater que la représentation des enseignants comme du citoyen reste majoritairement attachée aux classes traditionnelles : PS, MS , GS CP,CE1, CE2, CM1, CM2...


Nous pouvons dire qu'il existe effectivement des constantes qui font que, en fonction de son âge, l'élève va se montrer capable habituellement d'aborder telle ou telle notion.
Il existe une spécificité de la classe de petite section, comme il existe une identité de l'élève de cours élémentaire deuxième année...


Tout maître un peu expérimenté sait reconnaître à quelle classe appartient un élève. On dira même que très expérimenté, un maître sait reconnaître entre deux élèves du même âge celui qui est en CE1 et celui qui est en CE2. Une maturité qui s'est construite, une attitude, une manière d'être chez l'élève traduisent probablement davantage qu'une maturité purement physique, ce qu'a pu vivre cet élève, comment son expérience scolaire a modifié sa personnalité...
Apprendre, c'est changer, s'élever...

Mais, une représentation de la scolarité de l'élève qui cloisonnerait son parcours en posant des balises, la première en septembre puis la deuxième en juin, ne permet pas de répondre à l'exigence des cycles, ne permet pas d'envisager qu'un élève puisse être en réussite dans un domaine, on dira « en avance sur son âge », tout en ayant par ailleurs d'autres besoins plus conformes à ceux attendus par rapport à son âge, ou même devant renforcer des apprentissages encore fragiles.

Pour aider à s'émanciper de cette représentation enfermante et parce que par ailleurs la classe de cycle peut favoriser une pédagogie innovante est riche d'interactions,Prepaclasse ne cesse de dire qu'il faudrait abandonner ces anciennes appellations pour privilégier des appellations relatives aux cycles : première année du cycle 1, deuxième année du cycle 2, etc.

On voit tout de suite que ce qui est difficile avec l'idée de programmation, c'est qu'elle touche à la fois à notre organisation pédagogique, mais aussi et surtout à notre représentation du parcours de l'élève : un cycle peut durer deux ans, trois ans, quatre ans. Avec, ne l'oublions pas, la nécessité que l'élève de plus de douze ans rejoigne le collège. Autrement dit, on ne peut prolonger le cycle à l'école élémentaire qu'une seule fois.

La programmation n'est pas simplement la répartition des activités entre les classes un peu à la manière de ce qui est proposé dans les manuels.
Guide, outil pour se repérer, et dialoguer avec le conseil des maîtres, la programmation n'est pas le plan soviétique. Si elle laisse du champ à l'enseignant, parce que nécessairement elle doit être souple, la programmation est néanmoins un contrat qui engage.
Une bonne programmation se négocie en tenant compte des contraintes locales, en équipe.
Elle s'ajuste et se régule ensuite à l'aune des réunions du conseil des maîtres de cycle, et au fil de l'eau par le travail des maîtres.

La programmation va se croiser à la fois aux exigences du projet d'école, à la notion de compétences, aux activités et à l'évaluation.
Il n'existe pas une programmation modèle. On peut trouver dans le commerce des ouvrages qui proposent des exemples de programmation. De fait, ce sont surtout des répartitions. C'est un vrai travail d'équipe.

Une obligation, une démarche

Les maîtres restent en France libres de leur choix pédagogiques à la condition que ces choix favorisent la réussite des élèves.
Les programmes officiels, qui ne s'appellent plus « instructions » mais bien « programmes » ne proposent pas simplement un énoncé de notions d'objectifs à atteindre mais parlent de compétences.
En particulier parce qu'ils développent l'idée d'une approche transversale de l'apprentissage de la maîtrise de la langue, ces programmes engagent également du point de vue des démarches pédagogiques.
Certes, une analyse fine témoigne de l'ambiguïté du terme de compétence: certaines des compétences qui sont présentées dans les programmes ne sont pas toutes du même niveau. Dans certains cas il s'agit de notions, d'objectifs... Certains énoncés de compétences pourront sembler flous aux enseignants. Il faudra les éclairer en s'appuyant sur les réalités locales.
La future loi d'orientation qui ne devrait pas modifier ces programmes, aidera peut-être à préciser le minimum de ce qui doit être appris. Ce minimum ne doit jamais nous contenter et nos démarches, nos choix doivent toujours se fonder sur l'idée de favoriser l'activité intellectuelle de nos élèves, d'enrichir leurs expériences, et le patrimoine culturel commun...

Une politique d'école
le projet d'école doit définir les modalités particulières de mise en oeuvre des objectifs et des programmes nationaux. L'objectif est d'améliorer les résultats des élèves. Les actions proposées ne doivent pas se limiter à d'aimables entrées thématiques. Il faut que l'on puisse évaluer le bénéfice des actions mises en oeuvre.
Cette politique d'école, s'inscrit dans le cadre de la circonscription. Elle tisse des liens entre les différents partenaires. Elle suppose que le directeur puisse exercer pleinement son rôle d'animateur pédagogique, elle suppose et ce n'est pas sans lien une bonne stabilité de l'équipe.
Pour éviter les effets de « norme locale » ou de cooptation, voire d'exclusion au sein des équipes, il est important que le travail puisse s'appuyer sur des indicateurs précis et objectifs comme ceux fournis par les évaluations nationales.

Une politique de cycle : cohérence et continuité
en relation étroite avec le projet d'école, le conseil des maîtres de cycle doit veiller à la cohérence des activités proposées comme à leur continuité.
Tous les domaines et compétences des programmes doivent pouvoir être servis. Il ne serait pas normal que certaines impasses perdurent parce que tel deenseignant aurait laissé à l'autre le soin d'assurer tel ou tel enseignement... La continuité est nécessaire parce que l'acquisition d'une compétence doit être assurée, approfondie, renforcée.
L'émergence d'outils pédagogiques comme le cahier de cycle qui recueille les observations des élèves en sciences, "le carnet répertoire" qui rassemble les mots appris au long du cycle, la frise chronologique en histoire qui passe de classe en classe, le carnet de lectures, le cahier de poésie, le livret d'évaluation de cycle... sont autant de réponses qui visent à renforcer cette idée de continuité.
Chaque maître doit savoir ce que ses élèves ont appris et fait l'année précédente. Chaque maître doit passer le témoin au collègue qui suit.

Suivi des parcours individuels
parce que la mise en place des cycles suppose une part d'individualisation du parcours de l'élève, la programmation des activités et du traitement des différentes compétences, doit introduire dès le départ l'idée que l'hétérogénéité est une donnée à intégrer en amont, à la fois dans les progressions, les démarches, les formes de travail. Il faut donc se doter d'outils, le livret scolaire en est un, qui vont nous permettre d'identifier les besoins des élèves comme les réussites. La valorisation et le traitement équitable au regard des exigences du programme des différents domaines d'activité, doit permettre de recenser nombre de réussites chez les élèves ou de les favoriser.

La transversalité et la question de la maîtrise de la langue
la maîtrise de la langue est l'objectif majeur des programmes. Cette maîtrise de la langue se décline par trois entrées principales :
-- l'introduction de la littérature jeunesse
-- l'introduction de l'observation réfléchie de la langue
-- l'apprentissage de la langue orale et écrite au travers des différents domaines où disciplines.
Les programmes étant encore récents, la mise en oeuvre de cette transversalité reste encore difficile. Les éditeurs, souvent timorés, rencontrent des difficultés pour proposer des outils qui répondent véritablement à l'esprit des programmes.
On voit même apparaître des ouvrages qui confondent déclinaison thématique de la grammaire de l'orthographe - c'est-à-dire que l'on prend par exemple un texte historique comme support d'une leçon de grammaire traditionnelle- avec une véritable approche transversale.
Pour résumer, sans reprendre les compétences d'ailleurs développées dans les programmes, l'enseignement de l'histoire permet à l'élève d'apprendre à lire des textes historiques. Le maître favorisera des situations où l'observation réfléchie de la langue, permettra de comprendre par exemple l'usage d'un temps particulier ou le recours à une forme de phrase spécifique.
Cette approche très novatrice, suppose que l'on doit savoir ce que l'on fait, mais qu'il n'est pas forcément possible de le programmer à l'avance sur les trois ans. C'est pourquoi on en vient de plus en plus, comme Sylvie Plane professeur à Paris le le propose, à mettre en place « une programmation a posteriori ». Il s'agit là en réalité d'un tableau de bord permettant de croiser les compétences des programmes avec les activités mises en oeuvre. Si, à l'occasion d'un travail de littérature de jeunesse sur le conte, on a travaillé les connecteurs temporels et l'imparfait, le maître prendra soin de le noter sur son tableau de bord. De même, si en sciences on a produit un compte-rendu, on a également travaillé la langue.

Croiser les compétences des programmes et les activités
il a donc falloir au moment où l'on imaginera la programmation dans le cycle, créer des outils qui vont permettre de croiser les compétences a travailler avec un certain type d'activités.
Par exemple, si l'on décidait de travailler et la compétence « identifier les noms dans une phrase » il faudra que les maîtres réfléchissent à des situations qui permettront aux élèves de travailler plus précisément cette compétence. Le degré de complexité pourra d'ailleurs être affiné en fonction de l'âge et des capacités des élèves.

L'Histoire et les autres domaines
la programmation de l'histoire est un cas particulier. Tout le monde s'accorde aujourd'hui, à penser que le respect de la chronologie est indispensable. Au cycle 3 en particulier, deux problèmes se posent : éviter les redites (il est très fastidieux pour un élève de refaire chaque année un même sujet comme les hommes préhistoriques), permettre au CM2 de terminer le programme. Il faudra faire des choix.
Dans un autre domaine comme les sciences, s'il faut veiller à ce que tous les points du programme soient traités, il peut être intéressant qu'une notion scientifique soit reprise, revue, approfondie... Les représentations des élèves évoluent fortement au fil de leur scolarité et revenir sur un savoir que l'on croyait acquis peut participer de la démarche scientifique. Il y a là un équilibre à trouver. Si on reprend des plantations en CM2 alors qu'on a déjà pu en effectuer au Ce2, les objectifs ne seront pas les mêmes.
En littérature jeunesse, il est important que l'élève puisse dans son parcours à l'école rencontrer les différents genres littéraires. Bien programmer ces découvertes est indispensable.

Le parcours de l'élève
une bonne programmation devrait donc permettre d'envisager le parcours de l'élève dans le cycle. Ce parcours doit être identifiable même si l'on décide de mélanger les cohortes d'élèves au sein d'une école importante par exemple.
Des outils se mettent en oeuvre peu à peu qui permettent à la fois de dire ce que fait la classe ou ce qu'a fait l'élève individuellement.
On peut penser par exemple aux outils mis en place dans le cadre du B2I, ces outils permettent au fil de l'eau de pointer les compétencse acquises par l'élève. La stratégie est d'autant plus intéressante qu'elle valorise les réussites.

Croiser les compétences des maîtres et les activités
si le professeur des écoles est un maître polyvalent, nous savons que chacun d'entre nous possède ses domaines de prédilection, se sent plus à l'aise dans telle ou telle activité. Cela peut favoriser des échanges de services, ou simplement se recenser : tel maître féru de technologie la développera dans sa classe, tandis qu' un autre spécialiste de la biologie mettra plutôt l'accent sur ce point. Dans la mesure où cela ne vient pas s'opposer à l'intérêt des élèves, il est tout à fait pertinent d'intégrer cet aspect à la programmation.
Là aussi, cela permet de renforcer l'idée de parcours de l'élève qui au long du cycle aura bien travaillé les différentes compétences des programmes.
On y pense également lorsque l'on programme les classes de découverte, les classes culturelles...

Gérer des tableaux de bord
des outils apparaissent peu à peu, en particulier grâce à l'informatique, qui permettent de construire des tableaux à double entrée et de construire des tableaux de bord pour le cycle, pour le maître, pour le suivi des élèves...
Gardons-nous des outils trop complexes ou trop enfermants mais nul doute qu'il y a à creuser dans ce domaine, y compris pour gagner en économie de temps et en ergonomie.

Réguler par le biais des évaluations
les évaluations nationales bien connues pour le CE2 et la sixième doivent devenir de véritables outils pour faire le point sur les besoins individuels et collectifs. Pour les élèves besoins particuliers, ceux qui par exemple font l'objet d'un programme d'aide, des outils d'évaluation intermédiaire conçus par les équipes mais proposer de plus en plus par l'institution, aident à faire le point et orienter le travail.
Peu à peu des outils apparaissent, par exemple sur le site EDUSCOL: évaluation du langage oral en grande section-CP, des outils pour le CE2, bientôt pour le CE1... Ici encore, les techniques modernes comme l'informatique pourront nous aider à gagner du temps.

Proposer des actions ciblées
les experts s'accordent de plus en plus pour dire que lorsqu'un élève ou un groupe d'élèves a des besoins particuliers, par exemple en lecture, ce qui réussit le mieux, plutôt qu'une aide très ponctuelle, ou un saupoudrage ; ce sont des actions collectives et ciblées : par exemple, une aide quotidienne d'au moins trente minutes jusqu'à 50 minutes apportée de manière continue pendant une période qui selon les objectifs peut aller de trois semaines à huit semaines. Ces actions mobilisent fortement les différents adultes de l'école et méritent d'être anticipées. Dans certains cas, elles peuvent associer le réseau d'aide même si l'action de celui-ci s'adresse en priorité aux élèves qui justement n'auront pas véritablement bénéficié des actions différenciées dans la classe.

Introduire de la souplesse en gardant la vigilance

On ne programme pas pour programmer. Il ne s'agit pas de s'enfermer en se rajoutant de la contrainte. Programmer c'est prévoir collectivement en fonction des besoins des élèves et des moyens dont on dispose au sein de l'école pour les faire progresser dans la durée du cycle.
Le travail sur les compétences interrogera forcément celui sur les démarches et les progressions, il incitera à une nouvelle culture de l'évaluation qui aide à déterminer les priorités.
Instrument de dialogue et de travail, la programmation n'est pas un outil figé. Elle doit aider les équipes à savoir ce qui a été fait et ce qui reste à faire.


un mode d'organisation



2001-2002 une approche de programmation dans une classe...

 lien vers logistique

 La circulaire préparant à la rentrée

 Les nouveaux programmes

 Le contexte de l'école

 Le contexte de la classe

 L'avant projet pour l'année

 La période 1

 Le bilan de la période 1

 La période 2

 le bilan de la période 2

 la période 3

 le bilan de la période 3

 la période 4

 le bilan de la période 4

 la période 5
 

 Contexte général dans lequel s’inscrit cette programmation générale pour la classe.
1)la circulaire n°13 du 29 mars (BO 2001)

- cf. le plan pour l'École :
·
accent sur les langues vivantes : dans la classe une grande majorité d'élèves continuera de suivre un enseignement en arabe d'environ une heure par jour (de préférence en demi - groupe). Voir si les autres élèves recevront une initiation à l’anglais ?

-
rénovation de l'enseignement des sciences (La Main à la Pâte)
- développement de l'usage des TICE (mise en place du
brevet informatique B2i)
- appropriation des nouveaux programmes.
Pour nous prévoir une utilisation régulière de la salle informatique.
· activités en relation avec le projet d'École.

Priorité à la maîtrise de la langue (oral et écrit)
· savoir s'exprimer
· travailler largement autour de la littérature de jeunesse, de la poésie (cf. Module pour PE2)
· développer l'apprentissage de la langue vivante étrangère dans les différents champs disciplinaires

Meilleur usage des évaluations au service des apprentissages

· évaluations en début d'année (spécialement maîtrise du langage)
· mise en place des P.P.A.P. (programme personnalisé d'aide et de progrès)
· travail autour de l'évaluation (livrets) et de l'auto - évaluation (en relation également avec le module sur l'évaluation en mathématiques mené avec l’I.U.F.M.)

Développer le travail en équipe : à noter dans le contexte de l’école 1 seul enseignant sur 6 au C.M. sera « ancien » dans l’école.

Développer le partenariat avec les parents : développer l'accueil en classe le samedi matin des parents (et aînés...) afin d'aider à mieux comprendre les évaluations et à la mise en place des aides individuelles. Veiller à une communication plus approfondie.


2) Les nouveaux programmes

Appropriation dès cette année des nouveaux programmes

Voir les documents disponibles sur le site du ministère


3) le contexte de l'école
· changement de directeur et grande mobilité de différents enseignants
· travaux de rénovation en cours dans l'école qui peuvent perturber le fonctionnement
· l'école est voisine d'un établissement religieux islamique qui deviendra une nouvelle mosquée prochainement
· cohabitation pour certains locaux avec une autre école élémentaire
· image de l'école en évolution mais souvent encore plutôt négative compte tenu du contexte social difficile (quartier classé en Z.E.P.).


4) le contexte de la classe

· c'est une classe d'application recevant la visite de nombreux élèves - professeurs (stages et modules professionnels)
· c'est une classe en grande part « bilingue » (franco - arabe)

Composition de la classe
4 prolongations de scolarité dans le cycle: ces élèves sont accueillis dans le cadre d'un « contrat » avec l'enfant, la famille et le maître
1 passage anticipé au CM2
Très grande hétérogénéité de compétences et comportementale

Un lien spécifique sera prévu avec certaines familles et la psychologue scolaire.

 UN PROJET SPÉCIFIQUE SUR L’ANNÉE

 PROGRAMMATION ET PEDAGOGIE

Profil de classe, profil d'élève

 Préparation de la classe

WEBMASTER: Vincent Breton prepaclasse@prepaclasse.net Paris. Droits réservés- mars 2005